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Ces couturières qui fabriquent des masques gratuitement pour leur communauté

Une machine à coudre.

Les initiatives de fabrication de masques artisanal explose à Sudbury, dans le Nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

À Sudbury, des centaines de personnes se sont improvisées couturières dans les dernières semaines afin de concevoir gratuitement des masques pour l’hôpital Horizon Santé-Nord, les centres de soin de longue durée et toute autre personne dans le besoin.

Carmen Methé, une enseignante à la retraite, fait partie de ceux ayant ressorti leur machine à coudre. Après un retour précipité de la Floride, où son mari et elle séjournaient pour l’hiver, elle s’est mise à la fabrication de masques artisanaux.

Je me tournais les pouces, j’écoutais les nouvelles... et j’ai constaté qu’il y avait un manque de masques, explique celle dont les deux filles sont travailleuses essentielles.

Après un appel sur les réseaux sociaux pour acquérir du matériel, Mme Methé s’est mise à l’ouvrage. À mon étonnement, plein de gens que je ne connaissais même pas m’ont aidé, dit-elle, touchée.

Elle raconte qu’une dame lui a apporté un grand sac de tissu dans le stationnement d’un Costco, tandis qu’une autre lui a offert une grande quantité d’élastiques - une denrée rare en ces temps de COVID-19, puisque les élastiques sont utilisés pour attacher les masques.

En une semaine et demie, j’ai donné à ma porte plus de 100 masques à des inconnus!

Une citation de :Carmen Methé, couturière bénévole
Des masques de plusieurs couleurs sont présenté. L'un d'eux a notamment des feuilles d'érable.

Si Mme Methé estime que « porter un masque n'est pas une parade de mode », ses masques regorgent toutefois de couleurs et de motifs singuliers.

Photo : Soumises par Carmen Methé

Comme Mme Methé, Jeannine Roy s’est d’abord lancée dans la conception de masques artisanaux pour sa famille. Mais rapidement, elle a multiplié les commandes, et son atelier de fortune a pris de l’expansion en conséquence.

Je n’ai pas le choix de coudre dans ma cuisine, dit-elle en riant. On doit se trouver un petit coin pour manger!

Pour Mme Roy, qui a oeuvré comme couturière industrielle, c’est l’occasion de renouer avec la couture. Je suis fière. Quand tu es à la retraite, tu veux faire de la couture, mais… pour qui? Tandis que là, je sais que ça va être utile, explique-t-elle.

Un groupe pour fédérer les couturiers bénévoles

Les deux femmes font maintenant partie des quelques 500 personnes ont rejoint le groupe Mask for All Greater Sudbury, qui assure le lien entre les couturiers bénévoles et les institutions ayant besoin de masques pour leur personnel.

Nous savions que les Sudburois allaient répondre à notre appel. Quoi d’autres ont-ils à faire? affirme Lilly Noble, l’une des membres du comité organisateur, sourire en coin.

Mais elle avoue malgré tout qu’en lançant l’initiative, elle ressentit un certain stress de ne pas pouvoir répondre à la demande. Puis on nous a fait parvenir 500 masques… 1000 masques… 2000 masques!, lance-t-elle, enthousiaste.

Le nombre de masques artisanaux que l'on reçoit croît exponentiellement… comme un certain virus qu'on connaît bien.

Une citation de :Lilly Noble, membre du comité organisation de Mask for All Greater Sudbury
Lily Noble au micro de CBC.

Lilly Noble est également coprésidente de Coalition for a Liveable Sudbury.

Photo : CBC/Markus Schwabe

Le comité bénévole offre également du tissu provenant de dons à ses membres. On demande simplement que ceux qui utilisent notre tissu nous le retournent sous forme de masque, explique Mme Noble.

Le groupe peut également compter sur l’aide de plusieurs partenaires communautaires. Le magasin Sudbury Softube offre notamment de découper le tissu nécessaire à la fabrication des masques, et Sudbury Steamer procède au nettoyage des masques destinés à l’hôpital Horizon Santé-Nord.

Fabriquer, mais aussi sensibiliser

Quand Jeannine Roy se rend à l’épicerie, elle est surprise de constater que peu de gens portent un masque. Je ne comprends pas vraiment pourquoi, laisse-t-elle tomber.

Même son de cloche pour Carment Methé. Je ne quitte jamais la maison sans mon masque. Si je tousse, les microbes restent avec moi, illustre-t-elle.

Lorsque quelqu’un porte un masque, c’est comme s’il me retourne la faveur. C’est un insigne d’honneur, en quelque sorte.

Une citation de :Carmen Methé, couturière bénévole

Elle soutient porter son masque fièrement afin de sensibiliser les gens de son entourage. J’aime que les gens me voient le porter. Ils vont se dire peut-être que ce n’est pas si mal que ça, porter un masque, conclut-elle.

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