•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hausse des entrées par effraction dans les commerces de certaines régions du Canada

Un véhicule de la police de Toronto

Un véhicule de la police de Toronto

Photo : Radio-Canada / Michael Wilson/CBC News

Certains types de crimes sont en augmentation depuis le début de la pandémie dans certaines régions du Canada, comme les entrées par effraction dans les locaux commerciaux ainsi que les excès de vitesse. Si la COVID-19 a changé le mode de vie d’une bonne partie de la société, elle semble aussi avoir modifié certains aspects de la criminalité, selon des données très préliminaires.

Olga Rybalko et Bill Higginson étaient déjà nerveux par rapport à l’avenir de leur galerie d’art The Space à Vancouver dans le contexte financier de la pandémie.

Lors de la fin de semaine de Pâques, des cambrioleurs ont pénétré dans la galerie du quartier Yaletown, pour y voler quelques oeuvres et du matériel de création.

Ç’a été comme un coup au visage, résume Bill Higginson.

Heureusement, une peinture a été rapportée, mais les propriétaires estiment que la valeur du matériel et des oeuvres dérobés s'élève à au moins 10 000 $.

On est maintenant dans une zone grise par rapport à notre entreprise, indique M. Higginson.

Au cours des quatre dernières semaines, la police de Vancouver note une augmentation de 134 % des entrées par effraction dans des espaces commerciaux. Le corps policier dit avoir recensé 154 événements du genre au cours de cette période.

On constate une augmentation des entrées par effraction dans des commerces du côté des services policiers de Toronto, d’Ottawa, d’Edmonton et de la région de York en Ontario.

Un phénomène qui n’étonne pas certains experts.

C’est un grand classique en criminologie, c’est ce qu’on appelle la théorie des activités routinières, explique Rémi Boivin, professeur en criminologie à l’Université de Montréal.

La criminalité étant une activité sociale comme les autres, lorsque la routine des gens change, ce changement aura un effet sur la criminalité aussi, soutient le directeur du Centre international de criminologie comparée.

Quand on voit par exemple une hausse des cambriolages dans les commerces, la théorie l’explique. Il n’y a pas de gardiens pour empêcher les cambriolages dans les commerces. Les cambriolages dans des résidences eux diminuent, parce qu’il y a plus de gens à la maison, illustre M. Boivin.

Augmentation des excès de vitesse

Il semblerait que beaucoup d’automobilistes profitent de la circulation plus fluide dans les grands centres pour rouler au-dessus des limites de vitesse.

La police de Toronto dénote une augmentation de près de 200 % des cas d’excès de vitesse par rapport au mois de mars l’an dernier.

Dans la région de York, on relève une augmentation de 64 % durant le mois de mars pour la même infraction.

On parle de vitesse vraiment excessive. Il y a quelques semaines, on a attrapé un conducteur qui allait à 179 km/h dans une zone de 50. C’est inacceptable, souligne le sergent Andy Pattenden, de la Police régionale de York.

Ce dernier dit que les agents observent également plus de vols de voitures et de violence familiale.

En revanche, le sergent note que la criminalité en général a diminué de 13 % sur le territoire de la Police régionale de York.

Photo d'un VUS de policier à l'entrée d'un chemin boueux qui mène à la résidence où la fusillade a eu lieu.

Un véhicule de la police régionale de York

Photo : Radio-Canada / Xavier Savard-Fournier

Les armes à feu à Toronto

Le nombre de crimes commis avec des armes dans la Ville Reine ne semble pas diminuer malgré la pandémie.

La police de Toronto a enregistré 47 fusillades lors du mois de mars et 18, en avril.

En 2019, entre le 15 mars et le 23 avril, il y a eu 48 fusillades, toujours selon les données du site web de la police de Toronto.

Il faut garder en tête que les statistiques de crimes changent constamment avec le temps et pour une variété de raisons différentes, nuance Meagan Gray, une porte-parole de la police de Toronto.

Des données à prendre avec un grain de sel

M. Boivin met toutefois en garde les gens par rapport à ces statistiques.

Je serais très étonné que quelqu’un ait eu le temps d’effectuer ce qu’on appelle le ménage des données, soutient le professeur.

Ce dernier explique qu’il pourrait par exemple y avoir un seul événement qui mènerait à 10 appels à la police.

En ce moment, j’ai l’impression qu’ils ont compté les 10 appels comme 10 événements, mais peut-être que s'ils font un portrait plus tard, ils vont compter un seul cas pour les 10 appels, donne-t-il en exemple.

C’est aussi possible qu’on note une baisse du trafic de drogue par exemple, simplement parce que les ressources policières ont été affectées ailleurs.

Rémi Boivin, professeur de criminologie à l'Université de Montréal

Le Service de police de Montréal de son côté, n’avait aucune donnée à partager sur la criminalité durant la pandémie.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !