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Des conditions de travail « horribles » au centre de soins Northwood

Entrée principale d'un grand édifice d'une douzaine d'étages.

Le centre de soins Northwood à Halifax le 20 avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Wolf

Radio-Canada

Des infirmières déployées d’urgence au foyer Northwood, à Halifax, font part d’« inquiétudes extrêmement sérieuses » pour la santé des personnes âgées qui y résident. Les travailleurs de la santé disent avoir découvert dans ce centre de soins un contrôle « médiocre » des infections et des protocoles de sécurité insuffisants.

Nos membres nous disent que c’est comme d’entrer dans une zone de guerre, rapporte Jason MacLean, président du Syndicat de la fonction publique de la Nouvelle-Écosse (NSGEU), qui représente plusieurs de ces travailleurs. Ceux-ci, affirme le syndicat, constatent qu’il n’est pas étonnant que le virus se soit propagé et soit devenu hors de contrôle dans l’établissement.

L’épicentre de la pandémie dans la province

C’est sous l'ordre du gouvernement provincial que les infirmières et d’autres travailleurs de la santé de l’Infirmierie d’Halifax ont été redéployés au foyer de soins Northwood ces derniers jours.

Il y a au moins 112 résidents qui ont contracté la COVID-19, en plus d’une quarantaine d’employés. Le tiers des cas actifs de COVID-19 en Nouvelle-Écosse seraient liés à ce seul édifice.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

De nombreux risques, selon le syndicat

Les travailleurs de première ligne affectés aux unités situées au premier et 11e étage du foyer Northwood, où l’on retrouve des patients infectés par le coronavirus, affirment que le nettoyage n’est ni rigoureux, ni systématique, et rapportent :

- un manque d’équipement de protection individuelle pour les travailleurs dans les deux unités;

- l’absence d’une salle dite « propre », c’est-à-dire un espace sans patients, où le personnel peut enfiler son équipement sans risquer la contamination;

- un nombre insuffisant de récipients pour jeter les objets ou pièces d’équipement contaminés, ce qui oblige les travailleurs à transporter ces objets d’une salle à l’autre, risquant de contaminer ces lieux;

- un manque de bracelets portés par les patients pour que les infirmières sachent de quels médicaments ils ont besoin;

De plus, ils soutiennent que des personnes âgées déclarées positives à la COVID-19 sont regroupées avec d’autres personnes ayant été déclarées négatives.

En plus d’exiger que l’on remédie à ces problèmes, les travailleurs de la santé signalent que ceux déployés sur les unités où il y a des malades ont besoin de masques N95.

Masques respiratoires N95.

Masques respiratoires N95.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

De l’équipement de protection individuelle doit être disponible à l’entrée de chaque chambre, ajoutent-ils, afin de permettre aux travailleurs de répondre en toute sécurité aux besoins d’un patient qui nécessite une attention urgente.

Enfin, ils souhaitent le retrait des humidificateurs de toutes les chambres des patients afin de freiner le virus.

Le syndicat NSGEU dit avoir partagé toutes ces inquiétudes lundi avec le premier ministre, Stephen McNeil, le ministre de la Santé, Randy Delorey, et le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, Robert Strang.

Depuis, les travailleurs continuent de rapporter les mêmes problèmes. La situation continuera de se détériorer, redoute James MacLean. Nos infirmières et travailleurs de première ligne risquent leur vie et leur sécurité personnelle pour aller travailler à l’épicentre de la COVID-19, et ils se sentent trahis par notre gouvernement, dit le président du syndicat.

Contrôle des infections : inquiétudes non fondées, selon le Dr Strang

Le Dr Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, a rejeté mercredi après-midi les récriminations des travailleurs. Il explique avoir parlé à une spécialiste en contrôle des infections de la Régie de la santé, qui a travaillé en première ligne ces derniers jours à Northwood.

Elle m'a dit que les inquiétudes du syndicat au sujet du contrôle des infections ne sont pas fondées, affirme le Dr Strang durant le point de presse quotidien de la province sur l'évolution de la pandémie dans la province.

Robert Strang devant un écran géant sur lequel on lit les mots « Stronger Together ».

Dr Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, le 22 avril 2020 à Halifax.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

Le médecin dit avoir parlé au syndicat au téléphone lundi, et n'apprécie pas de voir le sujet amené sur la place publique. Il accuse le syndicat d'exagérer la situation. Ils créent de la peur et de l'anxiété, affirme le Dr Strang.

Le syndicat soutient qu’il décrit publiquement la situation à Northwood après avoir épuisé les autres avenues. Le premier ministre McNeil doit apprendre à travailler en équipe avec ces travailleurs, à écouter et à respecter leurs inquiétudes. Ce sont des travailleurs de formation, qui savent ce dont ils ont besoin pour se protéger et protéger les patients, dit le représentant syndical James MacLean.

La Nouvelle-Écosse a reçu lundi une livraison de 1,7 million de masques chirurgicaux et d’un nombre non précisé de jaquettes de travail et de visières. La Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse dit essayer de passer une commande importante d'un produit équivalent aux masques N95.

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