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Apprendre qu'on a un cancer quand son conjoint est confiné à l'étranger

Le reportage de Nicole Germain

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Un couple de Québec lance un cri du coeur afin qu'Ottawa rapatrie les Canadiens qui attendent de revenir au pays.

Louise Dubé et son conjoint, Robert Bérubé, traversent une dure épreuve. La dame de 64 ans a appris le 16 avril qu'elle souffrait d'un cancer du pancréas, alors que son conjoint est confiné en République dominicaine.

Je tombe malade à l'un des pires temps, la COVID-19, ça fait que j'ai peur de mourir toute seule, sans avoir personne autour de moi. Pas voir mes enfants, pas voir mon chum, ajoute-t-elle en sanglots.

Son médecin lui annonce qu'elle est inopérable. En raison de sa condition de santé précaire, elle est toujours en attente de savoir si elle est apte à subir des traitements de chimiothérapie.

J'ai demandé à mon médecin combien de temps il me restait? Il me dit que je n'en avais pas pour longtemps, que c'était grave. En n'étant pas opérable, et si je ne peux avoir de chimiothérapie, les chances sont très minces. Donc dans trois mois, est-ce que je vais être ici? s'interroge Louise Dubé. J'ai pleuré ma vie pendant une semaine.

Il était prévu que Louise Dubé revienne plus tôt que son conjoint de leur voyage en République dominicaine. Le retour de l'homme de 73 ans devait avoir lieu le 1er avril. Dès le 17 mars, il a fait plusieurs tentatives pour devancer son vol de départ, mais aucune place n'était disponible et depuis, tous les vols ont été annulés.

Un cauchemar! On ne sait pas qu'est-ce que le gouvernement — ou quoi que ce soit — fait pour nous rapatrier.

Robert Bérubé

Après de multiples démarches, Robert Bérubé a appris cette semaine qu'aucun vol canadien de rapatriement n'est prévu pour l'instant. Il est aussi impossible de rentrer en passant par les États-Unis.

On ne demande pas la charité, insiste Robert Bérubé. Tout ce qu'on veut, c'est d'avoir un avion de rapatriement ou des avions, compte tenu qu'il y a plusieurs centaines de personnes ici qui veulent retourner chez eux pour toutes sortes de raisons valables, soit la maladie d'un proche ou par besoin de médicaments.

Le conjoint de Louise Dubé souffre de son côté de troubles cardiaques, un problème de santé qui s'ajoute au stress occasionné par la maladie de sa compagne. Il doit prendre quatre médicaments par jour.

J'ai réussi à avoir des génériques en République dominicaine, relate Robert Bérubé. Reste qu'il y a un médicament que je ne pourrai plus avoir bientôt parce que c'est de l'importation. Si je ne suis pas capable de l'avoir, c'est une autre affaire qui rentre en ligne de compte.

Portrait de Robert Bérubé.

Robert Bérubé, le conjoint de Louise Dubé, confiné dans son logement en République dominicaine.

Photo : Courtoisie / Robert Bérubé

Confinement en République dominicaine

Robert Bérubé est confiné dans un appartement que le couple loue depuis quelques années, à Puerto Plata. Trois autres compatriotes, en attente d'un rapatriement, habitent dans l'immeuble.

La peur de contracter le virus est toujours présente. C'est une inquiétude. On sait que la maladie existe, même si on est en confinement. Mais personne dans mon entourage n'a contracté la maladie, se console Robert Bérubé.

Depuis le confinement en République dominicaine, le 17 mars, Robert Bérubé n'est sorti à l'extérieur qu'à deux reprises. Ici le confinement est très strict. La police est présente partout. Les rassemblements sont interdits même sur la plage. On se fait livrer de la nourriture, raconte Robert Bérubé.

Accompagner sa conjointe

Le diagnostic de sa conjointe, avec qui il partage sa vie depuis 20 ans, est une source d'angoisse. Il y a beaucoup d'inquiétudes. Ça nous tombe comme une masse sur la tête. Moi, je ne suis pas capable de rien faire non plus. On est complètement impuissant. Ça me donne un stress supplémentaire, soutient Robert Bérubé.

Les deux retraités souhaiteraient être réunis le plus rapidement possible. Robert Bérubé aimerait vraiment être aux côtés de sa conjointe pour l'accompagner dans cette épreuve.

Tout ce que je demande, c'est que mon chum revienne pour être capable de passer à travers, implore Louise Dubé. Que j'aie un support, c'est tout ce que je ne demande. Ce n'est pas grand-chose.

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