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Le Canada ouvre à nouveau ses frontières à des demandeurs d’asile

Ceux qui ont de la famille au Canada pourront à nouveau se présenter à un poste frontalier pour faire une demande d'asile.

Pancarte souhaitant la bienvenue au Québec.

Des personnes ayant de la famille au Canada pourront à nouveau se rendre à un poste frontalier pour déposer une demande d'asile.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Contrairement à ce qu’ont publiquement affirmé mercredi Justin Trudeau et sa vice-première ministre Chrystia Freeland, le gouvernement fédéral vient d’élargir l’accès au Canada à de nouveaux demandeurs d’asile.

Non, la position du Canada n’a pas changé, a soutenu Mme Freeland, à plusieurs reprises, au cours d’une conférence de presse, en soulignant notamment que les migrants irréguliers, au chemin Roxham par exemple, sont renvoyés aux États-Unis. À ce que je sache, rien n’a changé, a également dit Justin Trudeau.

Le Canada prend au sérieux ses engagements internationaux concernant le traitement des réfugiés.

Chrystia Freeland, vice-première ministre, le 22 avril 2020

Or, dans les faits, un nouveau décret est entré en vigueur à minuit une, mercredi matin, élargissant l’accès au Canada pour les demandeurs d’asile, bien que la fermeture de la frontière avec les États-Unis ait été renouvelée pour un mois supplémentaire.

Dans ce texte, on peut lire que cette interdiction à tout étranger d’entrer au Canada en provenance des États-Unis ne s’applique pas aux personnes qui cherchent à entrer au Canada en provenance des États-Unis afin de faire une demande d’asile.

Cela ne concerne cependant pas tout le monde et des précisions ont été apportées. On en retrouvait déjà dans le précédent décret, daté du 26 mars, qui évoquait cette première fermeture de la frontière canado-américaine. Dans ce document, le gouvernement autorisait ainsi les apatrides, les citoyens américains et les mineurs non accompagnés à se rendre à un poste frontalier pour réaliser cette demande d’asile.

Des familles pourraient être réunies

Désormais, on élargit ces exceptions. On rouvre une porte, affirme l'avocat en droit de l'immigration Stéphane Handfield, qui a comparé les deux textes de loi.

Maintenant, les personnes ayant déjà un membre de leur famille au Canada, celles qui n'ont pas besoin de visa pour entrer au pays, ainsi que les personnes mises en accusation pour une infraction pouvant leur valoir la peine de mort ont elles aussi la possibilité de déposer une demande d’asile dans l’un des postes frontaliers du Canada.

Il s'agit des exceptions déjà liées à l’Entente sur les tiers pays sûrs, signée avec les États-Unis, qui s'appliquait avant la crise sanitaire et la fermeture des frontières.

Au final, ça peut concerner beaucoup de monde, de gens qui souhaitent venir au Canada pour rejoindre leur famille, comme des personnes de la communauté haïtienne.

Stéphane Handfield, avocat en droit de l’immigration

Selon Guillaume Cliche-Rivard, président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI), ces assouplissements permettront de protéger les plus vulnérables.

L'AQAADI salue cette ouverture et ce geste de compassion du Canada, qui s'effectue en respect de la sécurité de la population, ajoute-t-il, en précisant qu’une mise en quarantaine de 14 jours est imposée aux demandeurs d’asile.

Un hôtel loué à Lacolle

Pour réaliser ce confinement, le gouvernement fédéral a loué des chambres dans un hôtel de Lacolle, précise Jean-Pierre Fortin, le président du Syndicat des douanes et de l’immigration, en évoquant la possibilité de loger entre 80 et 100 demandeurs d'asile.

Le cabinet du ministre de l'Immigration a confirmé à Radio-Canada cette information, en mentionnant qu'une entente a été conclue avec un établissement hôtelier proche de la frontière, pour héberger ces personnes. Les frais, a-t-on certifié, sont pris en charge par Ottawa.

Jean-Pierre Fortin ne cache pas, néanmoins, les inquiétudes de ses membres, puisque de nombreuses personnes proviennent, estime-t-il, de l'État de New York, durement touché par la pandémie.

Nos agents soulèvent énormément de questions par rapport à leur sécurité, leur santé. Ces gens ont transité par plusieurs pays avant de se rendre à la frontière, les chances qu’ils soient possiblement infectés sont plus grandes.

Jean-Pierre Fortin, président du Syndicat des douanes et de l’immigration

C’est surprenant, reprend-il. On est au pic de l’épidémie et la stratégie du gouvernement de restreindre la frontière fonctionnait très bien. On ne comprend pas.

Le Canada est un pays accueillant pour ceux qui fuient la guerre et la persécution, a répondu en fin de journée Mary-Liz Power, porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Bill Blair.

Limiter le nombre de voyageurs dans notre pays peut réduire l'introduction et la propagation de la COVID-19, a-t-elle ajouté, tout en spécifiant que toute personne qui arrive à un franchissement irrégulier d'une frontière est interdite d'entrée au Canada.

L'Agence des services frontaliers n'a quant à elle pas répondu aux questions de Radio-Canada.

Avec la collaboration d'Éric Plouffe

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