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COVID-19 : les théories du complot gagnent du terrain, selon un sondage

Les jeunes sont plus portés à croire aux complots, ainsi que les Canadiens habitant à l'extérieur du Québec.

Internet a créé de nouvelles habitudes, mais aussi une nouvelle criminalité.

Près d'un Canadien sur dix croit aux théories du complot entourant la COVID-19.

Photo : iStock

Près d'un Canadien sur dix croirait aux théories du complot entourant la pandémie de COVID-19, selon les résultats préliminaires d'une recherche menée par une équipe de chercheurs de l'Université de Sherbrooke. De plus, l'adhésion aux conspirations semble liée à des facteurs de stress psychosociaux.

Quelque 300 Québécois et autant de Canadiens vivant dans d'autres provinces ont répondu à un sondage que leur a envoyé une équipe multidisciplinaire de l'Université de Sherbrooke. Bien que les résultats soient toujours préliminaires, l'équipe a tout de même détecté des tendances intéressantes.

Selon le sondage, près d'un Canadien sur deux croit que le coronavirus n'est pas naturel, et 15 % est d'avis que l'industrie pharmaceutique est à l'origine de la pandémie, entre autres.

En outre, le sondage montre que l'adhésion aux théories complotistes est associée à une plus grande méfiance envers les gouvernements et donc à un moins bon respect des consignes des autorités sanitaires.

L'adhésion aux fausses nouvelles pourrait aussi avoir un effet sur la santé publique, souligne Marie-Ève Carignan, professeure au Département de communication de l’Université de Sherbrooke.

Ces fausses nouvelles-là, c’est certain que ça va avoir un effet sur les mesures qu’on va prendre pour prévenir la maladie. Si on pense qu’on est protégé en se gargarisant à l’eau chaude ou en allant au soleil 15 minutes, on risque de se mettre à risque ou de mettre son entourage à risque parce qu’on se croit protégé, estime-t-elle.

Le sondage révèle une différence marquée entre les Québécois et la population du reste du pays. Entre autres, près de 50 % des Québécois affirment faire confiance à leur gouvernement, contre seulement 26,8 % des Canadiens.

Cela se traduit par une plus grande adhésion aux théories du complot à l'extérieur du Québec. À titre d'exemple, seulement 7,8 % des Québécois sondés croient au complot entourant la 5G, contre 15,7 % des autres Canadiens. De plus, seulement 18,6 % des Québécois pensent que le coronavirus a été créé en laboratoire, par rapport à 32,5 % des Canadiens.

Étant donné la marge d'erreur et la nature préliminaire des résultats, l'équipe estime de façon conservatrice que plus de 10 % des Canadiens croiraient aux théories conspirationnistes entourant la COVID-19.

Les jeunes plus portés à croire aux conspirations

Les jeunes semblent aussi plus portés à adhérer aux théories du complot. Seulement 26,6 % des 18 à 44 ans affirment faire confiance aux autorités, contre 40,6 % des plus de 65 ans.

Pourcentage de certains groupes d'âge se disant d'accord avec les affirmations suivantes :

Le gouvernement me cache des informations

  • 18 à 44 ans : 47,5 %
  • 65 ans et plus : 26,6 %



Le coronavirus a été créé en laboratoire

  • 18 à 44 ans : 35 %
  • 65 ans et plus : 19,6 %



Les compagnies pharmaceutiques sont derrière la pandémie

  • 18 à 44 ans : 19,3 %
  • 65 ans et plus : 7 %



Il y a un lien entre la 5G et la COVID-19

  • 18 à 44 ans : 15,1 %
  • 65 ans et plus : 7,7 %

Ces différences ne s’expliqueraient pas par les habitudes de consommation des réseaux sociaux de ces groupes, explique Mme Carignan.

Les complots liés au stress

Une jeune femme portant un masque et sa mère assises sur un divan.

Une jeune femme en isolement

Photo : Reuters / Nora Savosnick

Selon le sondage, près d’un Canadien sur quatre souffrirait potentiellement de stress post-traumatique ou de troubles anxieux à cause de la crise. Or, l’anxiété est aussi associée à l’adhésion aux théories du complot.

Il semble y avoir un lien entre ceux qui adhèrent aux fausses nouvelles et aux complots et des facteurs de stress psychosociaux, avance Mme Carignan. Ils seraient davantage anxieux ou des candidats à des troubles de stress post-traumatique.

C’est un phénomène qui peut aller en s’accélérant, estime la chercheuse.

L’insécurité pousse à aller vers les théories du complot, puis, en adhérant aux théories du complot, on va encore plus se méfier du système, avoir l’impression qu’on nous cache la vérité. Ça va probablement causer encore plus de stress, parce qu’on a l’impression qu’il se passe quelque chose d’encore plus gros.

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Mme Carignan fait aussi remarquer que les théories du complot sur la COVID-19 semblent être adoptées beaucoup plus rapidement que d’autres théories du même genre.

On est dans une situation d’"infodémie". Il y a tellement d’informations qui circulent, et les gens étant confinés, ils consomment fortement l’information, parce qu’ils veulent savoir ce qui se passe, comprendre, et aussi parce qu’ils doivent s’occuper, forcément. Ça fait en sorte qu’on est plus exposés à ce matériel-là, et donc la courbe d’adhésion semble vraiment plus rapide que pour les théories qui existaient par le passé.

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