•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Contamination communautaire : course contre la montre à Brooks et à High River

Un photo montage de pancartes de Cargill et JBS.

Des centaines d'employés des abattoirs des entreprises Cargill et JBS, dans le sud de l'Alberta, ont été déclarés positifs après un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Dan McGarvey

Les communautés de High River et de Brooks, dans le sud de l’Alberta, s’inquiètent de la contamination communautaire liée aux foyers d’éclosion dans les abattoirs de Cargill et JBS. Jusqu’à maintenant, 478 employés de ces abattoirs ont contracté la COVID-19, et un travailleur en est mort.

Dans la petite communauté de Brooks, au sud-est de Calgary, éviter la contamination communautaire est devenu une épreuve digne d'une course contre la montre. Alors que la ville ne compte environ que 15 000 habitants, 77 cas de COVID-19 ont déjà été enregistrés parmi les travailleurs de l’abattoir de l’entreprise JBS, située à l’intérieur de ses frontières.

Notre plus grand défi est la rapidité avec laquelle le virus se propage. Nous n’arrivons pas à le devancer, explique Barry Morishita, le maire de Brooks.

Ce dernier veut éviter une situation semblable à celle de High River, où des cas de contamination communautaire ont déjà été recensés en plus des 401 travailleurs de l’usine de Cargill déclarés positifs la semaine dernière.

La seule manière dont nous pourrons éviter qu’une situation similaire ne se reproduise ici, c’est de faire en sorte que les gens prennent leurs responsabilités et respectent les directives, affirme le maire de Brooks.

Contamination communautaire

À High River, plusieurs des employés de l’abattoir de JBS vivent dans des maisons multigénérationnelles, ce qui augmente le risque de contamination, selon la médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, Deena Hinshaw.

Le covoiturage a été un des facteurs de risque. En plus de l’abattoir, il faut donc s’interroger sur la manière dont les gens se rendent au travail. Il y a aussi des maisons où les gens ne peuvent absolument pas s’isoler, explique-t-elle.

Selon Barry Morishita, la Ville travaille présentement avec Services de santé Alberta pour trouver une solution au manque d'espace pour s'isoler de façon sécuritaire dans certains foyers. Des centres de dépistage de la COVID-19 pourraient être mis sur pied dans la ville, comme cela a été fait à High River, dit M. Morishita.

Trop peu trop tard

Dans un communiqué, l’entreprise JBS affirme avoir mis en place les mesures nécessaires pour freiner la contamination dans son abattoir. Elle dit également avoir diminué sa production en raison du taux d’absentéisme au sein de son personnel.

Le président de la section locale du Syndicat des travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce, Thomas Hesse, estime cependant que ces mesures sont loin d’être suffisantes vu les conditions de travail dans ce genre d’usine.

Ils sont des centaines à travailler épaule contre épaule. [...] C’est comme une chaîne d’assemblage automobile. Le rythme est très rapide, le travail est dangereux, c’est très bruyant, humide et froid [...] C’est très difficile de respecter l'éloignement physique dans ces conditions, soutient-il.

Thomas Hesse en entrevue.

Le président de la section locale du Syndicat des travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce, Thomas Hesse, estime que le gouvernement albertain n'a pas protégé les travailleurs des abattoirs de Cargill et JBS.

Photo : Radio-Canada

La Commission de la santé et de la sécurité du travail de l'Alberta (OHS) a déclaré l’abattoir de Cargill, à High River, sécuritaire, après avoir fait une visite virtuelle du site, dit-il.

Quelque chose ne tourne pas rond quand un agent de la Commission de la santé et de la sécurité du travail ne veut pas se rendre sur place, ajoute-t-il.

Face à l’explosion du nombre de cas de COVID-19 et à la mort d'un employé, l’abattoir de Cargill a, depuis, cessé ses activités temporairement. Thomas Hesse appelle les abattoirs des entreprises JBS et Harmony à faire de même et demande qu’une autorité indépendante examine la situation afin d’y instaurer des protocoles de sécurité.

Tous les travailleurs du secteur alimentaire font face à de grands risques en ce moment, conclut-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !