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Le départ à la retraite de Gilles Lanteigne suscite des réactions partagées

Gilles Lanteigne à l'extérieur vêtu d'un manteau d'hiver, devant un édifice.

Gilles Lanteigne, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, le 21 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada

Gilles Lanteigne quittera son poste de président-directeur général du Réseau de santé Vitalité le 20 octobre 2020 pour prendre sa retraite, a annoncé la présidente du conseil d'administration mercredi. Alors que certains ont ouvertement critiqué son travail et que d'autres ont souligné certaines de ses réussites, tous se sont entendus pour dire qu'il a connu une fin de carrière assez houleuse.

Gilles Lanteigne a été au cœur de la controverse l'hiver dernier, quand le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs a annoncé la fermeture la nuit de six petits hôpitaux, suivant une recommandation des régies de santé.

Cette mesure, qui visait à optimiser les services de santé en région rurale, a fait l'objet de vives critiques, avant d'être abandonnée le temps de faire des consultations publiques. Ces consultations ont elles aussi été mises en suspens à cause de la pandémie.

Lors de son point de presse quotidien sur la COVID-19, le premier ministre du Nouveau-Brunswick a exprimé sa surprise à l'annonce du départ à la retraite du PDG de Vitalité.

J'étais surpris, je ne crois pas que ça soit en lien avec les mesures d'urgence ou autres, a laissé entendre Blaine Higgs.

Gilles Lanteigne a d'ailleurs accordé une entrevue mercredi matin à La matinale – le jour-même de l'annonce de son départ à la retraite – pour vanter les progrès technologiques réalisés par le réseau de santé depuis le début de la pandémie.

Son congédiement exigé par plusieurs

L'hiver dernier, plusieurs municipalités et organismes ont demandé la démission ou le congédiement de Gilles Lanteigne, dont Tracadie, Sussex et Caraquet, la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne et Égalité santé en français.

Oscar Roussel, maire de Saint-Isidore, précise que la démission de Gilles Lanteigne n’avait pas été demandée officiellement par un regroupement de maires de la Péninsule acadienne. Il explique qu’il a été question d’envoyer une lettre au ministère de la Santé, mais qu’après quelques hésitations, le regroupement s’est ravisé. On considérait qu’il y avait eu un manque de transparence de M. Lanteigne, mais de là à demander son congédiement auprès du ministre, on considérait que ce n’était pas tout à fait notre rôle. Alors finalement, on est resté un peu sur notre décision lorsqu’on a voté, relate-t-il.

Hubert Dupuis, président d'Égalité santé en français.

Aux yeux d'Hubert Dupuis, d'Égalité santé en français, Gilles Lanteigne a été le pire président-directeur général du Réseau de santé Vitalité.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Le médecin qui préside le groupe représentant la francophonie au sein du système de santé, Hubert Dupuis, ne mâche pas ses mots pour faire état de son soulagement. Dr Hubert Dupuis va même jusqu'à dire que Gilles Lanteigne a été le pire président du réseau et qu'au cours des cinq dernières années, les projets n'ont pas avancé.

Bon débarras! [...] À mon avis, c'est l'un des pires patrons que j'ai vus comme PDG d'une institution de santé.

Dr Hubert Dupuis, président d'Égalité français

Il énumère quelques-une des décisions qu'a prises Gilles Lanteigne et qui, selon lui, se sont soldées par un échec, comme la fermeture des urgences la nuit et la centralisation de certaines activités.

Il a centralisé et bureaucratisé le réseau de santé en enlevant les pouvoirs aux hôpitaux, a-t-il déploré.

M. Roussel souligne pour sa part certains accomplissements de Gilles Lanteigne et affirme que c'est en partie grâce à la centralisation des décisions au sein de Vitalité que le réseau a pu réagir plus facilement à la pandémie de la COVID-19.

Oscar Roussel est assis à son bureau

Le maire de Saint-Isidore, Oscar Roussel.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Au cours des dernières années, M. Lanteigne a quand même apporté certains changements majeurs au niveau du réseau de Vitalité, constate-t-il.

On trouvait des directeurs généraux dans chaque hôpital et finalement ça a été centralisé. C’est positif, car aujourd’hui, quand on regarde dans nos hôpitaux, et même dans nos foyers de soins, le virus de la COVID-19 a eu très peu d’impact au Nouveau-Brunswick.

Oscar Roussel, maire de Saint-Isidore

Le maire de Saint-Isidore reconnaît toutefois que la fin de la carrière de M. Lanteigne n’a pas été très glorieuse. Vers la fin de son mandat, le fait d’arriver avec la fermeture des urgences, ça a sûrement terni les belles activités qu’il a tenté de réaliser, regrette-t-il.

En dépit des critiques à son sujet pour son rôle dans la réforme de santé, Gilles Lanteigne a continué de défendre le plan qu'il a présenté. Les propositions faites par Vitalité étaient très bonnes, très saines et basées sur les faits, a affirmé M. Lanteigne en février.

Selon la présidente du conseil d'administration de Vitalité, Michelyne Paulin, M. Lanteigne a décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat à la fin de son contrat qui se termine le 10 août prochain. Ce dernier restera tout de même en poste pour une période de six mois afin de faciliter la transition de son remplaçant.

[Il a accepté] d'accorder une période de six mois pour permettre le recrutement et l’entrée en poste d’une nouvelle personne à titre de président-directeur général, explique Mme Paulin.

Avec les informations de Marielle Guimond

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