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Jour de la Terre : comment les citoyens s’adaptent à la collecte du compost?

Mathieu Lavigne lève le couvercle du petit bac noir.

La famille Lavigne s'es procuré un bac et l'a mis sous son lavabo pour y déposer les déchets de table. Ils ont installé le petit bac beige fourni par la ville dans leur salle de bain.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Sommes-nous prêts à l’arrivée de la collecte des matières compostables? L’année 2020 marque l’implantation de la collecte du compost dans plusieurs municipalités de l’Abitibi-Témiscamingue. En effet, selon les exigences provinciales, la matière organique sera bannie des lieux d’élimination dès cette année.

Encadré :

  • Rouyn-Noranda : collecte du compost dès janvier 2020MRC
  • Vallée-de-l’Or : projet de collecte des résidus organiques à l’automne 2020
  • MRC d’Abitibi : Début de la collecte du compost à l’été 2019
    Ouverture de la plateforme de compostage à l’automne 2019
  • Communauté de Pikogan : Début du compost à l’automne 2018
  • MRC de Témiscamingue : implantation du compost en 2012

Alors que la Ville de Rouyn-Noranda a commencé à collecter les matières compostables au mois de janvier, les citoyens s’adaptent différemment à ce nouveau système. Trois ménages nous expliquent leur transition vers la collecte du compost par la municipalité.

Nouveauté, mais motivé

Louis-Alexandre Laroche, un jeune adulte résidant dans un appartement dans le district Marie-Victorin/Du Sourire, semble peu perturbé par la mise en place de ce nouveau service.

Je suis motivé, je le faisais déjà quand j'habitais chez mes parents, en fait, ça faisait longtemps qu’on faisait du compost, alors je suis habitué, rapporte-t-il.

Louis-Alexandre Laroche pointe son bac à compost en souriant.

Louis-Alexandre Laroche estime que la collecte du compost par la ville de Rouyn-Noranda est une bonne initiative.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Louis-Alexandre Laroche est le seul résident dans son appartement, dans un immeuble comportant quatre logements. Il partage donc le gros bac brun avec les autres locataires. Il prévoit aller jeter son compost dans le petit bac beige que l’on peut se procurer au coût de 1 $, puis, quand il est rempli, aller le vider dans le bac brun.

Cependant, il reconnaît qu’en vivant seul, il risque de sortir le compost du petit bac moins souvent.

D’après moi, dans une famille, ça va mieux, parce que tu peux le remplir plus vite, alors pour le jeter, c’est sûr que ça fait moins d’odeurs dans la maison, remarque-t-il.

Il se dit en faveur de la collecte du compost et vigilant lorsque vient le temps de trier les matières résiduelles. Je fais attention pour mettre les choses à la bonne place, dit-il simplement.

Une poubelle, un bac de carton et un petit bac de compost un à côté de l'autre sur le plancher.

Louis-Alexandre Laroche s'assure de trier les matières recyclables, compostables et les déchets non-organiques.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Scepticisme

Un autre citoyen en faveur du compostage a cependant des doutes quant au succès de la collecte du compost.

D’un point de vue environnemental, c’est très facilement motivable, mais ce n’est pas tout le monde qui est à la même place avec ses vidanges, indique David Poulin. Ce n’est pas tout le monde qui est à la même place dans son coeur avec l’environnement, et puis j’ai hâte de voir comment ça va finir dans la réalité.

La collecte des bacs verts a été réduite à une fréquence d’une fois par mois, tandis que les matières compostables et recyclables sont collectées une fois aux deux semaines. La Ville explique sur son site Internet que ce changement accomplit deux objectifs.

Premièrement, les matières organiques représentent environ 40 % à 45 % du contenu du bac vert, et, par conséquent, peu de matières devraient se retrouver aux ordures, ce qui ne devrait pas générer d’odeurs. Deuxièmement, le fait de collecter le bac brun plus souvent que le bac vert a pour but d’encourager les citoyens à jeter leurs matières compostables dans le bac brun.

C’est beaucoup de bacs, ajoute David Poulin. Je trouve ça spécial de forcer des gens en périphérie de la ville de composter quand, dans le fond, s’ils veulent composter, les gens vont aller le mettre dans le fond de leur cour.

« La municipalité doit respecter les lois en vigueur, elle fait les mesures [exigées], mais au bout de la ligne, est-ce que tout ça s’harmonise bien? Posons-nous des questions. »

— Une citation de  David Poulin

David Poulin craint que l’implantation de la collecte du compost cause une augmentation des déchets sur divers terrains.

Quand la personne qui ne composte pas va avoir son bac (de poubelle) plein, où est-ce qu’elle va aller, avec ses cochonneries? [...] J’ai bien hâte de voir ce qui va se passer avec les dépotoirs sauvages dans les prochaines années, s’il va y avoir une contre-réaction des citoyens ou non, se demande le résident de Rouyn-Noranda.

David Poulin affirme que lui-même fera son compost, mais, ayant travaillé dans la gestion des matières résiduelles par le passé, il pense que de meilleurs systèmes auraient pu être mis en place. Il mentionne par exemple l’installation de broyeurs à déchets dans les immeubles au centre-ville afin de réduire le nombre de déchets de table qui se retrouvent à la poubelle.

Des habitués

Il y a quelques années, Mathieu Lavigne a construit un composteur en bois qu’il a installé dans sa cour arrière afin de faire du compost domestique. Au printemps dernier, lui et sa famille ont participé au projet pilote de la collecte du compost dans le secteur du Lac Dufault.

Fanny Bernèche et Mathieu Lavigne et leurs deux enfants Gabrielle et Élie se réjouissent de pouvoir mettre plus de matières résiduelles dans le compost municipal que dans le compost domestique.

Les deux parents, Mathieu et Fanny, sont debout derrière le comptoir et leurs deux enfants, assis sur le comptoir, sourient à la caméra.

La famille Lavigne, fait du compost depuis quelques années, a pris l'habitude de mettre la plupart de ses déchets organiques dans le bac à compost.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

C’est le fun, en fait, on a créé l’habitude, dès qu’on prépare à souper et qu’on découpe des légumes, qu’on épluche des carottes ou qu’on épluche des patates, on sort la petite chaudière de compost, et on épluche directement dans la chaudière, se réjouit Mathieu Lavigne. Toute cette quantité-là de nourriture s’en va dans le compost. C’est là qu’on s’en rend compte, à quel point il y a une quantité très importante d’aliments qui peuvent aller au compost.

Les membres de la famille Lavigne estiment que les citoyens devraient être moins réticents à la collecte des matières compostables. Par exemple, Mathieu Lavigne déplore que des résidents de son quartier n’aient pas participé au projet pilote mis en branle au printemps au Lac Dufault.

Ça veut dire qu’il y a des gens qui ont décidé de ne pas le faire du tout et ça, c’est décevant, parce que pour nous, ça va de soi. C’est sûr qu’on fait du compost, la quantité de matériel qu’on ne passe pas dans la poubelle, c’est impressionnant, affirme-t-il.

Une fois que c’est démenti et que les gens acceptent de l’essayer, il faut seulement développer l’habitude, croit M. Lavigne.

Les gens qui ont peur que le compost va sentir vont se ramasser avec la poubelle qui va sentir, donc le problème va se transférer ailleurs, ajoute sa conjointe Fanny Bernèche.

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