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  • Il y a 80 ans, le Québec accordait le droit de vote aux femmes

    Un article de journal en 1940 titre : Les femmes auront le droit de vote aux élections provinciales.

    Le 25 avril 1940, les Québécoises obtiennent le droit de vote.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 25 avril 1940, la province de Québec accordait le droit de vote aux femmes. Plusieurs reportages de Radio-Canada nous rappellent les luttes qu’ont dû mener les Québécoises pour l’obtenir.

    Le Québec retardataire

    Le Québec est la risée de l’univers, parce que les femmes étaient considérées comme des incapables, au même titre que les mineurs, les fous, les interdits.

    Micheline Dumont, historienne, paraphrasant en 1990 un article écrit par Marie Gérin-Lajoie, née Lacoste

    Le 24 avril 1990, les Québécoises se préparent à célébrer le 50e anniversaire de l’obtention officielle du droit de vote dans la province de Québec.

    La journaliste Madeleine Poulin présente alors à l’émission Le Point un reportage qui raconte comment ce droit a été acquis par des femmes d’avant-garde et déterminées.

    Le Point, 24 avril 1990

    Plusieurs historiennes participent au reportage de Madeleine Poulin.

    Elles nous rappellent tout d’abord un fait souvent oublié.

    Lors de l’établissement de l’Acte constitutionnel de 1791, certaines femmes du Bas-Canada (nom donné à cette époque au Québec) se sont vu accorder le droit de vote.

    En 1849, ce droit de vote leur est retiré.

    Entre 1849 et 1940, la province de Québec devient une retardataire.

    Les Canadiennes avaient obtenu le droit de vote au fédéral en 1918.

    Une à une, les neuf autres provinces de la Confédération avaient alors suivi l’exemple d’Ottawa.

    Mais la Belle Province montre qu'elle est une société distincte.

    L’Église catholique, par le poids qu’elle possède au Québec, empêche toute possibilité d’élargissement du droit de vote aux femmes.

    Le reportage de Madeleine Poulin nous permet par ailleurs de faire connaissance avec plusieurs figures de la lutte pour le droit de vote au Québec.

    Une de ces pionnières s’appelle Marie Gérin-Lajoie (née Lacoste).

    Une des particularités de Marie Gérin-Lajoie est qu'elle possède une formation autodidacte de juriste.

    La majorité des professions étaient interdites aux femmes à cette époque.

    Elle voit l’obtention du droit de vote des Québécoises comme essentiel pour leur reconnaissance comme personnes entières au point de vue légal.

    Au Québec à cette époque, le droit familial, comme énoncé dans le Code civil, subordonnait une épouse, même majeure, à son époux.

    Comme le rappelle l’historienne Micheline Dumont, Marie Gérin-Lajoie écrit des articles qui dénoncent à la fois l’archaïsme du Code civil du Québec et l’inexistence du droit de vote pour les femmes du Québec.

    Mais en 1922, Marie Gérin-Lajoie cède aux pressions de l’Église catholique et renonce au combat pour le suffrage féminin.

    D’autres femmes, notamment Thérèse Casgrain et Idola Saint-Jean, vont alors reprendre le flambeau, comme le montre également le reportage de Madeleine Poulin.

    Thérèse Casgrain

    En 1922, Thérèse Casgrain remplace Marie Gérin-Lajoie au Comité provincial du suffrage féminin comme figure de proue.

    Femmes d'aujourd'hui, 21 mars 1978

    Le 21 mars 1978, l’animatrice de Femmes d’aujourd’hui Rachel Verdon nous propose une entrevue avec cette pionnière.

    Thérèse Casgrain raconte comment elle tente avec d’autres femmes de convaincre les politiciens du Québec de réformer les droits civils et politiques des Québécoises.

    C’est ainsi qu’elle s’active, par le biais de la Ligue des droits de la femme, pour réformer le Code civil et obtenir le droit de vote.

    Pour y parvenir, Thérèse Casgrain utilise ses dons de communicatrice.

    Elle écrit dans les journaux et revues et parle à la radio.

    Mais Thérèse Casgrain se heurte à un refus net du premier ministre du Québec Louis-Alexandre Taschereau, puis de son successeur Maurice Duplessis.

    Idola Saint-Jean

    Deux éléments vont cependant contribuer à changer le cours des événements.

    Le premier élément déterminant est la présence d’Idola Saint-Jean dans le mouvement du suffrage féminin.

    Le 19 novembre 2018, la chroniqueuse Pascale Lévesque de l’émission Entrée principale qu’anime André Robitaille propose un portrait de cette pionnière du féminisme au Québec.

    Entrée principale, 19 novembre 2018

    Née en 1879, Idola Saint-Jean est une militante féministe depuis des années lorsqu’elle fonde en 1927 l’Alliance canadienne du droit de vote des femmes du Québec.

    Ce mouvement a la particularité de mobiliser principalement des femmes des milieux ouvriers et populaires.

    Il se révèle complémentaire aux efforts de Thérèse Casgrain concentrés dans les milieux bourgeois.

    Bientôt les mouvements d’Idola Saint-Jean et de Thérèse Casgrain se coalisent.

    Année après année, les deux femmes se rendent à Québec pour convaincre les politiciens de la justesse de leur cause.

    L’union de ces deux femmes déterminées insuffle une force au mouvement du droit de vote qui réussit à convaincre certains politiciens au Québec.

    C'est ici qu'intervient le deuxième élément déterminant qui se révèle un coup de génie stratégique de la part de Thérèse Casgrain.

    Elle manœuvre pour faire intégrer dans le programme électoral du Parti libéral du Québec la promesse d’accorder le droit de vote aux Québécoises.

    Thérèse Casgrain réussit ce coup de maître en partie à cause de sa proximité avec d’importants politiciens libéraux de l’époque.

    Adélard Godbout, le chef des libéraux provinciaux, s’engage à respecter cette promesse si son parti est porté au pouvoir.

    Le 25 octobre 1939, les libéraux d’Adélard Godbout remportent l’élection provinciale.

    Le nouveau premier ministre respecte sa promesse.

    Il oblige même le chef de l’Église catholique québécoise, l’archevêque de Montréal Monseigneur Villeneuve, de cesser son opposition à la réforme.

    La façon dont il y parvient est racontée dans le reportage de Madeleine Poulin.

    Le 25 avril 1940, Marie Gérin-Lajoie, Thérèse Casgrain, Idola Saint-Jean et les autres femmes du Québec peuvent crier victoire.

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