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Tuerie en Nouvelle-Écosse : la GRC préparait une alerte quand le tueur a été abattu

Un livre de condoléances pour la gendarme Heidi Stevenson, morte aux mains du tueur, est posé sur une table au quartier général de la GRC en Nouvelle-Écosse.

Un livre de condoléances pour la gendarme Heidi Stevenson, morte aux mains du tueur, est posé sur une table au quartier général de la GRC en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

Radio-Canada

La GRC confirme qu’elle a bien reçu l’offre d’utiliser le système d’alerte provincial de la part du Bureau de gestion des urgences (BGU) de la Nouvelle-Écosse, dimanche. Une alerte était en préparation lorsque le tireur a été abattu, a indiqué le commandant des opérations criminelles.

Nous avons reçu l'offre d'envoyer une alerte à 10 h 15, dimanche, a indiqué Chris Leather, de la GRC en Nouvelle-Écosse, lors d'un point de presse, mercredi après-midi.

Entre ce moment et celui où le tueur a été abattu, à 11 h 26, il s'est écoulé 71 minutes. Ce laps de temps n'a pas suffi à préparer et à envoyer une alerte, a expliqué le commandant Leather.

Le BGU a d'abord appelé au quartier général de la GRC en Nouvelle-Écosse, et il a fallu trouver l'officier responsable des opérations sur le terrain. Une grande partie du retard est dû aux communications entre le BGU et les différents officiers, selon Chris Leather.

Le commandant des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse, Chris Leather, lors de sa conférence de presse de mercredi.

Le commandant des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse, Chris Leather, lors de sa conférence de presse de mercredi

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

Plus tôt mercredi, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, avait indiqué qu'aucun retour de la GRC n'avait été obtenu quant aux nombreuses tentatives de contacter ses officiers pour envoyer une alerte.

La GRC répond ainsi, en partie, aux questions soulevées par certains, dans la province, relativement au fait qu'elle n'a pas averti les habitants de la région de la menace qui pesait sur leur sécurité au moyen du système provincial d'alerte d'urgence.

Le consulat américain à Halifax, par exemple, a jugé bon d'alerter la population sur Facebook avec un message publié à 9 h 51, dimanche matin. On recommandait à tous de rester à la maison… et de suivre la GRC sur Twitter pour plus de détails.

Cette alerte a aussi été envoyée par courriel à tous les citoyens américains présents sur le territoire de la Nouvelle-Écosse, confirme Marcia Seitz-Ehler, responsable des relations avec les médias au consulat.

Quelques détails sur l'enquête

Le commandant Leather a aussi fourni quelques nouveaux éléments au sujet de l'enquête, tout en restant très avare de détails.

Il a notamment indiqué que ce n'est que vers 8 h, dimanche matin, que les policiers ont compris que le tueur n'était plus à Portapique, là où le massacre a commencé. C'est à ce moment que la police s'est mise à diffuser des informations sur Twitter, afin que les médias locaux, provinciaux et nationaux les diffusent largement.

Rappelons que l'appel au 911 a été fait à 22 h 26, samedi. Arrivés sur les lieux peu après, les policiers ont rapidement établi qu'il s'agissait d'un homicide. Au cours de la nuit, d'autres victimes et plusieurs bâtiments incendiés ont été découverts.

Après avoir fouillé de fond en comble le périmètre de sécurité établi dans le secteur de Portapique, la GRC s'est tournée vers Twitter pour informer la population en direct du déroulement des opérations.

Un couple est venu rendre hommage aux victimes de la tuerie, à Portapique, mercredi.

Un couple est venu rendre hommage aux victimes de la tuerie, à Portapique, mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

À 9 h 35, elle a notamment publié l'identité du suspect.

Nous nous employons à établir la chronologie complète des événements, et de plus amples renseignements seront communiqués dès qu'ils seront connus, a conclu le commandant Leather.

Cette enquête, qui s’étend sur 16 scènes de crime, est très complexe, rappelle d’ailleurs Marc Alain, ex-directeur du Centre de recherche de l’École nationale de police du Québec.

Selon cet expert, la GRC de la Nouvelle-Écosse devra faire appel à des techniciens spécialisés de l’extérieur de la province.

Une scène de crime, d’homicide, c’est déjà excessivement compliqué. On déborde beaucoup de la compétence du policier patrouilleur et même de celle de l’enquêteur spécialisé, a-t-il souligné mercredi.

On ne connaît pour l’instant ni les motifs du tueur ni ses liens avec certaines des victimes.

Des critiques au sein de la population

Je pense que si nous avions reçu une alerte, beaucoup de gens auraient pu être épargnés, pense pour sa part Heather Matthews, partenaire de marche de longue date et voisine de Lillian Hyslop.

Mme Hyslop a été tuée dimanche matin dans la région de Wentworth, environ huit heures après que le tireur eut fait ses premières victimes à Portapique, 40 kilomètres plus au sud.

Ce matin-là, Heather Matthews et son mari ont pris un chemin différent pour leur promenade afin d'éviter la route principale ainsi qu’un parc provincial fermé en raison de la COVID-19. Ils ont entendu ce qui ressemblait à un coup de feu à quelques centaines de mètres de là, mais ont pensé qu'il s'agissait d'un chasseur.

Ils disent ne s’être rendu compte de la présence d’un tireur en liberté qu’au moment de rentrer chez eux. Un ami les a alors appelés pour les informer de ce qui s’était passé à Portapique durant la nuit.

Mme Matthews aurait aimé que son amie, qui marchait souvent sur les routes de la vallée de Wentworth, ait été informée de la présence du tireur avant de faire sa promenade habituelle.

Je comprends que la GRC a utilisé Twitter. Mais ce n’est pas tout le monde qui est sur Twitter, tout le monde n'a pas Facebook non plus, tout le monde n'a pas Internet, mais nous avons tous une télévision, une radio et un téléphone. Il aurait dû y avoir un autre moyen d'informer les gens, a-t-elle indiqué à CBC News.

Le système d'urgence Alert Ready, celui que la GRC s'apprêtait à utiliser quand le suspect a été abattu, envoie des messages par le biais de la télévision, de la radio et des téléphones cellulaires connectés à la LTE.

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