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CHSLD : Legault demande au fédéral l'aide de 1000 militaires

Son gouvernement n'est pas arrivé à combler les absences qu'a entraînées la COVID-19.

Le « trio gouvernemental » en conférence de presse.

Le Québec n'a plus d'autres choix que de demander l'appui de l'armée pour faire face à la poussée du coronavirus dans les foyers pour aînés, admet le gouvernement Legault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le Québec réclame l'aide de l'armée pour reprendre le contrôle des habitations pour aînés les plus durement touchées par la pandémie de coronavirus.

Après moult efforts, le gouvernement Legault n'a réussi qu'à pourvoir la moitié des 2000 postes laissés vacants par les employés de ces établissements qui ont contracté la COVID-19 ou qui ont arrêté de se présenter au travail par peur d'attraper la maladie.

Le premier ministre – qui s'était montré fort optimiste, mardi – pensait bien compenser ces absences par le volontariat des médecins spécialistes, qui auraient été 2000 à répondre positivement à son appel lancé la semaine dernière. Mais son plan n'a pas fonctionné.

Après vérification, seuls 350 membres de la FMSQ étaient disponibles immédiatement pour travailler à temps plein dans les lieux d'hébergement pour personnes âgées.

Des étudiants, du personnel médical venu des régions du Québec et un premier contingent militaire de 125 professionnels de la santé sont bien venus prêter main-forte dans les établissements du Grand Montréal, où se concentre le manque d'effectifs. Mais en date de mercredi, 1000 absences n'avaient toujours pas été comblées.

Une employée arrivant au travail.

Le CHSLD Laurendeau, dans le nord de Montréal, est l'un des établissements où la situation est la plus critique en ce moment au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Devant l'urgence de la situation, François Legault estime ne pas avoir d'autres choix que de se tourner vers les Forces armées canadiennes pour qu'elles envoient des soldats réguliers, même si ceux-ci n'auront peut-être pas la formation requise pour commencer tout de suite, a-t-il expliqué mercredi lors de sa conférence de presse quotidienne.

Ça ne sera pas l'idéal, mais au moins ça va être des bras pour nous aider, a déclaré le premier ministre, qui a admis que la situation était un peu gênante.

Son homologue ontarien Doug Ford a également fait une demande similaire dans l'heure qui a suivi.

Nous travaillons en étroite collaboration avec le Québec et l'Ontario, qui identifient leurs besoins spécifiques, a fait savoir en fin de journée le cabinet du ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair. Nous examinerons attentivement leurs demandes dès leur réception et déterminerons les prochaines étapes.

Un plan de déconfinement la semaine prochaine

François Legault a par ailleurs annoncé mercredi qu'il présentera la semaine prochaine un plan de réouverture graduelle des écoles et des entreprises – un sujet qu'il avait timidement évoqué la veille.

Malgré tout, aucune famille ne sera forcée de renvoyer ses enfants dans les salles de classe pour terminer l'année scolaire, a-t-il assuré.

On va faire ça de façon très prudente, a insisté le premier ministre, qui cherche à éviter le ressac d'une deuxième vague de contamination.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) s'interroge, néanmoins. Le syndicat exige de voir le plan dès maintenant, en faisant valoir par communiqué que la réouverture graduelle des établissements soulève de nombreuses questions, tant du côté de la sécurité que de celui des activités académiques.

Le plan en question s'étalera jusqu'à l'automne, a précisé le premier ministre lors de la période des questions des journalistes. Donc, on pense être capables, si on parle des entreprises et des écoles, de rouvrir d'ici septembre ces deux secteurs, a-t-il poursuivi, ajoutant toutefois que les consignes de distanciation seront maintenues.

De plus, les grands rassemblements, qui ont déjà été interdits cet été, pourraient l'être jusqu'en 2021, a soutenu M. Legault.

Il est possible qu'on parle encore de coronavirus en 2021, malheureusement, ou même en 2022, a confirmé de son côté le directeur national de santé publique, Horacio Arruda. Mais il serait intenable de prolonger encore longtemps le confinement des Québécois, selon lui.

On ne peut pas maintenir une société enfermée comme ça. Il faut comprendre que le confinement a des effets pervers : sur la santé mentale des gens; sur la violence qui peut être faite aux femmes, aux enfants; sur les dépressions; sur les questions d'anxiété et de santé mentale. Et il faut qu'une société fonctionne, sinon, ça ne marche pas.

Les régions en premier

Dans tous les cas, le redémarrage se fera région par région, ont expliqué les autorités. À commencer par celles où la situation est stable.

Durement frappée par la pandémie, la région métropolitaine devra donc s'armer de patience avant de pouvoir reprendre ses activités. Selon les chiffres de la santé publique, 74 % des décès dus à la COVID-19 ont été recensés sur l’île de Montréal et à Laval, tandis que la situation est jugée stable dans les autres régions du Québec.

On ne signalait mercredi aucune nouvelle infection dans le Bas-Saint-Laurent, en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, dans le Nord-du-Québec, au Nunavik et sur les Terres-Cries-de-la-Baie-James.

En vue du déconfinement, le Dr Arruda a également fait savoir qu'il recommandera rapidement le port du masque artisanal lorsque la distance de deux mètres ne pourra être respectée entre deux individus.

Et je vais encore le répéter : cette mesure de masques [...] ne sera efficace que si les gens le portent adéquatement, ne se contaminent pas, et surtout n'oublient pas de se laver les mains, a-t-il ajouté.

Le scénario allemand de moins en moins plausible

Selon le bilan présenté mercredi, le Québec compte à ce jour 20 965 cas de COVID-19, soit 839 de plus que mardi.

À l'heure actuelle, 1278 personnes sont hospitalisées, dont 199 aux soins intensifs.

La santé publique fait également état de 1134 morts, un total qui commence à se rapprocher des 1263 décès prévus pour le 30 avril dans le scénario « optimiste » présenté le 7 avril par la santé publique. Ces projections, établies à partir de l'exemple allemand, ont été révisées le 13 avril à 1442 morts d'ici le 7 mai.

MM. Legault et Arruda insistent cependant pour dire qu'il faut s'abstenir de comparer le Québec à d'autres États, parce que la méthode de calcul n'est pas la même partout. Celle en usage au Québec ratisse très large, ont-ils dit en substance, ce qui n'est pas le cas ailleurs.

Le Québec est sûrement un des endroits dans le monde qui calcule le plus scrupuleusement les décès de la COVID-19, a fait valoir le Dr Arruda.

Les CHSLD au cœur de la tempête

La situation demeure néanmoins difficile dans 85 établissements pour personnes âgées, où 15 % des occupants sont malades.

On estime qu'en tout, 446 foyers pour aînés ont recensé au moins un cas de COVID-19 parmi leurs résidents ou leurs employés.

Depuis le début de la pandémie, 176 048 tests ont été effectués, et 4839 sont en cours d'évaluation.

Enfin, 4291 Québécois sont considérés comme officiellement rétablis.

Avec les informations de La Presse canadienne

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