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Confinement : la planète Terre n’aura jamais été aussi silencieuse

Le bruit a diminué de 33 % à Ottawa et de 40 % à Montréal.

La planète Terre n'aura jamais été aussi silencieuse que depuis le début du confinement mondial.

La planète Terre n'aura jamais été aussi silencieuse que depuis le début du confinement mondial.

Photo : iStock

Moins de circulation routière, pas de rassemblements publics et presque aucun chantier de construction… La Terre n’aura jamais été aussi silencieuse que depuis le début du confinement planétaire. La réduction du bruit permet aux sismologues d’enregistrer des tremblements de terre de faible magnitude qu’ils n'auraient pas pu détecter en temps normal.

Depuis la mi-mars, alors que la moitié de l’humanité est enfermée chez elle, le silence s’est installé dans les grandes villes du monde.

Les rues sont quasiment désertes. Les déplacements incessants des voitures, des autobus et des trains ont diminué. Il n’y a presque plus d’avions dans les airs. Le ralentissement de toutes ces activités humaines a provoqué une réduction du bruit sismique.

Bruit sismique :

Ensemble de sons produit par des vibrations permanentes du sol. Le bruit sismique a des causes naturelles (vents, vagues océaniques, etc.) et des causes humaines (circulation automobile, machinerie lourde, explosions, etc.).

Au Canada, les sismologues notent que le bruit a diminué de 33 % à Ottawa, de 40 % à Montréal, de 60 % à Calgary et de près de 20 % à Victoria, entre le 3 mars le 14 avril. Une accalmie étalée sur une si longue période, disent-ils, c’est du jamais vu!

Habituellement, on voit une baisse dans le bruit sismique ambiant seulement le jour de Noël. Mais là, c’est le jour de Noël tous les jours depuis cinq semaines.

Dre Claire Perry, sismologue, Ressources naturelles Canada

Les sismologues de Ressources naturelles Canada (RNCan) tentent de tirer le meilleur profit de cette grande « pause » mondiale. Ce moment de tranquillité est une occasion unique de faire avancer leurs recherches sur les tremblements de terre.

La réduction du bruit sismique ne signifie pas qu’il y a plus de tremblements de terre, nuance avec précaution la Dre Claire Perry, sismologue à RNCan. C’est juste qu’avec cette réduction de bruit sismique, on est capable d’enregistrer des séismes plus petits qui ne sont normalement pas ressentis par les gens autour.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Des villes plus tranquilles

Le bruit sismique est habituellement plus élevé dans les zones urbaines. Il parasite les mesures des capteurs sismiques de RNCan situés dans les grandes villes et rend la détection de tremblements de terre de très faible magnitude (en dessous de 2) plus difficile.

Mais depuis le confinement, « nous avons enregistré de 3 à 30 fois plus de petits tremblements de terre dans les régions urbaines», indique Dre Perry.

Là où on a un sismomètre, près ou dans une ville, on a une réduction nette du bruit sismique ambiant. C’est un grand avantage.

Dre Claire Perry, sismologue, Ressources naturelles du Canada

Ces enregistrements supplémentaires permettront aux sismologues de cartographier les failles et d’identifier les zones à risque méconnues jusqu’ici. Le Code national du bâtiment du Canada pourra être modifié et amélioré grâce à ces informations.

À plus long terme, explique la sismologue, nos recherches de tous les jours informeront les ingénieurs sur comment construire des bâtiments dans différentes régions [à risque].

Course contre la montre

Les mesures de confinement étant appelées à disparaître progressivement, les sismologues sont engagés dans une course contre la montre pour profiter de ce silence imposé.

Contrairement au sentiment partagé par la population en général, le confinement ne sera jamais assez long aux yeux de ces scientifiques.

Juste un mois ou deux d’[isolement], ça ne nous permettra pas d’avoir une grande, grande base de données sur des séismes de petites magnitudes, mais ça va aider quand même, juge Dre Perry.

Avec la collaboration de la recherchiste Nadine Phaneuf

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