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Impact économique de la COVID-19 : les organismes communautaires dans le flou

Gilbert-Vielfaure, le directeur du centre trie des dons.

Le Centre Flavie-Laurent pourrait voir l'aide de la province diminuer, selon la direction de l'organisme. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans le flot d'incertitudes engendré par la pandémie de la COVID-19, les organismes communautaires naviguent à vue. Certains d’entre eux doivent revoir leur budget à la baisse, à la demande du gouvernement. D’autres n’ont pas encore reçu de directives, mais s’inquiètent tout de même de se voir privés d’une partie des deniers provinciaux.

Je nous sens toujours fragiles. Je pense que c’est comme ça que la plupart des entreprises se sentent, la plupart des organismes et des universités maintenant, affirme Mariette Mulaire, présidente-directrice générale du World Trade Centre Winnipeg (WTC). Cet organisme bilingue qui vient en aide aux entreprises manitobaines n’est pas épargné par la crise économique qui se profile à l'horizon en raison de la pandémie.

Le gouvernement du Manitoba a demandé à plusieurs organismes et universités de revoir leur budget pour les mois à venir.

Nous avons fait comme tout le monde et nous avons soumis un nouveau budget , explique Mariette Mulaire.

Des programmes suspendus

Cela comprend une révision à la baisse de 21,5 % sur un budget de 1,1 million de dollars en temps normal. Pour l’heure, cela n’entraîne pas de mises à pied du personnel mais le report de certains programmes, comme les voyages d’affaires et des missions à l’étranger.

Je pense qu’il est important de voir comment on peut épargner à court terme. Mais j'espère que le leadership politique va continuer de penser à l’importance d’investir. C’est "cute " de couper, mais à un moment donné, il faut investir ou réinvestir pour s’assurer que l'économie marche.

Mariette Mulaire, présidente-directrice générale, World Trade Centre Winnipeg

Le Centre culturel franco-manitobain a suivi la même direction que le World Trade Centre. Cette agence de la Couronne reçoit de la province un appui financier qui compte pour 40 % d'un budget annuel d'environ 1,4 million de dollars. 

La province n’a pas encore signifié si elle retirait ses fonds mais le CCFM lui a présenté un scénario dans lequel il prévoit une réduction de son budget de 14 %.  

Nous avons déjà deux employés à temps plein qui sont en chômage temporaire, explique Ginette Lavack. Reste à voir si on revient vers nous pour nous dire que notre financement sera réduit. Cela, on ne le sait pas encore.

À la différence du WTC et du CCFM, certains organismes de la communauté francophone ne connaissent pas de restrictions budgétaires pour l’heure. Toutefois, au fil des jours, leur inquiétude augmente. C’est notamment le cas du centre Flavie-Laurent, qui vient en aide aux plus démunis.

Une aide critique

La province finance environ 20 % du budget annuel du centre, situé entre 500 000 et 600 000 $ par année selon la direction.

C’est une aide critique, dit le directeur général du centre Flavie-Laurent, Gilbert Vielfaure.

D'après ce dernier, la province n'a pas confirmé si ce financement pourrait être remis en cause dans les semaines qui viennent. Mais le risque existe.

On nous a laissés entendre que la province pourrait reprendre une partie de son aide financière, proportionnellement à la période pendant laquelle nous serons fermés, continue le directeur général.

Depuis l’apparition des premiers cas au Manitoba, la direction du centre a décidé de ne plus accueillir de clients. Les équipes travaillent toujours. Le centre reçoit des dons, en prenant les précautions nécessaires, mais ne les distribue plus.

À la suite de la crise actuelle, on peut facilement imaginer qu’il y aura beaucoup de gens qui vont faire face à des difficultés financières. C’est là que l’oeuvre du centre va fleurir, explique Gilbert Vielfaure. Et si nous, nous avons dû avaler une perte financière, je ne suis pas certain de notre capacité à répondre à une forte demande.

D’autres incertitudes

Autre crainte pour le directeur : l’aide financière du fédéral pourrait aussi être remise en question.

Si nous n’avons pas de compensation, nous ferons avec ce que nous pourrons. Mais comme toujours, c’est le plus pauvre qui va payer pour ça.

Gilbert Vielfaure, directeur général du centre Flavie-Laurent

Ce vent d’incertitude souffle aussi du côté de l’organisme Santé en français. La directrice générale, Annie Bédard, dit qu'elle n'a pas avoir reçu d’indication de la province au sujet d'une suppression de fonds possible. Mais c’est un risque, ajoute-t-elle.

Santé en français compte sur les fonds provinciaux pour la majeure partie de son financement. J’espère que nous n’aurons pas de coupure. Les services que nous fournissons sont très importants.

Un espoir qui existe aussi chez de nombreux autres organismes, à l’image d’Entreprises Riel.

L’organisme, qui agit pour le développement économique dans les quartiers francophones de Winnipeg, dit ne pas avoir été informé de coupures éventuelles.

J’ose croire que le gouvernement comprend l’importance du rôle des organismes dédiés au développement économique lorsque l’économie bafouille, comme elle le fait en ce moment et comme elle le fera après cette crise, dit le directeur général d’Entreprises Riel, Normand Gousseau.

Sonder pour aider

De son côté, la Société de la francophonie manitobaine a décidé de sonder les organismes de la communauté pour faire le point sur leur situation.

Nous voulons connaître leurs inquiétudes et leurs préoccupations. Une fois que nous aurons toutes ces indications, nous pourrons communiquer avec les groupes directement pour voir comment il est possible de limiter ou du moins de minimiser l’impact de la crise, explique le directeur général, Daniel Boucher.

Les réponses à ce sondage sont attendues en fin de semaine.

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