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Les salons de coiffure préparent un plan de déconfinement

Gros plan sur des ciseaux de coiffure déposés sur un comptoir. À l'arrière-plan, un homme se fait coiffer par un barbier.

Un plan de réouverture des salons de coiffure sera présenté au gouvernement du Québec.

Photo : iStock

Ayant été contraints de ranger brosses et ciseaux depuis plus d’un mois, les propriétaires de salon de coiffure élaborent un protocole de retour au travail. Leur but est d’aider le gouvernement à établir des mesures de déconfinement qui seront applicables à la réalité du terrain.

Les professionnels vous le diront : couper les cheveux à deux mètres de distance est impossible. L’inquiétude règne donc dans le milieu à savoir quand, mais surtout comment, les salons de coiffure vont se relever de la crise.

Notre but n'est pas de retourner le plus rapidement possible, le but c'est de retourner de la façon la plus sécuritaire possible, explique le directeur général de l'Allied Beauty Association (ABA) du Canada, Alain Audet.

Cette association, qui regroupe des salons de beauté et de coiffure, des barbiers, mais aussi des manufacturiers et des distributeurs, a donc entamé une grande consultation auprès de ses membres au cours des dernières semaines.

Un salon de coiffure vide.

Les mesures de distanciation sont difficiles à atteindre dans les salons de coiffure.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Espacer les postes de travail, étendre les heures d’ouverture, désinfecter le matériel entre chaque client : plusieurs solutions ont été récoltées.

Est-ce que ça va vouloir dire des visières, des masques, des gants et des robes? On regarde. On ne sait pas ce que le gouvernement va nous imposer

Une citation de :Alain Audet, directeur général de l'Allied Beauty Association du Canada

Des mesures applicables

L'initiative se veut humble. L’ABA ne veut pas dicter la marche à suivre, mais souhaite seulement accompagner le gouvernement dans sa réflexion.

Le Salon La Chop dans le quartier Saint-Sauveur à Québec a participé à la consultation. Pour la propriétaire Sygie Gagné, c’est important d’être proactif et de ne pas attendre que les nouvelles règles arrivent d’en haut.

S’ils connaissent notre réalité, ils vont pouvoir mettre des mesures qui auront du sens. Par contre, si on laisse les mesures venir d'en haut, elles ne seront peut-être pas applicables, explique-t-elle.

La propriétaire du Salon La Chop à Québec, Sygie Gagné

La propriétaire du Salon La Chop à Québec, Sygie Gagné

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Rentabilité

La réflexion doit s’étendre jusqu’au modèle d’affaires, affirme le Salon Parikart de Lévis. En plus des coûts importants pour acquérir les équipements de protection, la rentabilité chutera inévitablement de moitié si on supprime un poste de travail sur deux pour respecter la distanciation physique.

On peut faire certaines choses, mais à quel point on va éliminer la contamination? À quel point ça va être prudent et à quel point, au niveau de la rentabilité de l'entreprise, ça va être possible, s'interroge la propriétaire Hélène Paré.

Une question importante pour l’ABA qui fait remarquer que l’industrie des salons de beauté et de coiffure est complexe. Ce sont des mini-entreprises dans des entreprises, illustre Alain Audet.

On a des travailleurs autonomes, on a des locataires d’espace et des propriétaires. Tout le monde doit le faire d'une façon qui est économiquement possible pour eux, dit-il.

Service de consultation virtuelle

D’ici la réouverture des salons, les propriétaires tentent de garder la tête hors de l’eau en vendant des produits en ligne, notamment.

Une stratégie qui s’est avérée particulièrement efficace pour le Salon Parikart. Hélène Paré se réjouit d’avoir développé une plateforme de vente en ligne il y a trois ans.

Depuis la fermeture de son salon, l’entrepreneure offre des consultations virtuelles à ses clients. En plus de faire connaître ses produits, ce service lui permet de fidéliser sa clientèle.

C’est ce qui nous sauve la vie. On ne planifiait même pas dans cinq ans faire ce qu’on fait présentement. Assez que je ne serais même pas capable d'être ouvert et gérer mes ventes en ligne.

Une citation de :Hélène Paré, propriétaire du Salon Parikart
La propriétaire du Salon Parikart, Hélène Paré, emballe une commande.

Hélène Paré travaille douze heures par jour à préparer les commandes que ses clients ont achetées en ligne.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Mais pour les salons qui n’avaient pas encore de plateforme en ligne, la recette est moins lucrative.

Pour l’instant, ça fait juste nous maintenir. Je me dis que si ça paye un mois de loyer ou une dépense, tant mieux, mais ce n'est pas significatif versus ce qu'on faisait, mentionne Sygie Gagné du Salon la Chop.

Le salon de Saint-Sauveur n’écarte toutefois pas l’idée d’offrir lui aussi des consultations en ligne si le confinement venait à se prolonger.

Je ne sais pas si toute l'énergie qu'on mettrait là-dedans en vaut la peine. Si la réouverture se passe le 4 mai, je me dis que je n’ai pas besoin de ça, mais si ça se repousse, il faudra le considérer, concède Sygie Gagné.

Mardi après-midi, le premier ministre François Legault n'a pas soulevé spécifiquement l'enjeu de la réouverture des commerces, prévue initialement pour le 4 mai, cependant, il a indiqué que son gouvernement prévoyait une reprise graduelle des activités.

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