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Une étude préliminaire peu probante sur l'hydroxychloroquine

Medical staff shows on February 26, 2020 at the IHU Mediterranee Infection Institute in Marseille, a packet of Plaqueril, tablets containing hydroxychloroquine, drug that has shown signs of effectiveness against coronavirus. - The Mediterranee infection Institute in Marseille based in La Timone Hospital is at the forefront of the prevention against coronavirus in France. (Photo by GERARD JULIEN / AFP) (Photo by GERARD JULIEN/AFP via Getty Images)

Un paquet de Plaquenil qui contient de l’hydroxychloroquine, un traitement actuellement étudié pour soigner la COVID-19.

Photo : afp via getty images / GERARD JULIEN

Agence France-Presse

L'hydroxychloroquine n'a pas semblé améliorer le sort de malades américains de la COVID-19, selon une étude relativement grande menée a posteriori sur ce médicament administré dans le monde entier, mais dont l'efficacité reste à confirmer ou infirmer rigoureusement.

L'étude préliminaire, rendue publique mardi par ses auteurs avant d'avoir été évaluée par le comité de lecture d'une revue médicale, porte sur 368 patients du réseau des hôpitaux publics pour anciens combattants américains, lesquels sont soit morts, soit sortis de l'hôpital avant le 11 avril.

Les auteurs ont analysé a posteriori les dossiers médicaux de ces patients, qu'ils ont groupés en trois ensembles afin de les comparer :

  1. ceux traités avec de l'hydroxychloroquine (HC) seule;
  2. ceux qui ont eu le cocktail hydroxychloroquine-azithromycine (un antibiotique), promu notamment par le médecin français Didier Raoult;
  3. et ceux qui n'ont jamais reçu d'hydroxychloroquine.

La proportion de patients décédés était la plus forte dans le groupe hydroxychloroquine seule (28 %), comparé au groupe cocktail (22 %) et au groupe sans hydroxychloroquine (11 %).

Mais cette conclusion peut être trompeuse, car le groupe de malades n'ayant reçu que de l'hydroxychloroquine était, au départ, plus malade et plus à risque que les deux autres groupes; il contenait plus de fumeurs et de personnes ayant du diabète ou des antécédents cardiovasculaires et pulmonaires.

Les auteurs ont corrigé statistiquement ce déséquilibre initial et observé que le risque accru de mortalité dans le groupe hydroxychloroquine seule persistait.

Ils ont dû en outre se garder de généraliser la spécificité des patients traités à une population entière. Les patients étudiés étaient tous des hommes, en majorité noirs, une population plus durement frappée par l'épidémie aux États-Unis. L'âge médian était avancé, soit plus de 65 ans.

Avertissement

L’article que vous lisez repose sur des données recueillies lors d’une étude préliminaire. Les informations qu'il renferme sont basées sur des résultats qui n’ont pas été révisés par d’autres scientifiques, et elles pourraient se révéler erronées, incomplètes, mal interprétées ou finalement non reproductibles. Ces données préliminaires représentent une piste intéressante, mais elles doivent encore être confirmées par d’autres travaux plus exhaustifs. Il faut garder un esprit critique et avoir en tête que la recherche sur le SRAS-CoV-2 ne fait que commencer.

L'hydroxychloroquine est l'un des traitements que de multiples pays utilisent sur les cas graves de la COVID-19 lorsqu'il y a urgence, mais une controverse existe sur son impact.

L'idéal, scientifiquement, consiste à réaliser un essai clinique randomisé, où des groupes de malades comparables suivraient différents traitements, de façon aléatoire.

De tels essais à grande échelle sont en cours, notamment l'essai européen Discovery, mais leurs résultats ne sont pas encore connus.

En attendant, les médecins expérimentent les molécules et les traitements. Les chercheurs peuvent prendre connaissance des résultats après coup, mais en l'absence de protocoles harmonisés sur la durée, les doses, les moments d'intervention et le degré de gravité des cas au départ, il est difficile de tirer des conclusions fiables.

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