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Se couper soi-même les cheveux à l’ère de la pandémie

Un styliste place des cheveux d'une cliente dans son salon de coiffure.

Faut-il vraiment se couper soi-même les cheveux durant la pandémie de la COVID-19?

Photo : getty images/istockphoto / hedgehog94

La fermeture des salons de coiffure, considérés comme services non essentiels pendant la pandémie de la COVID-19, bouscule la routine beauté de nombreuses personnes qui n’hésitent pas à tenter de nouvelles expériences capillaires.

Alors qu’elle se trouvait en pleine conférence de presse, la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, a ponctué une de ses mises à jour quotidiennes sur la COVID-19 par une note d’humour.

Je tiens à m’excuser auprès de Lindsay, ma coiffeuse, car je me suis moi-même occupée de mes cheveuxces deux derniers jours.

Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique

La spécialiste n’est pas la seule à se donner un rafraîchissement capillaire. Nombre de personnes en Colombie- Britannique s’improvisent apprentis coiffeurs ou tentent de nouvelles expériences avec leurs cheveux.

Gros plan sur des ciseaux de coiffure déposés sur un comptoir. À l'arrière-plan, un homme se fait coiffer par un barbier.

Se couper les cheveux soi-même n'est pas chose simple.

Photo : iStock

C’est le cas d’Élodie qui a voulu tester une cure de sébum. Pendant quatre semaines, la jeune femme ne s’est pas lavé les cheveux afin de détoxifier son cuir chevelu des perturbateurs endocriniens qui peuvent se trouver dans les shampoings.

Peut-être qu’à la fin, j’aurais une crinière somptueuse et je me remercierais.

Élodie

Si Élodie pensait qu’elle allait craquer au bout d’une semaine, elle a tenu son pari. Elle reconnaît que ce test n’aurait pas pu être réalisable dans un contexte social habituel.

Je n’aurais pas pu faire ça en temps normal. Alors, trouvons du bon dans cette pandémie et prenons soin de nos cheveux, lance-t-elle.

Quand elle sort, elle trouve toutefois qu’il est important de bien se couvrir les cheveux, car le virus peut y rester.

Un moment opportun pour s'occuper de ses cheveux

La pandémie est une période adéquate pour prendre soin de ses cheveux, selon Aïcha, une coiffeuse qui offre un service à domicile.

C’est le moment d’essayer d’espacer ses shampoings, ça va faire du bien au cuir chevelu et il n’y aura pas de crainte de se rendre au travail avec les cheveux gras.

Aïcha, coiffeuse
Trois images d'Aïcha où elle se trouve de dos : dans la première, elle a les cheveux qui atteignent le  bas du dos; dans la deuxième, ils finissent à la moitié de son dos; et dans la troisième, à la hauteur du bas de ses omoplates.

La coiffeuse à domicile s'est elle-même coupé les cheveux durant la pandémie.

Photo : Facebook : L'Hair d'Aicha

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Une bonne idée à un cheveu près

Étant en couple, Élodie s'est fait demander par son petit ami de lui couper les cheveux qui commençaient à devenir longs. C’est avec quelques appréhensions que la jeune femme s’est lancée dans cette grande entreprise.

Je tâtonne, j’ai peur de lui faire des trous dans les cheveux. Donc, je coupe mèche par mèche.

Élodie

Sans coiffeur pour sa part, Nour-Eddine Bachouche n’a pas hésité à prendre lui-même ses ciseaux. Je n’arrive pas à me faire mes dégradés seul, ce n’est pas la perfection, mais ça passe, explique-t-il.

Nour-Eddine Bachouche se prend en photo de dos.

Nour-Eddine Bachouche s'est octroyé un rafraîchissement capillaire.

Photo : Facebook : Nour-Eddine Bachouche

Même constat pour Richard, qui a utilisé la tondeuse pour raser les cheveux de son fils Aksel.

Si Aïcha, la coiffeuse professionnelle, est ouverte aux essais capillaires, elle déconseille de se diriger vers les vidéos tutoriels qui se trouvent sur Internet. Souvent, on ne reproduit pas forcément les mêmes choses que l’on voit sur les vidéos, ce n’est pas la bonne chose à faire.

Elle recommande, si possible de demander conseil à son coiffeur. Si elle dit avec humour qu’elle s’attend à un petit désastre de la part de ses clientes, elle tente de les aiguiller le mieux possible par le biais de sa page Facebook.

Richard coupe les cheveux de son jeune fils avec un rasoir.

Le jeune Askel se fait couper les cheveux par son père Richard.

Photo : Radio-Canada / Saïda Ouchaou

C’est ma toute petite contribution, ce sont des petites choses qui font plaisir à tout le monde, et moi, ça me fait plaisir de pouvoir partager ça, souligne-t-elle.

Et après la pandémie?

Selon le psychologue Camillo Zacchia, ces nouvelles habitudes de vie prises durant la pandémie donnent une meilleure orientation de ce qui est important ou non.

Il explique que l’être humain en tant qu’animal a besoin de répondre à l’instinct de survie, mais aussi à l’instinct social pour se développer en tant que tel.

Si je sors sans déodorant, je sais que je ne devrais pas m’en faire, mais, en même temps, je suis rationnel et je vais faire quelque chose de raisonnable.

Camillo Zacchia, psychologue

Toutes les tendances à vouloir bien paraître, la raison pour laquelle on fait ça, c’est pour être accepté des autres, continue M. Zacchia. Il espère néanmoins que la pandémie de COVID-19 va réorienter les gens sur l’importance de la vie, des contacts sociaux, mais aussi du bien-être.

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