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Plus de 100 cas de COVID-19 dans les refuges de Toronto

Plus de 100 clients ont contracté la COVID-19 dans les refuges de Toronto, dont plus de 60 dans le même.

Des hommes attendent à l'entrée d'un refuge à Toronto.

Ceux qui travaillent auprès des sans-abri ont souligné à maintes reprises qu'il s'agit d'un groupe très vulnérable pendant la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Toronto compte plus de 100 cas de COVID-19 dans ses refuges. La situation inquiète ceux qui les fréquentent, les militants de lutte contre la pauvreté et les intervenants sur le terrain. Ils dénoncent le manque d'espace dans les refuges, de dépistage et d'équipement de protection.

Comme les centres de soins de longue durée, les refuges de Toronto sont des foyers d'éclosion de la COVID-19.

À Toronto, il y a des éclosions du virus dans plus de 10 refuges.

La santé publique de Toronto rapporte plus de 100 cas confirmés de la maladie dans les refuges de la Ville incluant 10 hospitalisations à la suite d'une contamination par la COVID-19.

Ce sont tous des cas de transmission communautaire.

Les données sur le nombre de cas actifs de la COVID-19 dans ses refuges sont désormais compilées et partagées sur le site web de la Ville, mais elles sont seulement mises à jour trois fois par semaine (lundi, mercredi et vendredi). Par exemple, le refuge Dixon Hall compte 20 cas du virus, mais la Ville n'en rapporte que 18. Selon CBC, il y a des cas dans 14 refuges à Toronto.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, au moins 665 personnes ont été placées dans des chambres d'hôtel pour respecter la distanciation sociale, en date du 18 avril.

L'une des chambres de l'hôtel.

Le transfert des sans-abri des refuges vers des chambres d'hôtel se fait trop lentement, selon des intervenants de rue.

Photo : Ville de Toronto

Un chiffre beaucoup trop bas, selon les intervenants du milieu.

Le rythme auquel les sans-abri sont placés dans des chambres d'hôtel est extrêmement lent, dit le coordonnateur des programmes au centre de santé communautaire Parkdale Queen West, Liam Michaud.

Le système de refuges de Toronto accueille près de 7000 personnes chaque nuit, selon la Ville.

Après avoir évalué combien de refuges pouvaient respecter les deux mètres de distance requis entre les lits et les clients du refuge, le département municipal du soutien aux refuges et au logement a estimé que jusqu'à 2000 Torontois pourraient être déplacés.

Le département du soutien aux refuges et au logement de la Ville de Toronto dit avoir plus de mille chambres prévues à des fins de distanciation physique.

Quatre des 11 hôtels mobilisés par la Ville n'ont pas encore été utilisés, mais Toronto dit développer des plans pour pouvoir s'en servir.

De nombreux défis pour les sans-abri

La capacité d'accueil de certains refuges a été réduite et des Torontois dans les refuges ont été redirigés vers des hôtels, mais ces mesures mises en place par la Ville demeurent toutefois insuffisantes, selon de nombreux militants et intervenants auprès de personnes vulnérables.

La stratégie [de la Ville] en ce qui concerne les personnes sans-abri consiste, jusqu'à présent, à contenir plutôt que prévenir. On voit aussi beaucoup des gens quitter les refuges dans la dernière semaine, en raison de [mauvaises] conditions sanitaires, pour vivre dehors, dans les tentes, ajoute Liam Michaud.

sous un pont de Toronto des tas d'ordures et une tente plantée c'est un endroit où dorment quelques sans-abri.

Certains militants contre la pauvreté jugent que la Ville ne fait pas assez pour protéger les sans-abri.

Photo : Radio-Canada / Grant Linton

Il avance que plusieurs refuges sont toujours débordés malgré les quelques mesures prises par la Ville.

« Les refuges n’ont pas les moyens ni l’espace pour permettre la distanciation physique. [...] Au rythme actuel ça va prendre jusqu’en octobre pour transférer toutes les personnes qui ont besoin d’un espace pour respecter les mesures de prévention. »

— Une citation de  Liam Michaud

Il y a moins de places disponibles dans les refuges puisqu'ils doivent respecter la distanciation physique demandée par la santé publique.

Par exemple, le refuge Fred Victor a sabré la moitié des lits disponibles, afin de respecter les mesures de distanciation physique.

Le refuge Fred Victor n'accueille plus que 50 personnes.

Photo de Mariam Moussa Agrei.

Mariam Moussa Agrei, une demandeuse d’asile venue du Tchad, vivait jusqu'à vendredi dernier dans un refuge à Toronto.

Photo : Gracieuseté de Mariam Moussa Agrei

Jusqu'à récemment, Mariam Moussa Agrey résidait au refuge Fred Victor.

Ce n'était vraiment pas facile pour moi. Être dans un refuge de sans-abri avec quelques réfugiés c'était vraiment stressant, dit-elle.

« Depuis le 14 mars, tout le monde est chez eux, mais nous on n'a pas de chez nous. »

— Une citation de  Mariam Moussa Agrei, demandeuse d'asile

Avec la COVID-19 on a été obligé de sortir le matin à 9 h 30 et revenir à 15 h. On a demandé à plusieurs reprises aux membres du personnel et à l'administration s'ils peuvent nous laisser rester à l'intérieur, ajoute-t-elle.

« C'était presque impossible de respecter le deux mètres de distance. »

— Une citation de  Mariam Moussa Agrei, demandeuse d'asile

Au refuge Willowdale Welcome Centre, au moins 60 clients ont contracté le virus. Le centre d'accueil pour réfugiés précise que ces personnes n'ont pas de symptômes.

Vendredi et samedi, tous les clients et membres du personnel de l'établissement ont été testés.

D'ailleurs le refuge bénéficie du soutien de membres du personnel de l'Hôpital général de North York depuis l'éclosion de la maladie dans l'établissement.

Une poursuite à l'horizon

Une coalition d'associations menace d'entamer une poursuite judiciaire contre la Ville de Toronto dès jeudi, à moins qu'elle n'instaure immédiatement plus de mesures pour améliorer son système d'hébergement et protéger les sans-abri pendant la pandémie de la COVID-19.

Selon ces groupes, dont l'Association canadienne des libertés civiles, le système de refuge actuel est déplorable et menace la santé et la sécurité des personnes qui doivent y avoir recours.

Leur lettre a été envoyée entre autres au maire et à la médecin hygiéniste de Toronto.

Plus de 200 Torontois sont morts de la COVID-19 jusqu'à présent.

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