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Accès difficile à des services pour aînés francophones

Gros plan sur la main d'une personne âgée qui joue à un casse-tête.

Les personnes âgées du Grand Sudbury ont un accès inégal à des services qui leur sont destinés en fonction de leur lieu de résidence et leur langue.

Photo : Shutterstock / Robert Kneschke

La plupart des aînés francophones du Grand Sudbury ont un accès limité à des services pouvant contribuer à leur bien-être. C’est le premier constat auquel arrivent des chercheurs de l’Université Laurentienne qui s’intéressent à la population vieillissante de la région.

Le groupe d’étude de l’École de service social soutient que 32,5 % des Sudburois âgés de 65 ans et plus sont francophones.

La majorité d’entre eux résident en milieu rural, selon les données analysées depuis un an par les chercheurs de l’Université Laurentienne.

Frantz Siméon, le chercheur principal du groupe, estime qu’environ 80 % des organismes communautaires offrant des services liés à la santé et au bien-être psychosocial sont situés au centre-ville ou à proximité. Il conclut ainsi que des déserts de services se créent à travers la ville.

C’est cette cartographie qu’on va pouvoir élaborer pour permettre aux responsables politiques de comprendre qu’une personne de 70 ou 75 ans qui parle français, qui est en perte d’autonomie et qui habite à 100 000 lieues des services, ça pose un enjeu majeur d’accès aux services pour cette personne-là.

Une citation de :Frantz Siméon, professeur adjoint à l’École de service social de l’Université Laurentienne

M. Siméon reconnaît toutefois que la recherche ne tient compte, pour le moment, que de l’adresse principale des organismes, même si ceux-ci ont possiblement des points de services ailleurs dans la ville.

L’équipe de chercheurs ratisse large lorsqu’elle compile l’offre de services offerts aux aînés dans le Grand Sudbury. Ce sont des organismes qui en amont de la santé travaillent sur le maintien des capacités des gens dans leur communauté et à domicile, précise M. Siméon.

D

Les activités socioculturelles contribuent, selon les chercheurs, à la santé globale des aînés.

Photo : Gracieuseté de Majella Simard

L’Institut des politiques du Nord se réjouit du travail des chercheurs. Les analyses scientifiques de ce genre qui se concentrent sur une région aussi circonscrite sont plutôt rares, selon la porte-parole Christine St-Pierre. Les profils de communautés sont souvent plus régionalisés.

Elle explique que l’Institut pourrait ainsi utiliser des informations pour, par exemple, formuler des recommandations en matière de main d’œuvre ou de services aux aînés dans une région précise.

C’est avec les données qu’on va être capable de prouver ça, d’établir des politiques, de présenter ça à des décideurs, à des leaders de la communauté pour que ça se fasse.

Une citation de :Christine St-Pierre, coordonnatrice des communications à l’Institut des politiques du Nord

Encore du travail à faire

Après un an de travaux, M. Siméon constate l’ampleur du travail qu’il reste à accomplir pour dresser un portrait révélateur de l’accessibilité des services aux aînés en fonction de leur lieu de résidence.

Un homme noir qui porte un veston gris et une chemise blanche

Les recherches du professeur Frantz Siméon portent sur le vieillissement de la population francophone de Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Le chercheur principal constate que son équipe doit redoubler d’efforts pour tisser des liens avec les organismes communautaires au cœur de leur analyse. J’ai senti une certaine réticence, une certaine difficulté à les rejoindre, admet-il.

Pour moi c’est un défi à relever que de pouvoir créer une culture de collaboration entre l’École [de service social] et les organismes du milieu. On ne peut pas faire de la recherche scientifique digne de ce nom, sans avoir ce contact de proximité avec les gens du milieu.

Une citation de :Frantz Siméon, professeur adjoint à l’École de service social de l’Université Laurentienne

Les chercheurs prévoient aussi comparer la disponibilité des services aux aînés en fonction de leur groupe d’âge et leurs besoins respectifs. M. Siméon s’intéresse particulièrement aux ressources offertes aux personnes en perte d’autonomie et à leurs proches aidants.

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