•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des cancéreux infectés par la COVID-19 à l'Hôpital du Sacré-Cœur

Des malades en chimiothérapie, déjà affaiblis, ont été frappés par des éclosions qui touchent quatre étages de l'hôpital.

Deux lits d'hôpital séparés par un rideau.

À l'unité d'oncologie de l'Hôpital du Sacré-Coeur, les lits des personnes atteintes du cancer ne sont séparés que de quelques centimètres par un rideau. Les chambres accueillent trois patients.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie

L'Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal fait face à des contaminations à la COVID-19 qui se produisent à l'intérieur même de l'établissement, a appris Radio-Canada.

Dans cet hôpital, cinq unités situées sur quatre étages différents combattent actuellement des éclosions de COVID-19. Parmi elles, des unités très sensibles avec des patients fragiles, comme celles d'hémodialyse et d'oncologie.

Le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal confirme huit cas en oncologie au début du mois d'avril, dont six ont été infectés à l'intérieur de l'hôpital. Au moins un de ces patients est décédé de la COVID-19.

En hémodialyse, 17 patients ont attrapé le coronavirus et plusieurs sont aux soins intensifs. L'un d'entre eux en est décédé.

L'Hôpital du Sacré-Cœur a ouvert pas moins de huit unités de débordement de patients infectés par le coronavirus pour rassembler les cas positifs.

« Ils sont vraiment débordés par les événements. »

— Une citation de  Une infirmière du troisième étage, sous le couvert de l'anonymat

L'établissement compte 119 personnes hospitalisées pour cause de COVID-19. Il s'agit d'un centre désigné pour recevoir les cas du territoire. Le CIUSSS assure qu'il n'a pas dépassé sa capacité d'accueil.

Promiscuité dans les chambres

Une infirmière nous a transmis une photo de l'unité d'oncologie qui montre des chambres à trois lits, avec des patients séparés d'à peine un mètre par un rideau. Cette promiscuité aurait facilité la propagation du virus, selon elle.

L'Hôpital assure que les patients déclarés positifs à la COVID-19 sont séparés des autres et isolés dans leur chambre. Pour ceux qui ne l'ont pas encore attrapés, des efforts sont fait pour éviter la propagation.

Depuis plus d'une semaine, en hémodialyse, tous les patients portent un masque parce que la distanciation sociale n'était pas possible, explique la docteure Stéphanie Raymond-Carrier, directrice adjointe des services professionnels du CIUSSS.

La direction évalue aussi la température des patients à l'entrée de l'unité d'hémodialyse pour détecter les cas potentiels. Des zones chaudes et tièdes ont été créées.

« Le nombre de cas augmentant, on dépiste la totalité des patients, car il peut y en avoir des asymptomatiques. »

— Une citation de  Dre Stéphanie Raymond-Carrier, directrice adjointe des services professionnels du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal

Des membres du personnel auraient souhaité que l'hôpital les teste de façon préventive pour identifier les sources potentielles de contamination. Mais, conformément aux directives ministérielles, seuls les employés avec des symptômes et en contact avec les patients ont été testés.

Près de 500 membres du personnel du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal ont contracté la maladie.

Des éclosions dans d'autres hôpitaux

Le président de l'Association des néphrologues du Québec, Robert Charbonneau, confirme que l'Hôpital du Sacré-Cœur est celui qui présente le plus grand nombre de patients en hémodialyse ayant attrapé la COVID-19. Mais il y a d'autres établissements touchés sur l'île de Montréal, ajoute-t-il.

« On sait que, dans au moins deux ou trois centres hospitaliers, il y a de la contamination de patients atteints de la COVID-19 et, malheureusement, certains en sont déjà décédés. [...] On a un peu l'impression d'êtres assis sur un baril de poudre. »

— Une citation de  Robert Charbonneau, président de l'Association des néphrologues du Québec

Des éclosions sont aussi signalées à l'Hôpital de Verdun, à l'Hôpital Jean-Talon et à l'Hôpital Fleury.

Avec la collaboration de Davide Gentile

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !