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L'expérience d'une médecin de Québec au cœur de la pandémie

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La médecin Louise Caron devant l'hôpital Jeffery Hale à Québec, elle porte un manteau noir. Elle est souriante.

La médecin Louise Caron devant l'hôpital Jeffery Hale à Québec

Photo : Radio-Canada

Des médecins de la région de Québec ont commencé à aller prêter main-forte à l'hôpital Jeffery Hale, aux prises avec l'éclosion de COVID-19 la plus importante de la région. La codirectrice de la Clinique médicale Saint-Louis, la médecin de famille Louise Caron, a décidé de répondre à l’appel à l’aide de ses collègues.

Tous les étages de l’établissement sont touchés. Près de la moitié des 130 résidents ont contracté le coronavirus et on déplore 17 décès jusqu'à maintenant.

L'hôpital Jeffery Hale, à Québec, le 31 mars 2020.

Lundi, le directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, a affirmé que l'éclosion au Jeffery Hale est majeure.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Comme en Afrique

La Dre Louise Caron a travaillé une première fois samedi dernier au Jeffery Hale. Elle compare son expérience à de l'aide humanitaire à l’étranger.

On est rendus là, à Québec. C’est particulier à dire. Pas besoin d’aller en Afrique. Tu t’en vas dans les CHSLD, affirme Louise Caron.

L’omnipraticienne a effectué les tâches d’infirmière et de préposée aux bénéficiaires.

Une personne qui apporte du réconfort a une personne âgée.

Une personne qui apporte du réconfort à une personne âgée.

Photo : Radio-Canada

Personnel humain et dévoué

Elle se dit touchée à la fois par la qualité du personnel qu'elle a rencontré et du contact qu'elle a pu établir avec les résidents.

Ça nous démontre toute la vulnérabilité. Ces gens-là, si on n’est pas là, ils vont rester dans leur caca et ils ne mangeront pas.

Louise Caron, médecin de famille

La première chose qui m’a frappée, c’est la générosité et la bonté des préposés aux bénéficiaires. C’est comme leurs amours. Ils s’en occupent incroyablement, mais ils sont à bout de souffle, observe la Dre Louise Caron.

Conditions de travail à bonifier

Malgré le fait qu’il y ait toujours un manque criant de personnel, Louise Caron affirme que les infirmières et les préposés arrivent à conserver leur motivation.

Elle croit qu’ils devraient avoir accès à de meilleures conditions de travail.

Ils gardent le sourire. Je n’en reviens pas de leur humanité et de leur don de soi. Ce ne sont pas des gens qui ont des salaires à tout casser. Il y a de quoi à faire à ce niveau, je pense, mentionne-t-elle.

Une personne s'apprête à désinfecter une chambre dans un hôpital.

Une personne s'apprête à désinfecter une chambre dans un établissement de santé.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Même si la COVID-19 s’est propagée rapidement au Jeffery Hale, la médecin de famille demeure convaincue que plusieurs patients vont s’en sortir.

J’ai vu des gens qui avaient le virus avec très, très peu de symptômes. Des gens de 80 ans, qui se mobilisaient et qui n’avaient aucun symptôme, mais qui étaient testés COVID positif. Ça reste un mystère pourquoi certains sont très malades et d’autres non, avoue-t-elle.

Expérience à répéter

La médecin Louise Caron effectuera une deuxième journée de travail au Jeffery Hale mercredi et compte ensuite y retourner au moins deux jours par semaine.

Elle invite d’autres personnes qui le peuvent à en faire autant.

On peut échanger avec les patients, même s’il y a des cas de démence. Il y a des sourires, il y a de belles rencontres à faire avec ces gens-là. Il faut les aimer, nos vieux. Ils le méritent. Ils ont construit notre société, conclut-elle.

Avec les informations de Guylaine Bussière

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