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Mobilisation pour une relance économique verte au Québec

Le premier ministre François Legault parle dans un micro.

Le premier ministre François Legault avait beaucoup parlé d'hydroélectricité lors du congrès de la Coalition avenir Québec axé sur l'environnement et la création d'une économie verte.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les débuts de la fin du confinement riment avec relance économique, au Québec. Si certains souhaitent reprendre rapidement leur vie d'avant la crise sanitaire, d'autres appellent à une relance verte de l'économie.

Dans son dernier budget déposé début mars, le gouvernement Legault rattrapait un certain retard dans la lutte contre les changements climatiques en proposant d'investir plus de 6 milliards de dollars en six ans pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 %, par rapport au taux de 1990, d'ici 10 ans.

Depuis, même si ça ne fait pas tellement longtemps, il y a eu la crise du nouveau coronavirus. Qu'en sera-t-il maintenant de la relance économique ? L'environnement prendra-t-il une place aussi importante, voire plus importante qu'avant ?

Étienne Grandmont, directeur général de l'organisme Accès transports viables, lors d'une entrevue dans un quartier résidentiel de Québec

Étienne Grandmont, directeur général de l'organisme Accès transports viables

Photo : Radio-Canada

L'organisme Accès transports viables craint que le gouvernement priorise certains grands projets d'infrastructures, comme le troisième lien, pour relancer l'économie. Selon son directeur général, Étienne Grandmont, il faut profiter de l'actuelle crise pour repartir sur de nouvelles bases.

Le moment est très bien choisi pour le gouvernement du Québec pour reconstruire mieux à partir de maintenant. C'est plus facile de faire des changements structuraux dans une économie qui est ralentie, précise-t-il.

Une carte de Québec, Lévis et l'île d'Orléans sur laquelle on voit un tracé entre Lévis et Québec

Tracé du troisième lien reliant les centres-villes de Québec et Lévis

Photo : Gouvernement du Québec

Il salue toutefois la volonté des gouvernements provincial et municipal d'accélérer la réalisation du réseau structurant de transport en commun.

Nous sommes bien contents de voir l'accélération du projet, c'est un projet durable et bon l'environnement de la région de Québec, s'exclame M. Grandmont.

Alice-Anne Simard, directrice générale, Nature Québec

Alice-Anne Simard, directrice générale, Nature Québec

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

La normale avant la pandémie, c'était une situation pas soutenable!

Alice-Anne Simard, directrice générale, Nature Québec

Chez Nature Québec, on ne souhaite pas retourner à la normale d'avant la pandémie. Sa directrice générale affirme que nos sociétés se dirigeaient vers une crise mondiale en raison des crises climatique et sociale.

Alice-Anne Simard invite les gouvernements à verdir les villes pour que les citoyens puissent profiter de la nature. Un contact essentiel pour maintenir une santé mentale intéressante, ajoute-t-elle.

Mme Simard souhaite, entre autres, des mesures pour encourager l'achat local, investir dans les transports collectifs et encourager les énergies renouvelables accessibles, nous permettant de devenir autonomes pour tourner le dos aux énergies fossiles.

Il faut que le gouvernement Legault s'en aille vers des projets qui vont encourager la diminution de nos émissions de gaz à effet de serre. Le troisième lien et l'agrandissement du Port de Québec vont nous amener vers des crises encore plus grandes que celle que nous vivons présentement, conclut-elle.

Pour une relance sécuritaire et durable

Plan rapproché de M. Dorval.

Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Rousselle

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a publié, plus tôt cette semaine, une feuille de route pour une relance économique sécuritaire et durable. Utiliser le potentiel, favoriser la transition énergétique et s'assurer d'être plus autosuffisant, ce sont quelques points d'une longue liste.

On peut y lire que le CPQ souhaite de nouveaux plans d'intervention d'une envergure jamais vue depuis la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que des investissements majeurs dans des initiatives et projets structurants.

La sécurité d'un État ne dépend pas seulement des mesures qu'on met en place. Ça dépend aussi des capacités d’autosuffisance. Il y aura donc des choix à faire !, résume le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval.

Ressources énergétiques

Parmi les enjeux soulevés pour la relance des organisations, il y a les ressources énergétiques. Le CPQ les invite à se questionner à savoir si l'accès est sécuritaire, stable et abordable pour de nouveaux modèles d'affaires.

On l'a vu avec la grève du CN et les blocus autochtones, le propane demeure pour plusieurs entreprises une obligation, mais c'est le temps de regarder pour une transition énergétique, explique le président, reconnaissant qu'on restera tout de même dans un monde interconnecté.

Le CPQ encourage le gouvernement Legault à lancer un vaste chantier pour accélérer les investissements dans les mesures réduisant les émissions de gaz à effet de serre et ainsi améliorer la performance environnementale du Québec.

La question des gaz à effet de serre demeure un incontournable. On a des objectifs, sinon on va frapper un mur. Si on a des choix stratégiques à faire, il faut que nos investissements nous permettent d'atteindre nos objectifs

Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec

Saviez-vous que...

En mars, la qualité de l'air s'est améliorée de 20 % à 40 % dans certaines villes en confinement, comparativement aux données de mars 2019, selon une étude menée par le chercheur expert en écologie et biologie, Marc Cadotte, de l'Université de Toronto.

Penser encore plus loin

Il faudrait même revoir la construction de nos villes, selon Étienne Grandmont. La pandémie a permis de réaliser que nos villes ne sont pas construites pour laisser la place aux piétons.

Les trottoirs ne sont pas assez larges. Un trottoir ne permet pas à deux personnes de se croiser tout en respectant le deux mètres de distanciation, souligne-t-il.

À court terme, Accès transports viables demande à la Ville de Québec de modifier des artères pour que les citoyens puissent mieux profiter de l'espace.

Le directeur général donne l'exemple de la ville californienne d'Oakland. L'administration locale y a modifié 120 kilomètres de rues pour réduire la vitesse ou encore interdire les voitures. Les citoyens peuvent donc marcher, courir ou faire du vélo sur ces chaussées désormais libérées, tout en respectant les deux mètres de distance.

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