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Un virus difficile à vaincre au Manoir de Courville, même en suivant les consignes

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Manoir de Courville

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Le cauchemar pour un gestionnaire de résidence pour aînés, c'est que la COVID-19 y entre. La propagation semble difficile à freiner, même en appliquant à la lettre les directives de la Santé publique, comme ce fut vraisemblablement le cas au Manoir de Courville.

Cette résidence privée de Beauport, qui accueille environ 70 personnes âgées, a été l'un des premiers foyers d'infection identifiés dans la région de Québec.

Des hommes vêtus d'une combinaison de protection sortent du Manoir de Courville, une résidence privée pour aînés de Québec.

Le Manoir de Courville, à Québec, est aux prises avec une éclosion de COVID-19.

Photo : Radio-Canada

On y dénombre deux décès jusqu’à maintenant. Une quarantaine de personnes sont infectées, dont une douzaine de travailleurs. C'est la moitié du personnel.

C’est dur. Je vous avoue qu’avec tout ce qu’on avait mis en place, normalement, on n’aurait pas dû avoir une éclosion au Manoir de Courville. Dans nos huit autres résidences, présentement je n’en ai pas, affirme Alain Bertrand, directeur général du Groupe Ébèn, propriétaire du Manoir de Courville.

Les bons gestes

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale estime que la direction du Manoir de Courville a néanmoins posé les bons gestes au bon moment, depuis le début de la crise qui secoue l'établissement.

Ils ont agi rapidement alors qu’on était tôt dans le processus. Les propriétaires ont eu le bon réflexe de nous solliciter dès le début. Sinon, la situation aurait pu être beaucoup plus grave, affirme le porte-parole du CIUSSS, Mathieu Boivin.

Le premier cas a été déclaré début avril dans l’unité de soins, qui compte dix chambres. Des mesures de prévention avaient tout de même été mises en place au moins deux semaines avant.

On avait imposé une quarantaine fermée le 14 mars dernier. Aucune famille ne pouvait entrer dans la résidence, aucun résident ne pouvait sortir. Les seuls éléments de contamination pouvaient être de nos employés, du réseau de la santé ou des agences externes, souligne Alain Bertrand.

Alain Bertrand accorde une entrevue à Radio-Canada via Skype.

Le directeur général du Groupe Ébèn, Alain Bertrand

Photo : Radio-Canada

Plusieurs mesures

Dès la détection de la première personne infectée, la direction de la résidence affirme avoir ajouté des mesures de protection.

On a dû retirer tout le personnel qui était en lien avec cette dame-là. Ça comprenait l’ensemble du personnel des soins. On a communiqué aussi avec la Santé publique et le CIUSSS de la Capitale-Nationale pour qu’ils viennent nous prêter main-forte. On a eu une excellente collaboration, explique Alain Bertrand.

Des préposés aux bénéficiaires et des infirmières auxiliaires du CIUSSS sont arrivés trois jours après la découverte du premier cas.

Les différents secteurs de la résidence ont aussi été isolés les uns des autres.

On a des spécialistes en infections qui sont venus. Ils ont étudié la façon dont on pouvait délimiter la résidence pour créer des zones froides, des zones tièdes et des zones chaudes. Le personnel évalue régulièrement en cours de journée l’état de santé de nos résidents, mentionne Alain Bertrand.

Propagation ralentie, mais pas évitée

Mais toutes ces mesures n’ont pas empêché la COVID-19 de se propager au Manoir de Courville.

Le propriétaire affirme tirer des leçons de cette pandémie.

Les premières journées, il y avait beaucoup d’anxiété, même au niveau du personnel. Les gens étaient très nerveux. Il y en a qui pleuraient. Je pense qu’on va tirer des leçons de ça. Au niveau de la santé, on va tous être un peu plus rigoureux, soutient Alain Bertrand.

Il souhaite que la pandémie se résorbe rapidement et que tout se passe bien, à la fois pour le personnel et les résidents.

À la fin de la crise, quand tout le monde va être guéri et qu’il n’y aura plus de problème de contamination, je vois une belle fête avec l’ensemble nos résidents, pour échanger sur ce qu’on a vécu et qu’on puisse aller de l’avant, mentionne Alain Bertrand.

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