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La COVID-19 menace la liberté de la presse, selon Reporters sans frontières

Dans son classement annuel, Reporters sans frontières évoque la bataille menée par la journaliste Marie-Maude Denis, de Radio-Canada, pour ne pas avoir à révéler ses sources confidentielles.

Sept représentants des médias portant de l’équipement de protection comme des gants et des masques attendant dans un hall.

Des représentants des médias portant de l’équipement de protection attendent de pouvoir faire le tour d’un hôpital temporaire mis sur pied pour accueillir des patients en période de pandémie de la COVID-19, le 4 avril 2020 à la Nouvelle-Orléans.

Photo : The Associated Press / Gerald Herbert

Radio-Canada

Le Canada se situe au seizième rang du classement mondial de la liberté de la presse 2020 que publie mardi Reporters sans frontières. La COVID-19 fournit à des gouvernements totalitaires l'occasion d'adopter « des dispositifs de censure massifs », selon l'organisation.

Reporters sans frontières (RSF) dit qu'en cette période d'épidémie de coronavirus, il y a une corrélation évidente entre la répression de la liberté de la presse et la place qu'occupent les pays dans son classement mondial.

Selon le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, des gouvernements autoritaires comme ceux de la Chine, de l'Iran ou encore de la Hongrie trouvent dans la crise sanitaire l'occasion de prendre des mesures qu'il leur serait impossible [d'] adopter en temps normal. La Chine et l'Iran, foyers de l'épidémie de COVID-19, occupent respectivement les 177e et 173e rangs du classement de RSF, et ces pays ont instauré des mesures de censure massive.

La Chine a condamné le rapport de RSF, qui, selon Pékin, a toujours été partial envers elle. Elle dit accueillir les journalistes étrangers qui respectent les lois et règlements du pays.

Le 19 février dernier, Pékin avait expulsé trois journalistes du Wall Street Journal en raison d'un éditorial qu'elle avait jugé raciste.

En Hongrie, au 89e rang du classement, le premier ministre Viktor Orban a fait voter une loi qui prévoit des peines allant jusqu'à cinq ans de prison pour la diffusion de fausses informations. Selon RSF, il s'agit d'un moyen de coercition totalement démesuré.

Pour museler encore davantage la presse, les États les plus mal classés dans le palmarès de RSF profitent de facteurs qu'entraîne la crise sanitaire tels que la sidération du public et l'affaiblissement de la mobilisation, selon les observations de RSF.

Propagande, publicité, rumeurs

Le secrétaire général de RSF affirme que le mélange entre propagande, publicité, rumeurs et journalisme déséquilibre les garanties démocratiques pour la liberté d'opinion et d'expression.

Des armées de trolls d'État, en Russie, en Chine, en Inde, aux Philippines et au Vietnam utilisent l'arme de la désinformation sur les réseaux sociaux, selon RSF.

En bas du classement, on retrouve la Corée du Nord (180e) qui ravit la toute dernière place au Turkménistan, tandis que l'Érythrée (178e) reste le pire représentant du continent africain.

Le trio de tête regroupe la Norvège, première pour la quatrième fois d'affilée, suivie de la Finlande et du Danemark.

De manière générale, RSF affirme que les dix années à venir seront décisives pour la liberté de presse, car la crise actuelle accentue les difficultés du secteur de l'information.

Ces difficultés se vivent notamment au plan économique : au Libéria, les journaux papier ont arrêté de paraître, tandis qu'aux États-Unis, plus de 30 000 personnes travaillant dans les médias ont perdu leur emploi depuis le début de la crise

La situation au Canada

Au Canada aussi, dans la foulée de la pandémie, des journaux ont suspendu la publication de leurs éditions imprimées et mis à pied temporairement certains de leurs employés. À lui seul, le géant Québecor a mis à pied 10 % de ses employés.

Au classement de Reporters sans frontières, la seizième place du Canada représente une amélioration par rapport à l'année précédente, qui lui avait valu d'être au 18e rang.

Dans son rapport, Reporters sans frontières évoque la lutte juridique de la journaliste de Radio-Canada, Marie-Maude Denis, pour ne pas avoir à révéler ses sources confidentielles dans une affaire de corruption politique sur laquelle elle enquêtait.

Le litige implique Marc-Yvan Côté, soupçonné d'être au centre d'un système de financement politique occulte en échange de contrats accordés à des firmes d'ingénierie. Il soutient que des reportages de Mme Denis à son sujet comportaient des éléments de preuve de l'enquête policière qui avaient été divulgués par une source confidentielle. M. Côté a allégué que cette fuite d'information l'empêchait d'être jugé de façon juste et équitable.

La Cour suprême du Canada a donné raison à Marie-Maude Denis l'automne dernier. Le plus haut tribunal du pays a toutefois renvoyé l’affaire devant le juge de première instance pour que le procès de Marc-Yvan Côté se poursuive, la Couronne disant détenir de nouveaux éléments de preuve.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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