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Tuerie en Nouvelle-Écosse : 22 victimes, dont une adolescente

Un homme et son fils sont venus rendre hommage à Lisa McCully, qui enseignait à l'école primaire Debert, mardi. Mme McCully est l'une des 22 victimes de la tuerie de dimanche.

Un homme et son fils sont venus rendre hommage à Lisa McCully, qui enseignait à l'école primaire Debert, mardi. Mme McCully est l'une des 22 victimes de la tuerie de dimanche.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Quatre victimes se sont ajoutées mardi à la liste des personnes tuées ce week-end dans la campagne de la Nouvelle-Écosse. Le bilan de la fusillade la plus meurtrière de l'histoire du Canada est maintenant de 22 morts, en plus du tireur, indique la GRC.

Les victimes sont des adultes, à l'exception d'une adolescente de 17 ans, a aussi indiqué la GRC mardi.

Le tueur, abattu dimanche, a laissé 16 scènes de crime dans son sillage, dont 5 résidences incendiées, qui sont situées dans 5 municipalités : Portapique, Wentworth, Debert, Shubenacadie/Milford et Enfield.

COVID-19 oblige, le bureau du premier ministre Stephen McNeil a fait savoir qu’un livre de condoléances est offert en ligne pour ceux qui souhaitent laisser un message aux familles et aux proches des victimes.

C’était un tireur seul qui est maintenant décédé. Les Néo-Écossais devraient être à l’aise chez eux et continuer à s’entraider, a dit M. McNeil en point de presse mardi.

Lundi, la GRC a promis de publier plus tard cette semaine une chronologie des 12 heures qu’ont duré les événements.

On sait déjà que le tueur a commencé son funeste périple vers 23 h 30, samedi, à Portapique, village d’une centaine d’habitants situé à 130 km au nord d’Halifax, et qu’il s’est terminé dimanche midi à Enfield, 90 km plus au sud, avec la mort de l’assassin aux mains des policiers.

La police a identifié le tueur comme étant Gabriel Wortman, denturologiste de 51 ans propriétaire d'une clinique à Dartmouth. Il conduisait une réplique d'un véhicule de la GRC et portait un authentique uniforme de la GRC, a-t-on précisé. La GRC n'a pas révélé comment il s'était procuré ces vêtements.

Un enquêteur de la GRC inspecte des véhicules incendiés à la résidence de deux des victimes, Alanna Jenkins et Sean McLeod, à Wentworth Centre, le 20 avril.

Un enquêteur de la GRC inspecte des véhicules incendiés à la résidence de deux des victimes, Alanna Jenkins et Sean McLeod, à Wentworth Centre, le 20 avril.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La GRC n'a dévoilé l'identité d'aucune victime, à part son agente Heidi Stevenson. Radio-Canada et CBC s'efforcent d’identifier les victimes par le biais des familles, des amis et d’autres sources, tout en veillant à ce que les proches aient été informés avant de publier leurs noms.

Hier, lorsque j’ai offert mes sympathies aux membres de la GRC qui m'entourent, j’ai été touché d’apprendre que plusieurs d’entre eux connaissaient la gendarme Stevenson. Je sais qu’elle était respectée et aimée de tous ceux qui l’entouraient. Ça démontre à quel point non seulement les membres de la GRC, mais tout le pays est tissé serré, a dit le premier ministre Justin Trudeau, mardi.

Cette semaine, nous sommes tous néo-écossais.

Justin Trudeau, mardi

Le massacre de Portapique remet au-devant de la scène la question du contrôle des armes à feu, et ce, même si nous ne savons toujours pas officiellement celles qu'a utilisées le tueur. En décembre dernier, le gouvernement Trudeau avait annoncé son intention d'interdire les armes d'assaut de type militaire au cours de la prochaine année.

On était à la veille d’introduire nos mesures pour restreindre les armes de style assaut au Canada quand le Parlement a été suspendu à cause de la COVID-19. On est en train de regarder quand sera le bon moment pour réintroduire ce projet de loi, a dit le premier ministre, mardi.

Un policier et un militaire en pleine conversation dehors à côté d'une voiture de police.

L'armée vient en renfort aux policiers de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Une enquête difficile

L'enquête qui déterminera ce qui s'est réellement passé en Nouvelle-Écosse est complexe, comme on peut l'imaginer. Différentes équipes sont mobilisées, chacune affectée à un volet spécifique, dont le principal est de déterminer les motivations du tueur, a affirmé le chef des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse, Chris Leather.

On parle notamment de recherches sur le terrain et d'analyses des activités du tueur sur Internet.

Mardi, les Forces armées canadiennes (FAC) ont confirmé qu'elles prêtaient main-forte à la GRC dans l'enquête, notamment en fournissant du matériel qui sera utilisé dans les 16 différentes scènes de crime.

Les seules troupes sur le terrain sont quelques soldats qui livreront et surveilleront de l’équipement : des tentes, des tables et des chaises, principalement, a précisé un porte-parole des FAC, Jamie Tobin.

Toujours mardi, l’Équipe d'intervention en cas d'incident grave (SIRT) de la Nouvelle-Écosse, qui agit un peu comme la police des services policiers, a confirmé enquêter sur deux affaires dans ce dossier, notamment sur la façon dont est mort le suspect.

Le fait que la SIRT participe ne veut pas dire qu'un policier a commis un acte illégal, a précisé son directeur par intérim, Pat Curran, qui s'est montré avare de commentaires.

Nous avons des enquêteurs à l'oeuvre dans ces deux affaires, qui recueillent des preuves et des informations, a-t-il ajouté.

Mardi, on cherchait entre autres à déterminer si d'autres personnes ont pu aider le tueur.

Des questions sur le système d'alerte

Dimanche, alors que se déroulaient les tragiques événements, les forces de l'ordre ont publié de nombreuses mises à jour sur Twitter, en direct. Jamais, par contre, n'ont-elles fait appel au système provincial d'alerte d’urgence.

Pourtant, ce système, qui alerte les citoyens par le biais de la télévision, de la radio et des téléphones connectés à la technologie LTE, avait été utilisé récemment pour rappeler les consignes de distanciation physique en place.

Pour le deuxième jour de suite, mardi, le premier ministre McNeil a indiqué que la GRC n'a pas demandé à utiliser le système. C’est la question de tous les Néo-Écossais. J’ai fait une évaluation interne et on était prêt [à l'utiliser]. Il faut demander à la GRC pourquoi elle ne l'a pas fait, a-t-il déclaré.

Avec la collaboration de Marie-Ève Arsenault

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