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Tuerie en Nouvelle-Écosse : ce qu’on sait jusqu’à maintenant

Deux jours après la pire tuerie de l’histoire moderne du Canada, plusieurs questions restent sans réponses. Voici toutefois ce que nous savons jusqu’à maintenant du drame au cours duquel la vie de 22 innocents a été enlevée, laissant dans le deuil tout un pays.

Des gens se recueillent devant un mémorial.

Des gens se recueillent devant un mémorial dédié à la constable Heidi Stevenson, devant le quartier général de la GRC, le 20 avril 2020.

Photo : La Presse canadienne / Riley Smith

Un scénario sorti tout droit d’un film d’horreur. Un tireur fou à bord d’une copie de voiture de patrouille vêtu d’un uniforme de police a assassiné au moins 22 personnes dans une cavale de plus de 90 kilomètres en Nouvelle-Écosse ce week-end.

Les événements ont débuté le samedi 18 avril vers 23 h 30 à Portapique, un petit village rural d’une centaine d’habitants du nord-ouest de la province. Ils se sont terminés le lendemain vers midi avec l’arrestation puis la mort du meurtrier dans une station d’essence à Enfield, à 90 kilomètres au sud en direction d'Halifax.

Le tueur a laissé derrière lui 16 scènes de crime, dont 5 résidences incendiées.

La GRC n'a identifié aucune victime, à part son agente Heidi Stevenson, mais Radio-Canada et CBC s'efforcent d’identifier les victimes par le biais des familles, des amis et d’autres sources.

Montage des 12 photosAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Douze des 18 victimes de la tuerie de Portapique.

Photo : Radio-Canada

On peut notamment compter une agente de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), une enseignante, deux infirmières, deux agents correctionnels et plusieurs résidents qui étaient au « mauvais endroit, au mauvais moment ».

Un geste planifié

Le tireur connaissait certaines de ses victimes, mais d’autres non. D’après les hypothèses de Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire de la GRC à la retraite, l’individu a « planifié ses actions sur une longue période de temps ».

Il est dans son bureau.

Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire de la GRC à la retraite, voit mal comment un individu aurait pu improviser de tels actes.

Photo : Radio-Canada

Je suis convaincu que cette tragédie était planifiée. L’individu avait ni plus ni moins utilisé un véhicule de la GRC, était habillé de façon à faire croire qu’il était en fait un policier. Il est certain que ça ne s’est pas déroulé en l’espace de 24 heures.

Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire de la GRC à la retraite

Les faits

  • Il y a au moins 22 victimes.
  • Seize scènes de crimes ont été établies, dont cinq incendies.
  • Le tireur a été abattu par la police après une cavale de 12 heures.
  • Les gestes étaient planifiés, mais certaines victimes ont été choisies au hasard.
  • Une enquête est en cours pour déterminer les motivations du tueur.
  • Une autre enquête vise à évaluer la réponse de la police.

Une enquête difficile en plusieurs volets

Il s’agit d’une enquête complexe, a affirmé le chef des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse. Chris Leather a mobilisé différentes équipes, chacune affectée à un volet de l’enquête, dont le principal objectif est de déterminer les motivations du tueur pour apporter des réponses aux familles éprouvées.

Il donne un point de presse.

Chris Leather, chef des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse

Photo : Radio-Canada

Des recherches sur le terrain, des analyses des activités du tueur sur Internet ainsi que des entrevues font partie des méthodes utilisées.

Les enquêteurs doivent brosser le profil psychologique du tueur et examiner toutes ses correspondances, l’utilisation qu’il a faite de la technologie, les recherches, pour déterminer son état d’esprit, ce qui l’a forcé à planifier d’avance une tragédie telle que celle qui a été vécue samedi soir, a expliqué M. Bourduas.

L’ancien commissaire à la retraite rappelle que l’étendue et la multiplication des scènes de crime compliquent également le travail d'enquête. Selon lui, la GRC devra faire appel à des experts de divisions avoisinantes pour reconstituer le fil des événements.

Quatre policiers derrière un véhicule, pointant leurs armes.

La traque du suspect s'est terminée en fin d'avant-midi, le 19 avril 2020, à une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

Un autre aspect de l’enquête concerne la réponse des agents, indique l’ancien sous-commissaire Pierre-Yves Bourduas. Est-ce que la GRC a été bien déployée dans les circonstances? Donc, il s’agit d’un processus d’apprentissage continu pour la GRC afin de déterminer si, oui ou non, il y aurait moyen d’améliorer la réponse policière à cette tragédie, a-t-il dit.

Le défi en région rurale

Pierre-Yves Bourduas rappelle que les policiers qui travaillent en région rurale peuvent être moins bien équipés pour affronter des situations d'une telle gravité.

Il faut comprendre qu’en région rurale, un patrouilleur va répondre immédiatement à un appel 911, mais le renfort qui va venir le supporter, dans la réponse immédiate, est quelques fois à des kilomètres, a observé M. Bourduas.

Je crois que la GRC a fait le travail qui devait être fait selon les circonstances, a-t-il ajouté, soulignant les efforts des forces de l’ordre à communiquer en temps réel sur Twitter. Il pondère toutefois ses propos, remettant en question l’absence d’une alerte d’urgence.

Le premier ministre est devant des drapeaux de la Nouvelle-Écosse.

Stephen McNeil estime que l'heure n'est pas au reproche.

Photo :  CBC

Je pense que si nous avons dans notre boîte à outils un type d’alerte comme l’alerte Amber, qui avertit les gens immédiatement, bien pourquoi ne pas utiliser cet outil-là. Ça va être à la GRC de dire pourquoi cet outil n’a pas été aussi utilisé que Twitter, a-t-il indiqué.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a expliqué que le système d'alerte en cas d'urgence n'avait pas été utilisé pour mettre en garde les citoyens contre un tireur actif parce que la demande n'en avait pas été faite.

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