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« C'est pour nous contrôler », dénoncent des opposants américains au confinement

Aux États-Unis, des manifestants, encouragés par le président Donald Trump, réclament la fin des mesures de confinement dans plusieurs États.

Des gens manifestent contre le confinement.

Des manifestants contre les mesures de confinement ont manifesté le 20 avril 2020 devant le Capitole de l'État de la Pennsylvanie, à Harrisburg.

Photo : Reuters / RACHEL WISNIEWSKI

Devant la législature de la Pennsylvanie, la manifestation, organisée lundi midi, a des airs de rassemblement politique de Donald Trump. Dans la foule, on aperçoit plusieurs drapeaux et affiches appelant à sa réélection plus tard cette année.

Les haut-parleurs diffusent même la chanson sur laquelle le président entre sur scène dans ses événements de campagne.

Défiant la politique de la Pennsylvanie qui leur demande de rester à la maison, les manifestants se sont rassemblés dans la capitale pour exiger que leur gouverneur démocrate « rouvre l’État ».

Il fait des signes de la main.

Un policier masqué devant des manifestants contre le confinement.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

On peut le faire de manière sécuritaire, explique Jeb, qui suggère que les personnes vulnérables restent chez elle pendant que les autres résidents de l’État reprennent le travail.

Pour d’autres manifestants présents à Harrisburg, les mesures de confinement en place depuis plus d’un mois sont tout simplement inutiles.

D’ailleurs devant le Capitole d’État, ils étaient des centaines de personnes à s’entasser, défiant la consigne du gouvernement fédéral américain de ne pas tenir des rassemblements de plus de 10 personnes.

Elle déploie une pancarte sur laquelle on peut lire « COVID = control ».

Une manifestante à Harrisburg, en Pennsylvanie

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Ce n’est pas pour protéger les gens, c’est pour contrôler les gens, soutient un manifestant. Non loin de lui, on peut lire Covid = Contrôle sur une affiche. Certains protestataires affirment qu’en cette période de crise, leurs droits constitutionnels, notamment celui de se rassembler, sont brimés.

Parmi les manifestants venus dénoncer une trop grande emprise du gouvernement, certains se présentent devant la législature, armes semi-automatiques à la main.

L’un des organisateurs de l'événement est d’ailleurs un militant en faveur du port d’armes basé dans l’État voisin de l’Ohio, qui, avec ses frères, est derrière plusieurs manifestations semblables dans d’autres États.

Ils portent des armes.

Des manifestants armés devant la législature de la Pennsylvanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Des impacts économiques de plus en plus présents

Aux États-Unis, la COVID-19 a causé plus de 40 000 morts, dont plus de 1300 en Pennsylvanie. Des données que Diane, rencontrée à la manifestation, remet en doute. Elle affirme être encore persuadée que la grippe saisonnière est plus meurtrière que le coronavirus.

Donnez-moi les chiffres qui justifient que je doive perdre mon entreprise.

Diane, une manifestante

Dans la foule, un homme détonne. Daniel, contrairement à bien des manifestants porte un masque et des gants. Il présente une affiche sur laquelle on peut lire : Restez chez vous, je ne veux pas que vous mouriez.

Un homme tient une pancarte devant la législature d'État de la Pennsylvanie.

Un contre-manifestant demande aux gens de rentrer chez eux.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Regardez la taille de cette foule et le nombre de personnes sans masque. Dans deux semaines, on apprendra que c’était un foyer d’infection, affirme-t-il.

Selon la firme Pew, malgré les appels au déconfinement, 66 % des Américains craignent une levée hâtive des mesures en place dans les États. Daniel est du nombre, bien qu’il assure comprendre la frustration et la détresse des gens qui veulent recommencer à travailler.

En Pennsylvanie, depuis un mois, près d’un million et demi d'habitants ont soumis des demandes d’assurance-emploi. C’est plus de 10 % de la population de l’État.

Quelques personnes marchent sur un trottoir du centre-ville de Harrisburg.

L'activité économique est réduite à Harrisburg, en Pennsylvanie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Sans participer au mouvement de protestation, le restaurateur de Harrisburg Bryan Furtenbaugh croit aussi qu’il faut relancer une partie des activités. Son établissement, situé à deux pas de la législature, a perdu 90 % de ses revenus et 75 % de ses employés.

L’entrepreneur imagine déjà une réouverture partielle, qui serait marquée par l’utilisation de désinfectant, puis le port de gants et de masques pour le personnel.

Des employés dans une cuisine de restaurant

Il ne reste que quelques employés au Café Fresco, au centre-ville de Harrisburg.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

En Pennsylvanie, comme dans plusieurs autres États, le gouverneur Tom Wolf aborde la question de la relance des activités économiques avec prudence. Ce n’est pas le temps d’être impulsif ou émotif, disait-il la semaine dernière, évoquant le besoin de bien dépister pour limiter la propagation du virus.

Hier, il a opposé son veto sur un projet de loi proposé par la majorité républicaine à la législature d’État qui aurait autorisé la relance d’une partie des activités. Lundi, le gouverneur a également annoncé le prolongement des mesures de confinement jusqu’au 8 mai.

Sauver l'économie voudra aussi dire sauver des vies, lance Bryan Furtenbaugh, qui reconnaît néanmoins qu’il ne voudrait pas être à la place des élus qui devront prendre des décisions difficiles au cours des prochaines semaines.

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