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Après plus de 50 ans de recherches, il retrouve sa famille biologique en Abitibi

Jacques Proulx en compagnie d'une partie de ses frères et soeurs biologiques

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Annie-Claude Luneau

L’histoire de Jacques Proulx, un homme de 73 ans qui réside aujourd’hui en Saskatchewan, n’est pas banale. Après avoir cherché sa mère biologique pendant plus d’un demi-siècle, il a finalement appris son nom en décembre 2019, quelques mois seulement après son décès. Il ne pourra jamais rencontrer sa mère biologique, mais il a tout de même pu faire la connaissance de ses 12 frères et soeurs, qui l’ont rapidement pris en affection.

Jacques Proulx n’est qu’un enfant quand il découvre une curieuse boîte à chaussures sous le lit de ses parents, une boîte qui contient des dizaines de documents concernant son adoption.

Il ignore alors qu’il a été adopté par cette famille aimante à la fin des années 40. Jacques n’oublie jamais la boîte à chaussures et, un jour, alors qu’il a 20 ans, il décide de chercher sa mère biologique.

Il a peu d’informations, seulement son acte de naissance : il est né en juin 1946 à Saint-Félix-de-Dalquier, en Abitibi.

Une photocopie d'un certificat de naissance.

En recevant son certificat de naissance, Jacques Proulx a appris qu'il était né à Saint-Félix-de-Dalquier, en Abitibi.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Il multiplie les démarches auprès des autorités religieuses et gouvernementales sans succès.

La loi 113 à la rescousse

Les années passent et Jacques Proulx poursuit son chemin. Jusqu’à ce qu’il entende parler de l’adoption du projet de loi 113 au Québec…

Cette loi, entrée en vigueur en juin 2018, a modifié les règles de confidentialité entourant l’identité des personnes adoptées et celle des parents d'origine.

Jacques Proulx n’a jamais oublié son désir de retrouver sa mère biologique.

Il présente donc une demande au gouvernement du Québec.

Une lettre révèle l'identité de la mère d'origine de Jacques Proulx.

En recevant cette lettre, Jacques Proulx a finalement appris le nom de sa mère biologique : Yvette Sigouin.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Une lettre arrive quelques mois plus tard, avec le nom sa mère : Yvette Sigouin.

J’ai pleuré, raconte Jacques Proulx avec émotion. Ça a été très dur. Je ne voulais pas faire mal à mes frères et soeurs [adoptifs], mais j’étais content d’avoir trouvé. Ça m'a fait réellement chaud au coeur et j’étais content.

En poursuivant ses recherches, Jacques apprend que sa mère est décédée quelques mois plus tôt, en Abitibi.

Un coup de téléphone hors du commun

Il veut en savoir plus sur elle et lance plusieurs perches pour entrer en contact avec des personnes qui l’ont connue.

C’est ainsi que la fille d’Yvette Sigouin, Lyne Saint-Laurent, apprend qu’elle a un demi-frère.

Un homme accorde une entrevue à Annie-Claude Luneau, tenant ses deux soeurs par la main.

Jacques Proulx a pu retrouver ses soeurs après plusieurs années à chercher sa mère biologique, décédée en 2019.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

On ne peut pas ne pas l’appeler, raconte-t-elle. Je l’ai appelé, ça a été un beau moment. J’ai dit : “Je m’appelle Lyne Saint-Laurent, on ne se connaît pas, je suis la fille à Yvette Sigouin”. Il pleurait comme un bébé. C’était fou! C’était très très touchant.

La famille Saint-Laurent va adopter rapidement ce nouveau venu dans la famille.

Lyne m’a appelé très tôt après. Toute la gang, je pense que j’ai reçu un total de huit appels de mes frères et soeurs. J’étais surpris, je ne m’attendais pas à ça du tout, explique Jacques Proulx, encore ému quelques semaines après ces événements.

N’en fallait pas plus pour que Lyne invite Jacques à lui rendre visite en Abitibi-Témiscamingue.

Deux hommes discutent, assis à la table de la cuisine.

Jacques Proulx s'est intégré à sa nouvelle famille comme s'il en avait toujours fait partie.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Sans se faire prier, Jacques a quitté la Saskatchewan à la fin du mois de février pour venir découvrir une partie de ses racines.

Ça a été réellement beau, ça a été une rencontre exceptionnelle, raconte Jacques Proulx tout en taquinant l’aîné de ses frères. Même le petit vieux là-bas, il m’a monté de Montréal à ici à ses dépenses. Il m'attend pour me redescendre, il veut se dépêcher à me remettre sur l’avion, lance-t-il en riant.

Les moments de complicité comme ceux-là sont nombreux entre Jacques Proulx et ses frères et soeurs biologiques, qu’il ne connaît que depuis quelques semaines. Ça ne les empêche pas de se taquiner et de s’amuser ensemble.

Il est resté chez nous une journée, Jacques, c’est quasiment comme mon frère, c’est une super bonne personne, il est poli, gentil, respectueux, explique son frère Roger Saint-Laurent.

C’est magique ! C’est presque incroyable, ça ne se peut pas, cette affaire-là, tellement c’est beau.

Lyne Saint-Laurent

Lors de sa visite, quelques semaines avant les restrictions dues à la COVID-19, Jacques et Lyne ont fait analyser des échantillons de salive pour confirmer leur filiation.

Les résultats sont revenus la semaine dernière : les chances de demi-fraternité sont de 99,92 %.

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Abitibi–Témiscamingue

Famille