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Une nouvelle colonie de papillons monarques découverte au Mexique

Le papillon s'est posé sur une fleur.

Un monarque sur une asclépiade jaune

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

La planète est sur pause, mais la nature continue de nous révéler les merveilles de sa force et de sa résistance.

Le monarque, ce papillon emblématique des trois pays d’Amérique du Nord, insecte fragile et délicat, continue d’étonner.

Après qu'il a été maintes fois menacé dans sa migration et son habitat d’hiver au Mexique, dans l’État de Michoacan, les habitants des environs du volcan Nevado de Toluca, plus au sud, ont découvert une nouvelle colonie impressionnante.

Les monarques du Nevado de Toluca

Ce volcan éteint, à quelque deux heures au sud de Mexico, lieu sacré des civilisations préhispaniques, contient des trésors cachés.

Sur son versant occidental, il y a un parc naturel, le Parque nacional Nevado de Toluca (Nevado veut dire enneigé, car le sommet du cratère du volcan est souvent recouvert de neige).

La municipalité d’Amanalco, dans l’État de Mexico (à trois heures de route de Mexico), est la gardienne des sommets du parc où, ces dernières années, des monarques avaient été remarqués. Mais jamais autant que cette année.

Il s’agit d’une véritable colonie, et nous sommes parmi les premiers à l’avoir filmée, juste avant sa grande migration vers le nord, le Canada.

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Une masse de papillons a envahi la surface d'un tronc

Premières images d’une nouvelle colonie de monarques découverte au Mexique

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Il faut monter à plus de 3000 mètres d’altitude, il n’y a pas de sentier tracé, et les monarques y disposent de tellement d’espace que la colonie se déplace.

Rien ne sert de monter avant 10 h 30 du matin, parce que ce versant de la montagne est encore à l’ombre et que les monarques ne se réveillent qu’avec le soleil.

Avec nos guides, Jeronimo, directeur du centre écologique d’Amanalco, et Miguel, responsable du tourisme, nous nous sommes rendus (en fait à deux reprises, la veille au soir), en vain, là où la colonie a été vue la dernière fois.

Vers la fin de l’après-midi, nous avions vu des papillons, mais pas la colonie. Finalement, un des guides l’a repérée, juste avant que les insectes s’installent dans les arbres pour la nuit.

Ces arbres, ce sont des sapins oyamel, espèce qui ne pousse qu’au-dessus de 3000 mètres.

Les hauts fûts des arbres percent le ciel

Des sapins oyamel dans le parc touristique Corral de Piedra

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Ces géants aux maigres branches et aux fines aiguilles sont l’unique refuge d’hiver des monarques.

On dit que le tronc de ces sapins dégage de la chaleur la nuit et reste frais le jour.

Les monarques aiment se rassembler sur les troncs et en énormes grappes aux extrémités des branches, où ils vont passer la nuit.

La masse sombre se colore de l’orange de leurs ailes seulement avec le soleil. Le nouvel endroit semble leur convenir parfaitement.

Ici à Corral de Piedra, c’est une des plus grandes colonies de monarques dans le pays cette année. On parle de plus ou moins 20 millions de papillons. Ils viennent ici parce que ces forêts sont bien conservées, explique Jeronimo Vilchis, gérant du Parc écotouristique Corral de Piedra.

Ils trouvent ici tous les éléments nécessaires à leur survie. L’eau de nos nombreuses sources, les minéraux et le nectar des plantes.

Jeronimo Vilchis, gérant du Parc écotouristique Corral de Piedra

Les monarques ont pour unique nourriture trois variétés d’asclépiades : la jaune, les arbustes les plus hauts; un peu plus basse, la blanche; et au ras du sol, la mauve.

Ces plantes sont toxiques, les monarques aussi, ce qui décourage les prédateurs.

Un monarque sur une asclépiade blanche

Un monarque sur une asclépiade blanche

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Un tourisme sélect et écologique

Amanalco est une vaste municipalité, mais avec 24 000 habitants seulement, qui vivent de l’élevage et de la pisciculture : celle de la truite de toutes sortes de variétés.

Cette région magnifique possède 425 sources qui alimentent les vallées voisines et 30 % de la ville de Mexico.

Les gens vivent aussi de la forêt. Et comme elle est de propriété communale, aucun étranger ne peut venir la couper, contrairement à ce qui se passe au Michoacan.

Elle est aussi bien entretenue, car elle a, pour eux, de la valeur. Et avec les monarques, encore plus.

Pour la mairesse, pas question de tourisme de masse. Le caractère difficile d’accès du site facilitera la chose.

Ce sera un tourisme entièrement écologique, respectueux de la nature et qui aidera à la préserver. Pour tous et pendant de nombreuses décennies.

Emma Colín Guadarrama, présidente municipale, Amanalco

Les monarques ont quitté le Mexique et sont en train de remonter vers le nord.

Les Mathusalem, ceux qui ont quitté le Canada en septembre et qui ont parcouru 5000 kilomètres pour passer l’hiver au Mexique, se reproduiront dans le nord du Mexique.

Leur progéniture fera de même quelque part aux États-Unis.

C’est la troisième génération qui atteindra le Canada et qui s’y reproduira pendant l’été.

Homero Aridjis, poète, protecteur des monarques

Homero Aridjis, poète, protecteur des monarques

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Homero Aridjis, poète, protecteur des monarques

Homero Aridjis est une légende. À 80 ans, il se porte comme un charme. Je l’ai connu en 1995, quand, à la tête des écologistes du Goupe des Cent (Grupo de los Cien), il alertait les habitants de Mexico sur les effets néfastes de la pollution dans la mégalopole.

En même temps, il militait pour la création d’un sanctuaire du papillon monarque dans son État natal du Michoacan.

L’habitat hivernal du papillon dans les montagnes du Michoacan était menacé par la coupe illégale de la forêt.

Il est parvenu à créer le sanctuaire de Rosario et à y faire instaurer un système de protection qui implique les habitants dans la survie de la forêt et du monarque.

Ambassadeur du Mexique à l’UNESCO de 2007 à 2010, il a réussi, malgré la réticence des États-Unis, à faire déclarer le sanctuaire du monarque patrimoine de l’humanité.

Le phénomène des monarques est quelque chose d’épique. Il brave les orages, le vent, il arrive chaque année au Michoacan vers le jour des Morts, le 1er novembre. Quand j’étais enfant, raconte Homero Aridjis, on visitait les cimetières des villages et, entre les tombes, il y avait des monarques. On disait que c’était l’âme des morts qui reviennent sur terre sous forme de papillons. Quand je serai mort, j’espère voir dans l’au-delà un papillon monarque.

Homero Aridjis n’a pas encore vu la nouvelle colonie du Nevado de Toluca. L’année prochaine?

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