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Des surfaces autodésinfectantes fabriquées au Saguenay

Une chambre d'hôpital vide où l'on voit du revêtement d'aluminium sur les murs.

L'entreprise a développé une chambre-test entièrement équipée du matériel d'A3 Surfaces.

Photo : Courtoisie : A3 Surfaces

En nettoyant en boucle les surfaces depuis le début de la crise de la COVID-19, imaginez qu’elles se décontaminent toutes seules. Voilà le pari de l’entreprise A3 Surfaces de Saguenay qui a mis au point une technologie antimicrobienne en aluminium qui pourrait être exportée d’ici l’automne.

Maxime Dumont et Jocelyn Lambert du Cégep de Chicoutimi sont ceux qui ont eu l’idée de rendre l’aluminium autonettoyant.

Des poignées de porte aux conduits de ventilation, les équipements deviennent biocides et tuent les bactéries, explique le porte-parole et vice-président du volet santé de A3 Surfaces, le chirurgien maxillo-facial Guy Leblanc.

Selon lui, la technologie permettrait d’éviter complètement le nettoyage incessant des équipements qui sont des vecteurs de contamination.

Deux poignées et une plaque d'aluminium placées sur une tablette.

L'entreprise A3 Surfaces est en mesure de fabriquer des équipements autodésinfectants.

Photo : Radio-Canada

Donc, si une personne atteinte de la COVID-19 touchait un équipement, cette surface resterait sécuritaire pour les autres personnes qui pourraient en contact avec le même équipement par la suite.

On sait déjà que les produits qu’on utilise vont tuer le coronavirus en quelques secondes.

Guy Leblanc, chirurgien maxillo-facial et actionnaire d’A3 Surfaces

Les produits que nous utilisons ont tous déjà été homologués et sont efficaces contre la COVID-19. On est en train de faire les démarches pour faire confirmer l’efficacité de notre produit. Le problème est qu’il faut un laboratoire de niveau 4 pour faire des tests avec la souche du coronavirus et le seul est à Winnipeg et il est débordé. On cherche un autre laboratoire pour effectuer le test, souligne-t-il.

Technologie en développement

Actuellement, la technologie existante ne permet que de limiter la croissance des bactéries sur les équipements, mais pas de les tuer complètement.

Selon les tests en cours, une plaque d’aluminium traitée par A3 Surfaces et apposée sur la porte d’entrée de la bibliothèque du Cégep de Chicoutimi est encore antimicrobienne deux ans après son installation.

En plus, on a démontré qu’on est capable de recharger des surfaces avec un pulvérisateur et un linge, si elle perdait de l’efficacité, renchérit Guy Leblanc.

L’hôpital de Chicoutimi est maintenant doté d’une chambre entièrement équipée avec de l’aluminium antimicrobien pour poursuivre les tests de qualité, dès que Santé Canada donnera le feu vert.

Procédé unique

A3 Surfaces est en attente de brevet pour sa technologie qui a été développée en 2009.

Puisque l’aluminium est un métal mou à la base, il doit être durci pour devenir résistant. C’est ce qu’on appelle l’aluminium anodisé dans le langage technique.

Ce procédé couvre l’aluminium de pores microscopiques et l’objectif est de mettre à profit ces minuscules orifices.

Nous ce qu’on fait, c’est qu’on introduit un agent biocide dans les pores. Ensuite, on les colmate partiellement pour laisser échapper graduellement le produit, ce qui permet de tuer les bactéries dès qu’elles entrent en contact avec la surface, explique le Dr Guy Leblanc.

Le médecin en entrevue devant une affiche de l'entreprise A3 Surfaces.

Le Dr Guy Leblanc s'implique dans le développement des surfaces antimicrobiennes à Saguenay.

Photo : Radio-Canada

A3 Surfaces bénéficie de l’appui de Rio Tinto ainsi que de plusieurs autres partenaires d’affaires. Si le moment pour lancer un tel produit sur le marché tombe à point, les propriétaires assurent que les démarches étaient déjà très avancées.

L’entreprise planifie ouvrir une usine de fabrication de pièces dès novembre ou décembre prochain, avec l’embauche d’une vingtaine d’employés. Déjà plusieurs clients, dont des Américains, se seraient montrés intéressés.

Une autre usine pourrait aussi voir le jour dans un plus grand centre dans quelques années.

A3 Surfaces prévoit, dans un premier temps, fabriquer elle-même les produits et dans un deuxième temps, vendre des licences à d’autres fabricants pour outrepasser les difficultés du transport des marchandises.

Selon Guy Leblanc, le matériau restera suffisamment abordable pour les plus petites entreprises.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Santé publique