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« On n'a pas eu le temps de faire manger tout le monde » – une employée d'un CHSLD

Parfois seuls à leur étage, des employés ont été incapables de nourrir, de soigner et de laver tous les résidents, cette fin de semaine, au CHSLD Laurendeau.

Une employée à la fenêtre d'un hôpital.

Le Québec a continué d'accumuler les malades et les décès dimanche.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les derniers jours ont été très difficiles au CHSLD Laurendeau, dans le nord de Montréal, malgré l'ajout de personnel en renfort. L'établissement est le deuxième plus touché par la COVID-19 au Québec.

« C'est le bordel », raconte une employée du CHSLD Laurendeau, qui a demandé à ce qu'on taise son nom. Samedi, les résidents n'ont pas tous mangé, parce qu'il manquait du personnel.

On n'a pas eu le temps de faire manger tout le monde, regrette-t-elle. Quand on finit la journée, on n'a pas le sentiment du devoir accompli.

En CHSLD, il est fréquent de devoir porter la nourriture à la bouche des personnes âgées, mais avec parfois un seul employé sur un étage, en plus du contexte d'infection au coronavirus de plusieurs unités, la tâche relève de l'impossible.

Quand les gens refusent de manger, habituellement on insiste, mais là, on n'a pas le temps.

Une employée du CHSLD Laurendeau.

L'établissement situé dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville comptait, en date de lundi soir, 163 cas positifs à la COVID-19 parmi les résidents, dont 34 morts, et un grand nombre d'employés absents en isolement.

Le CHSLD a déjà reçu du renfort, mais le manque de personnel est tellement criant que ça ne suffit toujours pas.

Cette fin de semaine, une infirmière s’est même retrouvée seule avec une cinquantaine de patients à son étage, dont la moitié étaient atteints de COVID-19. Des employés qui devaient arriver le matin ne se sont pas présentés pour remplacer l’équipe de nuit et il a fallu attendre que d'autres renforts arrivent.

Tous les patients n'ont pas été lavés ni changés, raconte l'employée. Pire, des médicaments importants comme de la morphine ont été administrés avec des heures de retard.

La médication du matin, supposée à 8 heures, elle n'était toujours pas finie à 14 heures.

Une employée du CHSLD Laurendeau

Deux autres sources nous ont confirmé cette désorganisation dans l'établissement. Il n'y a par exemple pas de masques N95 à la disposition des employés et ils ont failli manquer de blouses de protection durant la fin de semaine.

Nous comprenons que la situation est difficile et suscite beaucoup d'inquiétudes chez notre personnel, écrit par courriel le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

Une dizaine de médecins ont été déployés sur place pour prêter main-forte et une infirmière en prévention et contrôle des infections est au CHSLD Laurendeau à temps plein.

Emilie Jacob, porte-parole du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal

Le CIUSSS affirme disposer de « tout l’équipement nécessaire pour offrir des soins et services sécuritaires à ses usagers tout en protégeant de façon adéquate son personnel », ce que contestent depuis plusieurs jours les syndicats FIQ et CSN.

C’est bien pire que ce qu’on lit dans les médias, affirme l'employée qui s'est confiée à nous.

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