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Les partis fédéraux s'entendent pour siéger en personne une fois par semaine

Justin Trudeau parle debout en Chambre, la pièce est presque vide.

Le premier ministre Justin Trudeau, à la Chambre des communes, le lundi 20 avril 2020

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Les partis fédéraux se sont enfin entendus pour siéger en personne seulement une fois par semaine afin de respecter les directives de distanciation en temps de pandémie. Les travaux ont été levés le 13 mars dernier, mais ils ont été forcés de reprendre en Chambre lundi matin, faute de consensus sur la fréquence des périodes de questions.

Dès la semaine prochaine, les députés de la Chambre des communes siégeront donc en personne tous les mercredis, et ce, jusqu'au 25 mai. Des séances de travail virtuelles auront aussi lieu les mardis et les jeudis.

L'entente sera revue à la fin de mai, puisqu'on espère d'ici là avoir mis en place de nouvelles technologies facilitant le travail virtuel, ce qui pourrait même permettre aux députés de siéger cinq jours par semaine sans devoir se déplacer.

Le Parti libéral, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD) étaient d'accord depuis plusieurs jours pour se réunir seulement une fois par semaine aux Communes, avec un nombre réduit de députés.

De leur côté, les conservateurs ont d'abord réclamé trois périodes de questions en personne par semaine. Ils ont par la suite abaissé leurs exigences, pour n'en réclamer que deux, ce qui n'a toutefois pas contribué à dénouer l'impasse.

Le gouvernement a donc déposé une motion, à l'ouverture de la Chambre vers 11 h, pour imposer aux conservateurs l'entente déjà conclue avec le Bloc et le NPD. Les troupes d'Andrew Scheer ont présenté un amendement, qui n'a toutefois pas été adopté.

Le résultat du vote est donc tombé en fin d'après-midi, obligeant la formation conservatrice à se plier à la volonté des autres partis.

Le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, qui a déposé la motion, a justifié la procédure en soulignant que chaque réunion en personne force la présence de plus de 100 employés au Parlement, sans compter les agents de sécurité. Une situation qui va à l'encontre des recommandations de la santé publique dans le contexte de la COVID-19.

Si vous siégez deux jours [par semaine], vous doublez le risque.

Pablo Rodriguez, leader parlementaire du gouvernement

En matinée, lors de son point de presse quotidien, le premier ministre Justin Trudeau a souligné qu'il avait bon espoir d'en arriver à une entente au cours de la journée. Interrogé à plusieurs reprises sur le sujet, il a déclaré ne pas vouloir s'immiscer dans des chicanes partisanes.

Je pense que ce n’est pas quelque chose que les Canadiens veulent voir, a-t-il dit.

Dimanche, Justin Trudeau avait plutôt affirmé que la situation était « frustrante » et que les demandes des conservateurs concernant les travaux parlementaires étaient déraisonnables.

En entrevue lundi soir avec le chef d'antenne Patrice Roy, Yves-François Blanchet a indiqué que le Bloc québécois demande au gouvernement de débloquer une somme de 1 milliard spécifiquement pour les aînés. Sur les 250 milliards annoncés jusqu'à maintenant, c'est relativement peu, alors que les aînés constituent près de 20 % de la population et qu'« on n’a encore rien fait pour eux », a plaidé le chef bloquiste.

Blanchet et Scheer se renvoient la balle

Dans des points de presse tenus plus tôt en début de journée, les chefs bloquiste et conservateur, Yves-François Blanchet et Andrew Scheer, se sont renvoyé la balle sur leurs responsabilités respectives dans cette affaire.

Le premier a accusé le second de se livrer à une prise d'otage des institutions parlementaires à des fins partisanes, une approche d'une grande insensibilité face à la situation actuelle.

Il a dit croire que la situation éclaboussait tous les politiciens à Ottawa. Ça envoie un message qu'on est un peu déconnectés, s'est-il désolé.

Les "tataouinages" de parlementaires, qui se parlent de parlementaires, entre parlementaires, sur leurs "bébelles" de parlementaires, je pense que ça n’intéresse pas beaucoup le proverbial "vrai monde", a tonné M. Blanchet.

On ne portera pas attention au "criage", aux insultes et au "donnage" de coups de poing sur les bureaux, et on va essayer de faire progresser les choses au bénéfice des aînés, de la science, dont on a gravement besoin maintenant, et des étudiants.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Je crois que M. Blanchet a mal compris le rôle d’un député de l’opposition, a pour sa part rétorqué M. Scheer. C’est le rôle de l’opposition d’assurer qu’il y a de la transparence et de la responsabilisation. C’est notre job.

M. Trudeau n’a pas besoin d’un autre cheerleader. Les Canadiens […] ont besoin de députés qui font leur job, qui s’assurent que les projets de loi, les programmes sont là pour les Canadiens, a-t-il ajouté.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a quant à lui confirmé que son parti appuie l'idée de siéger aux Communes une fois par semaine.

Des condoléances pour les victimes de la tuerie

Habituellement consacrée à la crise de la COVID-19 qui secoue durement l'économie du pays, la conférence de presse du premier ministre a plutôt presque totalement porté sur la tuerie survenue en fin de semaine en Nouvelle-Écosse.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Aux grands-parents qui ont perdu un enfant, aux enfants qui ont perdu un parent, aux voisins qui ont perdu des amis, mes pensées et les pensées de tous les Canadiens vous accompagnent.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Une telle tragédie n’aurait jamais dû se produire. La violence n’a jamais sa place dans notre pays. Nous partageons votre deuil, a-t-il ajouté.

« L’enquête est toujours en cours, mais je peux vous assurer que la GRC et les autorités locales vont vous garder au courant des derniers développements », a aussi dit le premier ministre.

Avec les informations de La Presse canadienne

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