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Les universités manitobaines menacées par une baisse de 30 % de leur budget

Devanture d'un bâtiment de l'Université du Manitoba.

La Fédération des associations de professeurs universitaires du Manitoba condamne ces compressions dites « draconiennes ».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les universités du Manitoba doivent trouver une façon de réduire jusqu'à 30 % de leur budget durant les quatre prochains mois, à la demande du gouvernement manitobain, afin de faire face à la crise économique.

Les établissements ont jusqu’à mardi pour préparer différents scénarios selon des baisses des fonds de 10 %, de 20 % et de 30 %, en réduisant leurs effectifs ou d’autres dépenses.

L’Université du Manitoba, la plus grande de la province, dit « explorer toutes les options » et répondra à la province d’ici mardi, indique le vice-président des relations externes, John Kearsey.

Ces compressions seront difficiles, déplore Chris Minaker, qui est agent de la haute direction en mobilisation externe de l’Université de Winnipeg. Il reconnaît que la province doit faire face à une situation sans précédent.

Nous savons que nous devons contribuer. Mais c'est difficile de faire des réductions à un moment où la demande de nos services augmente, dit-il.

Des gens croient que, depuis la fermeture du campus, nous avons moins besoin d’employés et de matériel, mais ce n’est pas nécessairement vrai. Nous sommes plus occupés que jamais.

Chris Minaker, agent de la haute direction en mobilisation externe, Université de Winnipeg

À l’heure actuelle, les universités manitobaines doivent mettre en place des examens en ligne et aider leurs étudiants à terminer leur session d’hiver, tout en préparant les programmes de printemps et d’automne.

Nous ne savons pas ce qui se passera à l'automne. Nous espérons un retour dans les salles de classe, mais ce sera peut-être une situation hybride, avec des cours en ligne et des cours donnés à de plus petits groupes d'étudiants, dit Chris Minaker.

L'Université de Brandon a de son côté déjà effectué de nombreuses mises à pied. Elle encourage d’autres employés à prendre des congés non payés, soutient le responsable des communications, Grant Hamilton.

Un plan « draconien »

La Fédération des associations de professeurs universitaires du Manitoba condamne ces compressions, qui pourraient, selon elle, causer des dommages permanents aux universités de la province.

Ces établissements ont mis des décennies à se construire, affirme le président de la fédération et professeur en biologie de l’Université de Winnipeg, Scott Forbes. Si on congédie un grand nombre de gens, il faudra encore des décennies pour s'en remettre.

L’Université de Brandon peinant déjà à joindre les deux bouts, même une baisse de 10 % du budget pourrait être brutale, ajoute Scott Forbes.

Grant Hamilton assure que la fermeture de l’Université dans l'ouest de la province n’est pas envisagée pour autant.

Les étudiants, l’avenir de la société

Scott Forbes considère que ces compressions arrivent au pire moment pour les étudiants, qui auront déjà moins de cours offerts au printemps.

Les universités sont des refuges pendant les crises économiques, dit-il. Les taux d’inscriptions augmentent quand il y a plus de chômage. Ce que M. Pallister [le premier ministre] propose, c’est de démolir ces refuges.

Chris Minaker ajoute pour sa part que la province aura besoin de travailleurs instruits pour relancer l’économie après la pandémie.

C’est le moment de miser davantage sur l’éducation, conclut-il.

Avec les informations de Bartley Kives

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