•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tuerie en Nouvelle-Écosse : au moins 18 victimes et « peut-être plus encore »

Des gens se recueillent devant un mémorial.

Des gens se recueillent devant un mémorial dédié à la constable Heidi Stevenson, devant le quartier général de la GRC, le 20 avril 2020.

Photo : La Presse canadienne / Riley Smith

Radio-Canada

Le bilan de la pire tuerie de l'histoire du Canada, survenue au cours de la fin de semaine dans le nord de la Nouvelle-Écosse, fait maintenant état de 18 morts, en plus du tireur. La Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui poursuit son enquête, a prévenu lundi que les nombreuses scènes de crime pourraient mener à la découverte d'autres victimes.

Au total, la GRC a identifié au moins 16 scènes de crime, qui incluent des incendies, dans la petite communauté de Portapique et ailleurs dans le centre de la province.

Nous pensons avoir identifié toutes les scènes de crime, mais nous n’avons pas pu tout examiner, car, par exemple, il y a cinq incendies de structures. La plupart de ces structures sont des résidences, a expliqué Chris Leather, chef des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse.

Cette multiplication des scènes de crime fait craindre aux autorités un bilan encore plus lourd que celui annoncé lundi.

Nous pensons qu’il y a possiblement des victimes dans ces maisons brûlées. Cette partie de l’enquête continue.

Chris Leather, chef des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse

Nous en sommes au début de cette enquête très complexe. Nous continuons à chercher des réponses. Nous avons des équipes qui se chargent des différents processus de l'enquête : entrevue, travail analytique et recherches sur les propriétés du suspect, a indiqué le chef des opérations criminelles.

Chris Leather, chef des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse, lors du point de presse du lundi 20 avril sur l'enquête de la tuerie de Portapique.

Selon Chris Leather, chef des opérations criminelles de la GRC en Nouvelle-Écosse, certaines victimes étaient connues du tireur, d'autres lui étaient inconnues.

Photo : Radio-Canada

Les autorités s'intéressent tout particulièrement au fait que le tireur ait eu accès à une copie d'une voiture de patrouille ainsi qu'à un uniforme identique à ceux que portent les agents de la GRC.

[C]ette fausse voiture de police a été découverte tôt le matin et retrouvée sur une scène de crime qui impliquait la constable Heidi [Stevenson]. En ce qui concerne l’uniforme de police, nous ne connaissons pas l’origine. Nous pensons que c’était soit un vrai uniforme ou soit une bonne reproduction. Nous n’avons pas tous les éléments de l'enquête encore, a affirmé Chris Leather.

L'agente de la GRC Heidi Stevenson, qui cumulait 23 ans de service, figure parmi les 18 personnes qui ont perdu la vie. Un autre policier, le constable Chad Morrison, a été blessé par balle, mais on ne craint pas pour sa vie. Ce vétéran qui compte 11 ans de service au sein de la GRC récupère chez lui, s'est réjoui Chris Leather.

Le constable Chad Morrison accompagné d'une femme qui l'enlace.

Le constable Chad Morrison, qui a été blessé par balle, a obtenu son congé de l'hôpital.

Photo : Facebook / Roger Morrison

Pour tous ceux qui s'inquiètent pour moi, ce n'est pas nécessaire. Je vais bien et je suis entourée d'amour. Je me considère extrêmement chanceux d'être en vie en ce moment, et je suis reconnaissant pour tout ce que j'ai, a écrit Chad Morrison dans une publication sur Facebook. À toutes les autres victimes et à leurs familles, y compris la famille de Heidi Stevenson, je présente mes condoléances les plus sincères. Ma famille et moi vous aurons dans nos pensées.

M. Leather a noté que les meurtres semblaient être, au moins en partie, de nature très aléatoire. Certaines des victimes étaient connues du tueur alors que d'autres ne l'étaient pas. On sait maintenant que le tueur a assassiné une policière de la GRC, une enseignante, deux infirmières, deux de ses voisins et deux agents correctionnels. Toutes les victimes sont des adultes.

Des fleurs devant un grillage et un drapeau du Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des fleurs ont été déposées devant le siège social de la Gendarmerie royale du Canada.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

« Merci pour ce que vous faites »

Le premier ministre Justin Trudeau a profité de sa mise à jour quotidienne sur la crise de la COVID-19, lundi, pour remercier les premiers répondants qui risquent leur vie pour protéger la population.

Vous travaillez déjà très fort à cause de la pandémie. Plus que jamais, on a besoin de vous et, par moment, c’est une responsabilité qui peut être lourde à porter, a-t-il reconnu.

Malgré des circonstances exceptionnelles, vous avez fait ce que vous avez l’habitude de faire : vous n’avez pas hésité à risquer votre vie pour sauver celle des autres. De la part de tous les Canadiens, merci.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre a également saisi l'occasion pour demander aux Canadiens d'être patients et de laisser l'enquête suivre son cours. Je sais que les gens ont des questions. L’enquête est toujours en cours, mais je peux vous assurer que la GRC et les autorités locales vont vous garder au courant des derniers développements, a-t-il précisé.

Le drapeau du Canada flotte moins haut que d'habitude.

Les drapeaux sont en berne sur les édifices du Parlement, à Ottawa, à la suite de la tuerie commise en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a également offert ses condoléances lors d'une conférence de presse pour faire le point sur la situation en après-midi lundi. Aujourd'hui, tous les Canadiens se joignent à la Nouvelle-Écosse dans ce deuil causé par des actes de violence insensés, a-t-il déclaré.

M. Blair a souligné la qualité du service des agents Stevenson et Morrison et de tous leurs collègues. Ils sont des héros tous les jours, pas seulement lors de tragédies comme celle-ci, a affirmé le ministre.

Il a par ailleurs été questionné sur l'intention de son gouvernement de procéder rapidement au dépôt d'un projet de loi sur le contrôle des armes d'assaut, tel que promis par les libéraux en campagne électorale l'automne dernier.

Nous travaillons avec diligence pour tenir cette promesse faite aux Canadiens quant à une législation pour resserrer le contrôle des armes au pays. Je pense que tout le monde est au courant du fait que les travaux ont pratiquement été interrompus au Parlement ces dernières semaines en raison de la pandémie, mais ça ne change en rien notre engagement, a-t-il affirmé, sans préciser d'échéancier.

Longue chasse à l'homme

Le tireur, identifié comme étant Gabriel Wortman, 51 ans, a été tué après que la police l'eut intercepté dans une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse. La police affirme que ce dernier ne semble pas avoir eu de complice.

Nous n'aurons jamais l'occasion d'interroger le sujet, a déclaré M. Leather. Mais nous pouvons dire que sa capacité à se déplacer dans la province sans être détecté a sûrement été grandement favorisée du fait qu'il avait un [...] véhicule qui semblait identique en tous points à une voiture de police identifiée, et qu'en plus, il portait un uniforme de police soit de très bonne fabrication, soit un véritable uniforme de police.

Sa mort fait actuellement l'objet d'une enquête par un groupe d'enquêteurs indépendant. Il n'était pas connu des autorités, selon la commissaire de la GRC, Brenda Lucki.

Un policier se rue vers un groupe de collègues en vêtements d'allure militaire.

Les derniers instants de la traque du tireur, le 19 avril 2020, à une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

Pendant ce temps, la GRC tente de savoir exactement comment la tuerie s'est déroulée.

Les agents disent qu'ils ont d'abord reçu samedi soir des signalements au sujet d'un homme armé dans la petite ville de Portapique, en Nouvelle-Écosse.

Les agents y ont trouvé de nombreuses personnes mortes ou blessées, à l'intérieur comme à l'extérieur d'une propriété. Mais l'inspecteur en chef Chris Leather a indiqué que lorsque la police est arrivée, le tireur avait disparu.

Une chasse à l'homme d'une durée de plusieurs heures et une poursuite policière ont suivi dans une partie de la province maritime.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a décrit le massacre comme l'un des actes de violence les plus insensés de l'histoire de notre province.

Je n'aurais jamais pensé en allant me coucher hier soir que je me lèverais en apprenant l'horrible nouvelle qu'un tireur était en fuite en Nouvelle-Écosse, a déclaré M. McNeil à Halifax dimanche.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Forces de l'ordre

Justice et faits divers