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Les préposées aux bénéficiaires ont peur de voir d'autres morts dans leurs rangs

Les collègues de la préposée aux bénéficiaires du CHSLD Grace Dart morte des suites de la COVID-19 craignent d’en voir d’autres tomber au combat.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La mort des suites de la COVID-19 de Victoria Salvan, une préposée aux bénéficiaires employée au CHSLD Grace Dart, à Montréal, sème tristesse et inquiétude parmi ses collègues, qui craignent d’en voir d’autres tomber au combat.

C’est pratiquement inévitable avec les conditions de travail. Elle devait être fatiguée, brûlée. On manque royalement de personnel. Ce n'est même plus vivable, lance Valérie Verret, qui s’est dite « dévastée » quand elle a appris la nouvelle.

Dès le début de sa carrière de 25 ans au CHSLD Grace Dart, situé dans l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Victoria Salvan a travaillé sans relâche, faisant tellement d’heures supplémentaires qu’elle dormait parfois sur place pour gagner du temps.

Elle travaillait comme une folle pour assurer une bonne éducation à ses enfants. C’était son but, indique une de ses anciennes collègues, Theresa Moye, qui l’a côtoyée au CHSLD Grace Dart pendant près de 20 ans avant de quitter l’endroit, en 2016.

En raison du manque de personnel causé par l’épidémie de COVID-19 et par la gravité de la situation au CHSLD Grace Dart, où près du quart des résidents ont été infectés par le coronavirus, Mme Salvan a encore augmenté la cadence, enchaînant quart de travail sur quart de travail dans la zone rouge de l’établissement.

La préposée de 64 ans a travaillé jusqu’au 10 avril, moment où on lui a demandé de rentrer à la maison plus tôt que d’habitude parce qu'elle faisait de la fièvre. Elle a passé le test de dépistage de la COVID-19 le 14 avril, et apprenait le lendemain qu’elle avait un résultat positif.

Un proche affirme que les autorités médicales avec qui elle a parlé lui ont dit de rester à la maison et que ses symptômes, de la fièvre et de la toux, dureraient environ deux semaines.

Elle est morte chez elle deux jours plus tard.

Elle devait prendre sa retraite dans les prochaines semaines, selon une compagne de travail.

Elle a donné sa vie à Grace Dart puis elle en est morte. C'est grave, regrette sa collègue Valérie Verret.

C’est la première [préposée aux bénéficiaires à mourir des suites de la COVID-19] au Québec, mais je ne pense pas que ce soit la dernière.

Valérie Verret, préposée aux bénéficiaires.

Mme Salvan laisse derrière elle son mari et ses deux fils, dont l’un est diplômé universitaire et l’autre étudie à l’Université Concordia.

Plus de mesures de protection demandées

Les autres préposées aux bénéficiaires du CHSLD Grace Dart se demandent maintenant si on leur fournit des mesures de protection adéquates.

Plusieurs se plaignent notamment de ne pas avoir accès aux masques N95 et font remarquer qu’on en connaît encore fort peu sur la maladie.

Mais le CIUSSS de l'Ouest-de-l’Île-de-Montréal, dont relève le CHSLD, assure qu’il fournit à tous ses employés l’équipement requis, dont des gants, des masques de procédure et des visières.

Il note aussi que tous les employés de l’établissement seront testés pour la COVID-19 lundi, et que tous ceux qui ressentaient des symptômes ont été placés en isolation.

Sur les 2000 préposés aux bénéficiaires du CIUSSS de l'Ouest-de-l’Île-de-Montréal, près de 100 sont atteints de la COVID-19.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau et de CBC

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