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La relance de l’économie passe par l’environnement, plaident organismes et experts

Un arbre devant un lac.

Des experts et des organismes demandent à Québec de prendre en compte l'environnement dans le plan de relance économique de la province.

Photo : Radio-Canada

Thomas Deshaies

Des experts constatent que les mesures de confinement ont eu des impacts positifs sur l'environnement, mais une fois le déconfinement entamé, est-ce que tous ces effets seront anéantis par la reprise de l'économie? Des groupes environnementaux s'en inquiètent et espèrent que le gouvernement fera les bons choix.

L’entrepreneur sherbrookois Mathieu Chagnon qui développe des technologies dans le domaine des panneaux solaires espère que la volonté du gouvernement de lutter contre les changements climatiques ne sera pas ébranlée par la pandémie. Dans un premier temps, c’est normal de revenir à nos bonnes vieilles habitudes parce qu’elles sont réconfortantes , souligne Mathieu Chagnon, directeur de l’entreprise Rakam.

On a passé l’époque ou c’était l’environnement d’un côté et l’économie de l’autre.

Une citation de :Mathieu Chagnon, directeur de Rackam

M. Chagnon estime que tout comme la pandémie actuelle, les changements climatiques peuvent avoir des impacts majeurs sur la santé et l’économie. Il faut avoir une pensée à long terme , plaide-t-il.

Les États investiront massivement pour la relance économique

Selon le professeur en économie de l’Environnement à l’Université de Sherbrooke, Alain Webster, les gouvernements s’apprêtent à investir comme jamais pour la relance de l’économie. Les gouvernements vont faire les plus gros investissements publics depuis des décennies, de l’histoire probablement québécoise et canadienne, tranche-t-il.

Les gouvernements vont investir massivement pour relancer les économies et c’est là qu'il faut faire les bons choix, parce qu’on ne recommencera pas dans trois ou quatre ans.

Une citation de :Alain Webster, professeur en science de l’économie

Un investissement d’une telle ampleur par les États n’est pas près de se reproduire à court terme, selon Alain Webster, d’où l’importance d'avoir une vision à long terme et de miser sur l’innovation. Et surtout ne pas nous enfermer dans une stratégie économique, encore tributaire de l’énergie fossile. Parce qu’en faisant cela, on rate cette transition en matière climatique et il n’y aura pas une deuxième occasion, souligne-t-il.

Continuer d’avancer

Certains groupes craignent également que le gouvernement assouplisse à outrance les règles assurant la protection de l’environnement, pour favoriser la relance.

Une vue aérienne de Sherbrooke.

La qualité de l'air s'est améliorée dans plusieurs pays en raison du confinement lié à la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

La directrice du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie, Jacinthe Caron, se montre toutefois optimiste. Les groupes environnementaux vont être présents pour remettre de l’avant l’importance de protéger nos acquis, de protéger l’environnement, souligne-t-elle.

Elle souhaite que le gouvernement poursuive son travail, notamment pour favoriser la mobilité durable, améliorer le système de recyclage et le développement les plans de protection de milieux humides. On a de belles bases, tranche-t-elle. Je suis assez positive qu’ils vont se relancer en même temps que la reprise économique.

114 milliards en soins de santé, en raison de la pollution

Selon le cardiologue François Reeves, investir dans l’environnement, c’est aussi investir pour la santé publique. L’Organisation mondiale de la santé reconnait que la pollution atmosphérique est le premier tueur de la planète avec de 8 à 9 millions de décès prématurés tous les ans et ça, c’est plus que le sida, l’Ebola, le VIH, la COVID et toutes les guerres réunies , souligne Dr. Reeves.

Selon Santé Canada, en 2019, les provinces et territoires ont dépensé 114 milliards de dollars en soin de santé pour des complications liées à la pollution atmosphérique.

On a vu des villes, en l’espace de 15 ans, où l’espérance de vie a augmenté de 4 à 5 ans, simplement en raison de la [diminution de la] pollution atmosphérique.

Une citation de :François Reeves, cardiologue

Depuis le début de confinement, il y a eu une baisse draconienne de la pollution atmosphérique. Dr. Reeves estime même que cela pourrait engendrer unebaisse mortalité due à la pollution atmosphérique . Ça ferait un argument encore plus puissant pour abaisser l’utilisation des combustibles fossiles en faveur des énergies vertes , souligne Dr. Reeves.

Les organismes environnementaux attendent donc avec impatience le plan du gouvernement, un plan qu’ils espèrent vert.

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