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Décès d’une préposée aux bénéficiaires : « On n’est pas invincibles »

Une femme manipule des serviettes dans le couloir d'un établissement de santé.

Une préposée aux bénéficiaires au travail dans un CHSLD

Photo : Radio-Canada / Claudie Simard

Le décès d’une préposée aux bénéficiaires des suites de la COVID-19 est un triste rappel des dangers qui guettent les employés du réseau de la santé.

Le président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale (CSN), Richard Boissinot, explique que les professionnels de la santé, tout en étant conscients des risques auxquels ils s’exposent, développent parfois un sentiment d’invincibilité lorsqu’ils aident des gens plus démunis.

Malgré les équipements de protection individuelle et les mesures de prévention, le risque zéro n’existe pas, d’où l’importance de ne pas baisser la garde, insiste M. Boissinot. L’annonce de la mort d’une employée du CHSLD Grace Dart, à Montréal, tend à lui donner raison.

Avec ces événements-là, on apprend que non, on n'est pas invincibles, on est humains et oui, ça peut nous arriver. Donc, il faut vraiment qu'on soit vigilants et prudents, indique le président du syndicat.

Richard Boissinot accorde une entrevue à l'extérieur d'un établissement de santé de Québec.

Richard Boissinot, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale (CSN)

Photo : Radio-Canada

Dimanche, on rapportait 83 travailleurs de la santé ayant contracté la COVID-19 dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches.

Si le portrait est moins sombre qu’à Montréal, il ne s’agit pas d’une raison pour ne pas chercher à en faire davantage pour contenir la maladie, affirme Richard Boissinot.

C'est très triste ce qui se passe à Montréal et on ne veut pas que ça se produise ici. Donc, il faut vraiment être sérieux dans nos interventions.

Richard Boissinot, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale (CSN)
La COVID-19 dans la grande région de Québec

Des soldats « vont tomber au combat »

Parmi les employés du réseau de la santé infectés à la COVID-19 dans la région de la Capitale-Nationale, une douzaine travaillent au Manoir de Courville, une résidence privée pour aînés située dans l’arrondissement Beauport.

Alain Bertrand, directeur général du Groupe Ébèn, propriétaire du Manoir, affirme que les travailleurs malades récupèrent bien, tout comme les résidents qui ont été déclarés positifs.

Il est toutefois conscient des risques qui pèsent sur les employés du réseau de la santé en temps de pandémie.

C'est bien triste, mais c'est certain qu'il y a des soldats qui vont tomber au combat, prévient le gestionnaire.

Alain Bertrand accorde une entrevue à Radio-Canada via Skype.

Le directeur général du Groupe Ébèn, Alain Bertrand

Photo : Radio-Canada

Malgré les dangers qu’ils encourent et l’annonce d’un premier décès, Richard Boissinot est persuadé que ses membres vont continuer d’aller au front.

Les gens qui travaillent aux soins, peu importe le type d'emploi, ont une flamme quelque part. Oui, il y a un danger, il y a même un danger pour notre vie, mais on ne lâchera pas. Les gens ne lâcheront pas, puis ils vont être présents, assure le dirigeant syndical.

Des travailleurs « courageux »

Le président du Conseil provincial des affaires sociales, qui représentait la préposée aux bénéficiaires qui a succombé à la COVID-19, abonde dans le même sens.

C’est sûr que les travailleurs ont une crainte, mais ce sont des gens qui sont courageux, qui rentrent au travail malgré leurs craintes, soutient Frédéric Brisson.

Il ajoute que l’inquiétude serait moins grande si ses membres pouvaient avoir accès en tout temps aux meilleurs équipements de protection, à commencer par les fameux masques N95.

Même si [le directeur national de la santé publique] le Dr Arruda, dit que parfois qu’on n’a pas besoin d’un masque, les travailleurs se sentent rassurés de porter un masque et surtout un masque N95 et ce sont ceux-là qui sont difficiles à avoir, rappelle Frédéric Brisson.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier

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