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Tests de dépistage : le ton monte entre le gouvernement et les États américains

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Donald Trump, en conférence de presse, tient un écouvillon dans sa main.

Le reportage de Raphaël Bouvier-Auclair.

Photo : Getty Images / Tasos Katopodis

Radio-Canada

Le ton monte entre l'administration de Donald Trump et les gouverneurs, qui se renvoient la balle à propos de la capacité des États à effectuer des tests pour détecter la COVID-19. Pendant que le président et son équipe clament que ces derniers disposent d'un nombre suffisant de tests, les gouverneurs démentent l’affirmation.

Le vice-président Mike Pence a cassé du sucre sur le dos des États, dimanche, sur Fox News. Même si nous faisons désormais 150 000 tests par jour, si les États activaient tous les laboratoires présents chez eux, nous pourrions plus que doubler ce nombre du jour au lendemain.

Mike Pence, qui est à la tête de la cellule de crise de la Maison-Blanche concernant la COVID-19, a précisé que les tests étaient gérés par les États, mais soutenus par le gouvernement fédéral.

Il y a une quantité suffisante de tests dans le pays aujourd'hui pour que n'importe quel État puisse entrer dans la phase 1 de réouverture de l'économie, a-t-il ajouté.

Parmi les étapes recommandées par la Maison-Blanche pour que les États décident de lever progressivement le confinement sur leur territoire, la première, à laquelle le vice-président fait référence, prévoit la réouverture partielle de certains commerces à condition, entre autres, que les autorités puissent dépister à grande échelle les nouveaux cas de coronavirus. L'objectif est d'éviter qu'un déconfinement provoque une deuxième vague de contamination.

« Nous sommes ici pour aider »

Le vice-président Mike Pence a réitéré dimanche soir, lors du point de presse quotidien de la Maison-Blanche, qu’il y a assez de tests pour permettre à tout État qui remplit tous les autres critères de passer à la première phase du plan de relance.

Il a indiqué que 4 millions de tests ont été effectués jusqu’à maintenant au pays et croit que, d’ici la fin du mois, ce nombre dépassera 5 millions.

Il donne une conférence de presse à la Maison-Blanche.

Mike Pence

Photo : Getty Images / Tasos Katopodis

Il a adopté un discours plus rassembleur qu’en début de journée en indiquant qu’il discutera lundi avec les gouverneurs des États et territoires de tous les tests et équipements qui sont à leur disposition partout dans le pays.

Nous fournirons aux gouverneurs et aux responsables de la santé des États des informations précises sur tous les laboratoires dans leur État où l’on peut faire des tests et nous les informerons aussi de nos efforts pour déterminer les équipements qui sont disponibles, de même que nos efforts pour nous assurer que ce matériel se trouve dans ces laboratoires en fonction des besoins, a souligné le vice-président.

« Le manque de tests est le problème numéro un »

Plus tôt dans la journée sur CNN, le gouverneur démocrate de la Virginie, Ralph Northam, avait qualifié de « délirantes » et « d'irresponsables » les déclarations du gouvernement quant au nombre de trousses de tests disponibles.

Il nous a été demandé, en tant que gouverneurs, de mener cette guerre sans le matériel dont nous avons besoin, a-t-il déclaré.

Je fais ce qu'il faut concernant les tests, s'est défendu Donald Trump dans un tweet en début d'après-midi dimanche.

Les gouverneurs doivent être capables de passer à la vitesse supérieure et de faire ce qu'il faut. Nous serons avec eux tout du long, a assuré le président.

La gouverneure démocrate du Michigan, Gretchen Whitmer, déplore aussi une pénurie de produits nécessaires pour réaliser des tests. Nous pourrions tripler le nombre de tests que nous réalisons par jour si nous avions les tampons [pour les prélèvements] et les produits réactifs nécessaires à l'obtention des résultats, a-t-elle dit sur CNN.

Le Michigan est seulement le dixième État pour ce qui est de la population, mais le troisième en nombre de morts du coronavirus, a-t-elle rappelé, appelant Donald Trump à utiliser une loi permettant de réquisitionner des entreprises pour fabriquer les produits manquants.

Les gouverneurs démocrates ne sont pas les seuls à ne pas s’entendre avec Trump : le gouverneur républicain modéré du Maryland, Larry Hogan, a déploré sur CNN que le manque de tests est le problème numéro un des États-Unis, et ce depuis le début de la crise.

Dire que les gouverneurs ont assez de tests, et qu'ils devraient juste se mettre au travail [...] est complètement faux.

Larry Hogan, gouverneur républicain du Maryland

Entente possible pour le fonds d’urgence des PME

Outre la conférence téléphonique prévue entre les gouverneurs et Mike Pence, un autre dossier qui préoccupe cette fois les petites et moyennes entreprises pourrait connaître son dénouement lundi.

Les discussions entre le gouvernement et les démocrates se poursuivent en vue de prolonger le financement d'urgence qui leur a déjà été accordé, car les 349 milliards de dollars prévus sont déjà épuisés.

Parmi les autres sujets abordés par le président Trump lors de son point de presse en soirée, il a souligné que la pandémie a fait ressortir l’importance pour les États-Unis de bénéficier de chaînes d’approvisionnement directement sur son territoire.

Il pourrait d’ailleurs invoquer une nouvelle fois le « Defense Production Act » pour assurer l’approvisionnement d’écouvillons, essentiels pour les tests de COVID-19, a-t-il annoncé. Cette loi fédérale de nature exceptionnelle, normalement invoquée en temps de guerre, autorise le président américain à forcer certaines entreprises à fabriquer des biens jugés essentiels.

Finalement, l'administratrice des services Medicare et Medicaid au sein de l'administration Trump, Seema Verma, a annoncé que la Maison-Blanche exige dorénavant de tous les centres d’hébergement qu’ils signalent tout nouveau cas de COVID-19 aux patients d’une résidence touchée, de même qu’aux familles des patients et aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Plus de 40 000 morts

Les États-Unis ont franchi dimanche la barre des 40 000 morts, avec les 1250 nouveaux décès enregistrés depuis samedi. La barre des 30 000 décès avait été passée jeudi.

Dans l’État de New York, le plus touché au pays – avec plus de 247 000 cas et plus de 18 000 morts – le pic a été dépassé et tout indique à ce stade que nous sommes dans une phase descendante, a indiqué le gouverneur Andrew Cuomo en point de presse dimanche.

La poursuite de cette descente dépendra de ce que nous ferons, a-t-il souligné. Les mesures de confinement dans l’État ont été récemment prolongées jusqu'au 15 mai, au moment même où la pression se fait sentir dans d’autres États pour relâcher les règles de confinement et relancer l’activité économique. La pression est forte, le chômage explose.

Le gouverneur démocrate de l'État de Washington, Jay Inslee, a d’ailleurs déploré sur ABC la « schizophrénie » des messages envoyés par le gouvernement fédéral à ce sujet dans les derniers jours.

Avoir un président qui encourage à violer la loi, je n'ai jamais vu cela aux États-Unis. Et c'est dangereux, a-t-il affirmé, en faisant référence à l’appui que Donald Trump a apporté vendredi à des manifestations anticonfinement organisées dans trois États démocrates, soit le Michigan, le Minnesota et la Virginie.

La plupart des rassemblements se sont limités à quelques centaines de personnes. L'un d'eux, dimanche à Chicago, a même fait un flop, avec à peine trois voitures de manifestants. Seule celle de mercredi à Lansing, dans le Michigan, a été plus imposante et a réuni quelque 3000 personnes.

Samedi, de nouvelles manifestations réclamant la fin du confinement ont eu lieu du New Hampshire à la Californie, en passant par le Texas, le Maryland ou l'Ohio.

Une fois de plus, dimanche, Donald Trump a affirmé pendant sa conférence de presse que les citoyens qui sentent le besoin de manifester ont le droit de le faire, écorchant au passage « certains gouverneurs » qui ont été trop loin en prenant des mesures pour resserrer le port d’armes dans leur État. En fin de compte, cela n’aura pas d’importance, selon le président, car les États commencent à rouvrir.

Avec les informations de Agence France-Presse

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