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Trudeau exaspéré par l'absence d'entente sur les travaux aux Communes

Le premier ministre Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le premier ministre Justin Trudeau a exprimé sa frustration dimanche face à l’absence d’entente avec tous les partis d’opposition concernant la réouverture du Parlement.

Lors de son point de presse quotidien, M. Trudeau a affirmé que la situation était « frustrante » et que les demandes des conservateurs concernant les travaux parlementaires étaient « déraisonnables ».

Pour moi, c’est un peu frustrant parce qu’on est en train d’entendre clairement de nos autorités, de nos experts dire qu’il faut continuer à faire des choix responsables, à limiter nos déplacements. Il me semble que c’est assez évident que le Parlement ne devrait pas revenir de la même façon qu’il était avant dès demain, a-t-il dit.

Préoccupé par le fait qu'il n'y ait pas encore d'accord, M. Trudeau reconnaît toutefois que les parlementaires ont leur rôle à jouer. On est toujours ouvert à faire fonctionner le Parlement, je pense que c’est extrêmement important. Mais il faut le faire de façon raisonnable et c’est ce qu’on est en train d’essayer de trouver, et je peux dire que la plupart des partis sont d’accord, a-t-il soutenu.

S'il n'y a toujours pas d'entente avant 11 h lundi, les partis ont confirmé qu'ils allaient siéger comme prévu, mais en nombre restreint à 32 députés.

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Une représentation du coronavirus.

Le gouvernement Trudeau prône l'ouverture d'un Parlement réduit qui siégerait une fois par semaine. Selon lui, les conservateurs n’ont pas une attitude responsable en demandant trois ou quatre séances de travaux aux Communes par semaine.

La réalité, c’est que tous les parlementaires ne peuvent pas revenir à la Chambre des communes. Il y a des gens qui habitent dans des provinces lointaines qui n’auront pas la capacité de revenir. C’est pour cela qu’on a toujours souligné à quel point c’est important d’avoir des séances virtuelles pour pouvoir amener des gens qui ont le droit de représenter leur communauté au Parlement et le faire pendant cette crise, a-t-il affirmé.

À propos des séances virtuelles, il explique : L’idée c’est que des députés à travers le pays pourraient poser des questions, faire des discours par vidéoconférence avec les mêmes droits et les mêmes capacités de parole des gens qui seraient en Chambre. Il y aurait quelques députés en Chambre. Il y aurait d’autres députés en présence virtuelle. Mais l’aspect technique et technologique doit encore être travaillé.

Scheer accuse Trudeau de mentir

Le chef conservateur Andrew Scheer accuse Justin Trudeau de mentir aux Canadiens en affirmant que sans accord, les 338 députés devront retourner au Parlement lundi.

Cela est faux et il le sait. Je dois vous dire que c’est extrêmement troublant de regarder le premier ministre dire des choses qu’il sait être fausses.

Une citation de Andrew Scheer, chef conservateur
Andrew Scheer devant des drapeaux du Canada.

Le chef conservateur Andrew Scheer réclame trois séances de travail par semaine à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Andrew Scheer rappelle qu’il suffit d’avoir seulement 20 députés aux Communes pour obtenir le quorum. Il maintient qu’une séance de travail par semaine s’avère « inacceptable ». Les parlementaires doivent pouvoir poser des questions « plus qu’une fois par semaine ». Son parti, qui réclamait initialement quatre séances en Chambre, en demande maintenant trois. Il propose de reprendre le modèle utilisé lors des deux séances d'urgence tenues ces dernières semaines.

Après un ajournement de cinq semaines, insiste M. Scheer, le Parlement doit rouvrir pour que les Canadiens sachent pourquoi des masques de protection et des blouses ont été détruits, il y a quelques mois, sans plan pour regarnir la réserve nationale? Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas imposé de restrictions aux voyageurs au début de la crise? Pourquoi le gouvernement a-t-il tardé avant de fermer les frontières?

C'est clair que le gouvernement a pris de mauvaises décisions. C'est clair qu'il change son programme jour après jour. Il n’est pas transparent.

Une citation de Andrew Scheer, chef conservateur

Il considère que les députés doivent être en mesure de faire un suivi serré concernant les mesures économiques mises sur pied par Ottawa, ainsi que le soutien aux aînés. La meilleure place pour que les élus obtiennent des réponses à ces questions est à l’intérieur de la Chambre des communes à Ottawa, tranche-t-il.

À propos des séances virtuelles, il estime que la Chambre ne peut pas attendre que la technologie soit disponible dans quelques semaines. La crise frappe les canadiens en temps réel, précise-t-il, soulignant que ces rendez-vous en ligne ne permettent pas d'avoir un grand nombre de participants et qu’il existe des problèmes de connexion à Internet en région.

Et s’il n’y a pas d’entente? L'entente originale, c'est que le Parlement siège demain. C’est dans une motion qui a été adoptée trois fois par tous les partis dans la Chambre des communes, rétorque-t-il. Selon le chef conservateur, il est essentiel de planifier la suite des choses.

Une enquête internationale

Par ailleurs, lors de son point de presse, le premier ministre s’est dit en faveur d’une initiative pour identifier l’origine de la COVID-19, y compris le rôle de la Chine. Je pense que c’est extrêmement important de comprendre ce qui s’est passé, de poser des questions difficiles à tous les pays impliqués, y compris la Chine. C’est une enquête qu’on va devoir faire, a-t-il déclaré.

Cependant, il a précisé que cela n’est pas la priorité en ce moment, parce que la priorité absolue est de garder les citoyens en sécurité et d'avoir suffisamment de matériel médical.

Le premier ministre a reconnu qu’il y a eu des tentatives de prises de contrôle d’entreprises canadiennes en ces temps de pandémie, notamment dans le secteur de la production de fournitures médicales. On doit faire attention. On va renforcer la surveillance et on va regarder de plus près les investissements étrangers au Canada, a-t-il promis.

M. Trudeau a dit avoir annoncé une série de mesures économiques ces dernières semaines afin d’assurer la « protection de nos industries et de notre économie ».

C’est important, pendant ces moments de ralentissement et de vulnérabilité pour bien de nos entreprises, qu’il n’y ait pas des gens ou des compagnies outre-mer qui décident de prendre avantage de cette situation pour profiter en achetant ou en investissant dans des compagnies canadiennes, qui en temps normal ne seraient pas vulnérables à ce genre d’investissement ou de prises de contrôle, a-t-il dit.

L'aide des Rangers

De plus, Justin Trudeau a annoncé que les Rangers canadiens allaient venir en aide à deux autres communautés autochtones au Québec situées près de la Basse-Côte-Nord.

Questionné sur l’état de préparation de son gouvernement face à l’épidémie, M. Trudeau a répondu : Je pense que quand on vit une crise comme celle-là, avec les tragédies qu’on est en train de voir, on ne peut jamais dire qu’on était tout à fait préparé. C’est certain qu’on va apprendre à être mieux préparé les prochaines fois. S’il y a d’autres fois, on espère que non.

Samedi, Justin Trudeau a confirmé que le Canada et les États-Unis prolongeaient de 30 jours les mesures mises en place aux frontières afin de restreindre les déplacements non essentiels.

De plus, il a annoncé une aide de 306 millions de dollars pour soutenir les petites et moyennes entreprises autochtones et les institutions financières autochtones.

De surcroît, il a mentionné que deux avions chargés de masques N-95 et de combinaisons étaient arrivés au Canada vendredi et que d’autres transportant du matériel médical étaient attendus au cours du week-end.

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