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Limiter les contacts, un défi pour les chantiers de construction résidentielle

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Un chantier de construction dans le centre-sud de Montréal.

Plusieurs chantiers de construction résidentiels doivent reprendre leurs activités lundi.

Photo : Ivanoh Demers

Après une pause forcée de quatre semaines, une partie de l'industrie de la construction doit reprendre ses activités dès ce lundi au Québec, une réouverture de chantiers résidentiels qui amorce le début d'une course contre la montre conjuguée au défi du respect des mesures sanitaires.

Dans un souci d'adaptation aux nouvelles réalités, et alors qu'il est difficile de brosser un portrait actuel du secteur de la construction résidentielle – et d'en mesurer le succès de la relance – la reprise des travaux concernera :

  • La construction de bâtiments résidentiels neufs ou d’habitations locatives dont la date de livraison est prévue au plus tard le 31 juillet 2020, dont la date de l’amorce des travaux précède le 24 mars 2020.
  • Les travaux de rénovation résidentielle débutés avant le 24 mars, dont la date de livraison de l’ouvrage est prévue au plus tard le 31 juillet.
  • Les travaux de rénovation résidentielle dont la date de signature du contrat précède le 24 mars qui, s’ils ne sont pas exécutés, priveraient un client de la prise de possession de son logement au plus tard le 31 juillet.

Selon le gouvernement, cette ouverture partielle des chantiers entraîne du même coup la réouverture de la chaîne d'approvisionnement de ce secteur de l'industrie, composée notamment de nombreuses PME.

C'est un plaisir de reprendre le travail, et on pense [au fil des semaines à venir] rattraper graduellement le retard pour répondre à la demande pressante de livrer des logements, explique François Bernier, vice-président principal aux affaires publiques de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec, en entrevue à ICI RDI.

Mais il faut substantiellement tout repenser : reprendre contact avec les fournisseurs, établir un nouveau plan de match, un nouvel échéancier de livraison, en plus du défi d'appliquer et faire respecter des normes sanitaires qui ne cessent de soulever les inquiétudes.

Toutes les mesures mises de l’avant par la santé publique vont être appliquées, mais il y a toujours des récalcitrants c’est eux qui nous font peur. Ils ont l'impression que c’est pas grave, qu’ils vont passer au travers.

Carl Dufour, président CSD Construction

On souhaite que toutes les entreprises suivent les guides. Si c'est respecté, ça va être parfait, mais ça crée quand même de l’anxiété. Surtout pour ceux qui vont changer de région pour aller travailler dans des places où il y a plus de propagations, développe le président du syndicat qui regroupe plus de 20 000 travailleurs du domaine de la construction.

Deux ouvriers travaillent côte à côte sur un chantier.

« La grande variable est d'assurer la distanciation sociale, essayer que les équipes ne se touchent pas», explique François Bernier, vice-président principal aux affaires publiques de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Il faut du temps pour instaurer de telles méthodes »

Pour répondre aux préoccupations du secteur de la construction à propos de la pandémie, et les risques qui y sont liés, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), a publié un guide de bonnes pratiques, en collaboration avec les associations syndicales et patronales.

Ce guide a été traduit en une liste de vérifications quotidiennes pour s’assurer que les chantiers respectent les normes de la santé publique afin de limiter la propagation de la COVID-19.

On y retrouve une série de questions, qui doivent nécessairement faire l'objet de réponses affirmatives puisqu'un inspecteur mandaté pourrait immédiatement exiger la fermeture du milieu de travail jusqu’à ce que des correctifs aient été apportés par l’employeur.

Un questionnaire d'accueil quotidien sera également distribué à l'entrée de chaque chantier, afin de s'assurer de l'état de santé de chacun des employés avant le début de chaque quart de travail.

La grande variable est d'assurer la distanciation sociale, essayer que les équipes ne se touchent pas... Il faut intégrer ces mesures et se procurer dès maintenant le matériel qu'on nous demande!

François Bernier

Selon le vice-président aux affaires publiques de l'APCHQ, le défi repose également sur l'approvisionnement en matériels de protection médicale : Il y avait des fournisseurs d'identifiés, on avait déjà entrepris des démarches et dressé une bonne liste de fournisseurs. C'est important maintenant de cibler et de s'en procurer.

Malgré l'adoption d'un guide de bonnes pratiques sanitaires validé par les pouvoirs publics, leur mise en application ne se fera pas du jour au lendemain.

C'est difficile de penser qu'en 24/48 h tout le monde peut comprendre d'un seul coup. Il faut donner un peu d'indulgence pour permettre aux gens de comprendre.

François Bernier

On s’est assuré avec la santé publique que tous les protocoles étaient mis en place pour protéger ces employés-là, entre autres qu'ils restent toujours à deux mètres les uns des autres, avait expliqué le premier ministre François Legault lors de son point de presse de lundi dernier.

Une affiche de toilette placardée dans une porte vitrée.

Il n'y aura plus de toilettes « chimiques » sur les chantiers de 25 travailleurs et plus.

Photo : Ivanoh Demers

Ces protocoles incluront notamment la fin des « toilettes chimiques » sur les chantiers de 25 travailleurs et plus.

C'est du moins ce que précise la CNESST dans son guide sur les chantiers de construction, dans lequel on apprend qu'il devra y avoir des toilettes à chasse ainsi qu'un lavabo [...] avec de l’eau propre et tempérée. Les entrepreneurs devront également fournir à leurs travailleurs du savon et un séchoir à mains, des essuie-mains enroulables ou des serviettes de papier.

Néanmoins, l’Association de la construction du Québec (ACQ) admet que le respect des règles d’hygiène et de distanciation physique demeure un défi pour bien des entrepreneurs, et que tous ne seront pas prêts lundi.

Et pendant ce temps, c’est le branle-bas de combat pour certains d'entre eux, qui tentent d’obtenir le matériel nécessaire pour assurer la sécurité de leurs travailleurs. On essaie de trouver une toilette, mais personne n’en a. Je vais donc prendre une remorque et mettre une toilette portative dedans, témoigne Daniel Giroux, un entrepreneur au micro du 15-18.

Même s'il semble impossible de vérifier tous les chantiers, des escouades seront affectées sur le terrain, avec des listes de vérifications à valider, en plus de 400 inspecteurs de la CNESST s'assurant de l'application des mesures.

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