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Tuerie en Nouvelle-Écosse : le bilan s'alourdit à au moins 16 victimes

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Des agents observent une voiture dans une station-service.

Le reportage de Geneviève Normand.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Une tuerie en Nouvelle-Écosse s’est soldée par la mort d'au moins 16 personnes, en plus de celle du suspect, a confirmé dimanche soir la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Brenda Lucki. Ce bilan en fait l'une des tueries les plus mortelles du pays.

Une des victimes est une policière. La gendarme Heidi Stevenson comptait 23 ans d'expérience. Elle était mère de deux enfants. Un autre policier a été blessé, mais sa vie n’est pas en danger.

Portrait d'une policière en habit rouge et coiffée du chapeau traditionnel de la GRC.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La gendarme Heidi Stevenson comptait 23 années de service.

Photo : Gendarmerie royale du Canada en Nouvelle-Écosse

Ce massacre, dont le bilan n'est pas définitif, est déjà le pire que le pays ait connu depuis plus de 30 ans. Le 6 décembre 1989, 14 femmes étaient abattues dans la tuerie de l'École polytechnique, à Montréal.

Le suspect, Gabriel Wortman, 51 ans, est mort au terme d'une chasse à l'homme qui aura duré une douzaine d'heures et qui s'est terminée à environ une centaine de kilomètres de son point de départ.

La mort du suspect est le résultat des actions d'un agent, a confirmé la caporale Lisa Croteau, porte-parole de la GRC en Nouvelle-Écosse.

Il y a plusieurs scènes de crime étalées sur plus de 50 kilomètres, dont des édifices et des véhicules, a indiqué la commissaire Brenda Lucki.

Les motifs du suspect ne sont pas connus. Les services antiterroristes ne sont pas impliqués dans l’enquête et les événements ne sont pas considérés comme étant de nature terroriste, précise la commissaire.

Chasse à l'homme d'une douzaine d'heures

Un blindé de la police sur la route et des policiers qui interceptent des automobilistes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La recherche du suspect le 19 avril 2020 s'est déroulée sur une centaine de kilomètres, dont ici à Debert, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La GRC a réagi, vers 23 h 30, samedi soir, à plusieurs appels reçus au 911 et ses agents sont intervenus à Portapique, une communauté rurale du comté de Colchester. La municipalité est située à une centaine de kilomètres au sud-est de la frontière entre la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, et à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Truro.

À leur arrivée à un domicile de Portapique, les policiers ont découvert les corps de plusieurs personnes, à l'intérieur comme à l'extérieur de la résidence. En point de presse dimanche, la GRC a évoqué une scène de crime « chaotique ».

Le suspect ne se trouvait pas sur les lieux à l'arrivée des policiers. Les recherches initiales ont mené les agents à plusieurs autres scènes de crime, dont des édifices en flammes.

Un imposant véhicule blindé devant une maison de campagne, sur une route rurale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un blindé de la Gendarmerie royale du Canada dans la petite communauté de Great Village, en Nouvelle-Écosse, le matin du 19 avril 2020.

Photo : CBC / Shaina Luck

D'autres services policiers, dont celui de la municipalité régionale d'Halifax, ont participé au déploiement des forces de l'ordre.

Alors que la traque se poursuivait dans la nuit et dans la matinée, la GRC implorait dimanche matin le public de ne pas s'approcher de l'individu recherché, considéré comme armé et dangereux.

La caporale Lisa Croteau avait même recommandé aux habitants de certains secteurs de Portapique de se réfugier, si possible, dans leur sous-sol.

Trois voitures de police en travers d'une autoroute bloquent le chemin aux véhicules qui s'approchent.

La police bloque l'autoroute à Enfield, en Nouvelle-Écosse, le 19 avril 2020, alors que la traque du suspect est sur le point de se conclure.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Durant une cavale d’une douzaine d’heures, le suspect aurait parcouru plus de 100 km au volant de plus d'un véhicule, dont un appartenant à la GRC.

La manière dont l'individu aurait pris possession de ce véhicule n'a pas été précisée par les autorités.

Une voiture de police avec une flèche qui montre le numéro d'identification du véhicule. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La GRC a publié sur Twitter cette photo d'une voiture de police, qui est possiblement celle que conduisait le suspect.

Photo : Gendarmerie royale du Canada, Nouvelle-Écosse

Gabriel Wortman pourrait conduire ce qui semble être un véhicule de la GRC et pourrait porter un uniforme de la GRC. Il y a une différence entre sa voiture et nos véhicules de la GRC : le numéro. Le numéro de la voiture du suspect, derrière la fenêtre arrière côté passager, est 28B11, écrivait peu après 10 h, dimanche, la Gendarmerie royale du Canada dans un message sur Twitter afin d'inciter la population à la vigilance.

Plus tard, c'est un véhicule utilitaire Chevrolet Tracker de couleur argentée que les policiers recherchaient.

Panneau routier de la route Portapique Beach et deux véhicules de police qui bloquent l'entrée de la route.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La GRC bloque le chemin qui mène à des propriétés du suspect, Gabriel Wortman, à Portapique, en Nouvelle-Écosse, le 19 avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Le fugitif aurait notamment été aperçu sur la route 4, près du terrain de camping Hidden Hilltop, et aurait emprunté la route 102.

La traque a pris fin dans une station-service Big Stop de la compagnie Irving, à Enfield, à environ une heure de route au sud de Portapique.

Un policier en noir se rue vers un groupe de policiers en vêtements militaires attroupés.

Les derniers instants de la traque du suspect, le 19 avril 2020 à une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

En point de presse en fin d’après-midi au quartier général de la GRC de la Nouvelle-Écosse, à Dartmouth, le surintendant principal Chris Leather a indiqué qu'un homme avait utilisé une arme à feu dans la soirée. Il est fort possible qu'il ait utilisé d'autres méthodes, a-t-il ajouté.

Pour des raisons de respect de la vie privée, la police ne peut divulguer à ce stade de l’enquête si le suspect connaissait certaines des victimes. Certaines semblent ne pas avoir de lien avec le tireur, a ajouté M. Leather.

Un policier en uniforme dans une conférence de presse.

Le surintendant principal Chris Leather, de la Gendarmerie royale du Canada en Nouvelle-Écosse, le 19 avril 2020 à Dartmouth.

Photo : Radio-Canada

Il y au moins deux blessés, peut-être trois, a dit le surintendant Leather. L'enquête n'avait pas encore permis d'établir le nombre exact de blessés, car il est possible que certaines personnes se soient présentées à l'hôpital sans que les policiers soient au courant, a-t-il mentionné.

Une enquête a été ouverte par l'Équipe d'intervention en cas d'incidents graves de la Nouvelle-Écosse (SiRT), une agence indépendante qui enquête sur les incidents graves ou de nature délicate mettant en cause la police. Lorsqu'une personne meurt dans une intervention des policiers, cette équipe fait généralement enquête.

Voitures et bâtiments en flammes

Mike MacKay, un résident de Portapique, dit avoir compté trois feux qui faisaient rage dans le voisinage peu avant minuit, samedi soir.

Dimanche, les pompiers et des agents de la GRC se trouvaient sur les lieux d'un incendie à une propriété de Wentworth, à une demi-heure de route de Portapique. La police ne confirme pas si cet incendie est lié à la tuerie.

Darcy Sack, une résidente de Shubenacadie, a raconté avoir vu deux véhicules de police en flammes et entendu des coups de feu dimanche matin, alors qu’elle circulait en voiture près de la route 102, une autoroute provinciale.

Mme Sack dit s’être engagée sur l’autoroute et avoir croisé le présumé tireur au volant d’une voiture de couleur argent. Le suspect était pris en chasse par la police et était habillé comme un policier, a-t-elle affirmé.

Gabriel Wortman, 51 ans, est un denturologiste de la région d'Halifax.

Des registres indiquent qu'il possède plusieurs propriétés dans la région d'Halifax et à Portapique, dont des cliniques de denturologie rue Portland, à Dartmouth, et sur la promenade Novalea, à Halifax.

Une camionnette de la police d'Halifax devant une clinique de denturologie.

Un véhicule de la police d'Halifax devant la clinique de denturologie Atlantic Denture Clinic de la rue Portland, près du centre-ville de Dartmouth, le 19 avril 2020.

Photo : CBC / Eric Woolliscroft

Violence « insensée »

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a brièvement commenté la situation vers 15 h dimanche, au début de sa mise à jour sur l’évolution du coronavirus dans la province.

Il s’agit d’un des actes de violence les plus insensés qui aient jamais eu lieu dans notre province, a déclaré M. McNeil.

Stephen McNeil devant un drapeau de la Nouvelle-Écosse et un écran de télévision.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stephen McNeil, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, le 19 avril 2020 à Halifax.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

C’est une journée dévastatrice, a plus tard ajouté le premier ministre, qui venait d’annoncer la mort de deux autres résidents d’un centre de soins pour personnes âgées d’Halifax, emportés par la COVID-19. Il a invité les citoyens qui se sentent en détresse devant tous ces événements à communiquer avec la ligne provinciale de crise et de soutien en santé mentale, au numéro sans frais 1 888 429-8167.

Ce qui s’est produit, ici dans notre province, ne représente pas qui nous sommes, a poursuivi Stephen McNeil en référence à la tuerie qui a mobilisé les forces policières. Il a déclaré que les Néo-Écossais étaient forts et animés par leur esprit communautaire. Nous prenons soin les uns des autres, a-t-il dit.

Un policier marche en direction d'un véhicule de la GRC stationné devant une porte de garage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un policier au poste de commande établi par la GRC à Great Village, en Nouvelle-Écosse, en matinée, le 19 avril 2020.

Photo : Reuters / John Morris

C’est avec tristesse que j’ai appris l’acte de violence insensé qui a été perpétré en Nouvelle-Écosse et a coûté la vie de nombreuses personnes, a pour sa part déclaré dimanche le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Il précise avoir notamment communiqué avec le premier ministre McNeil, la commissaire de la GRC et la députée fédérale Lenore Zann, qui représente la circonscription de Cumberland—Colchester, où est situé Portapique.

Ensemble, nous partagerons le deuil des familles des victimes et les aiderons à traverser ce moment difficile, a affirmé M. Trudeau. Les citoyens de la Nouvelle-Écosse sont des gens forts et résilients, et nous serons là pour les aider à se remettre de cette tragédie.

Il a aussi souligné le dévouement des policiers et de tous les premiers intervenants et exprimé sa reconnaissance envers leur travail.

Un citoyen s'approche de deux agents alors que des voitures de police bloquent un chemin de gravier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un citoyen près d'un barrage routier mis en place par la police à Portapique, en Nouvelle-Écosse, le 19 avril 2020.

Photo : Reuters / John Morris

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, avait indiqué dimanche matin suivre de très près cette situation. Nous sommes très préoccupés par les nouvelles en provenance de Portapique, avait écrit le ministre sur Twitter. Nous encourageons tous les résidents à écouter les instructions des forces de l'ordre locales.

Le chef de l’opposition officielle à Ottawa, Andrew Scheer, a évoqué une tragédie insensée.

Mes prières accompagnent la famille et les amis de ceux qui ont perdu la vie, dont l’agent de la GRC tué dans l’exercice de ses fonctions, a déclaré le chef conservateur.

Une communauté paisible ébranlée

Tom Taggart, un conseiller qui représente le secteur de Portapique dans la municipalité de Colchester, a déclaré que sa petite communauté est ébranlée.

C'est un endroit tout simplement merveilleux et paisible, et l'idée qu'une telle chose puisse se produire ici est incroyable, a-t-il confié à La Presse canadienne, dans un entretien téléphonique de son domicile de Bass River, à environ 3 km du secteur quadrillé par les policiers. Les gens choisissent de vivre ici puisque c'est tranquille et paisible.

Un dessin de coeur brisé est collé à un poteau de téléphone et un homme s'en approche avec une carte de voeux.

Des messages commençaient à apparaître le 19 avril 2020 en après-midi dans la communauté de Portapique, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Reuters / John Morris

M. Taggart a mentionné qu'il avait à quelques reprises parlé au téléphone avec Gabriel Wortman au sujet de divers enjeux municipaux.

Il a reconnu qu'il sait où se trouve la fabuleuse maison du suspect, située sur Portapique Beach Road. Il a souligné que Gabriel Wortman possède de nombreuses autres propriétés dans le secteur, et qu'il partageait son temps entre Portapique et son cabinet situé à Dartmouth.

Il a décrit Portapique comme étant un lieu de villégiature, qui compte environ 100 âmes à longueur d'année, et 250 pendant l'été.

On ne peut tout simplement pas imaginer que quelque chose comme ça se produise ici, a-t-il répété. Je ne peux pas le concevoir.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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