•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le recrutement d’étudiants étrangers compromis par la COVID-19

Affiche à l’entrée de l’Université Laurentienne de Sudbury où l’on voit le nom et le logo de l’établissement.

Comme d’autres établissements postsecondaires, l’Université Laurentienne n’a pas pu participer à de nombreuses foires de recrutement international qui ont été annulées à cause de la pandémie de coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La pandémie de coronavirus complique le recrutement des étudiants étrangers par les établissements postsecondaires ontariens. Ces derniers craignent d’ailleurs un impact financier de taille si la crise sanitaire perdure.

L’Université Laurentienne avait le vent dans les voiles.

L’établissement postsecondaire a déjà reçu près de 1000 demandes d’admission de plus que l’an dernier en provenance de l’étranger. 

Mais les effets de la crise commencent à se faire sentir.

Selon le directeur du recrutement étudiant, Justin Lemieux, les demandes d’admission en provenance de l’Inde, notamment, ont chuté au cours des deux à trois dernières semaines. 

Ce marché-là dépend [fortement] des agents de recrutement. On utilise un réseau d’agents pour nous soutenir et faire la promotion de la Laurentienne, mais vu que le pays entier est en quarantaine, on voit que les gens ne peuvent pas faire leurs demandes, explique-t-il. 

Un homme qui sourit.

Justin Lemieux est directeur du recrutement étudiant de l'Université Laurentienne.

Photo : Justin Lemieux

À l'instar de l’Université Laurentienne, le Collège Boréal n’a pas pu participer à certaines des foires de recrutement international, qu'on a dû annuler à cause de la pandémie. 

Le directeur de Boréal International, Bululu Kabatakaka, affirme d’ailleurs que le nombre de demandes d’admission déjà reçues cette année est bien en dessous de celui de l’an dernier à pareille date.  

Au collège La Cité d’Ottawa, le nombre total de demandes d’admission en provenance de l’étranger est supérieur à celui de l’an dernier, mais la directrice des communications, Pascale Montminy, indique que l’établissement sent un ralentissement depuis trois semaines.

Par courriel, une porte-parole de l’Université d'Ottawa fait savoir qu’il est un peu trop tôt pour mesurer l’impact de la pandémie sur le recrutement d’étudiants étrangers.

L’enseigne de l’Université d’Ottawa.

L’Université d’Ottawa mesure encore l’incidence du coronavirus sur ses inscriptions.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

De nombreux défis à surmonter

Dans l’incertitude entourant la réouverture des frontières canadiennes aux étrangers, les établissements postsecondaires tentent de mettre en place des stratégies de contingence pour continuer à servir leur clientèle étrangère. 

L’Université Laurentienne a déjà pris la décision de reporter d’un semestre l’admission des étudiants étrangers s’ils n’arrivent pas à se rendre au Canada à temps pour la session d’automne. 

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Des étudiants en génie d’une université chinoise avec laquelle l’Université Laurentienne a une entente d’articulation pourront aussi suivre des cours offerts par l’établissement sudburois grâce à un partenariat conclu avec le ministère de l’Éducation de la Chine. 

Étant donné la fermeture de plusieurs centres d’évaluation d’aptitudes linguistiques à travers le monde, l’Université Laurentienne doit également trouver de nouveaux partenaires pouvant offrir des tests virtuels à ses étudiants potentiels. 

On essaie de trouver des façons assez flexibles de travailler avec les étudiants éventuels, les parents et les agents pour pouvoir donner des offres d’admission.

Justin Lemieux, directeur du recrutement étudiant à l’Université Laurentienne

Le Collège Boréal tient, pour sa part, des journées portes ouvertes virtuelles. La première, qui a eu lieu le 4 avril, a attiré une centaine d’étudiants étrangers, qui se posent toutefois plusieurs questions, selon Bululu Kabatakaka.

L’inquiétude principale, c’est: “Est-ce que le collège ouvrira ses portes en septembre?”, “Est-ce que le bureau d’études des visas étudiera mon dossier à temps?”, “Est-ce que les délais de [soumission des demandes de visas] seront maintenus?”. Ce sont ces questions très générales, fait-il savoir. 

Le collège envisage également un report de l’admission des étudiants étrangers, s’il le faut. 

Un homme noir qui porte des lunettes, une veste grise et une cravate.

Bululu Kabatakaka est directeur de Boréal International, l'entité chargée du recrutement des étudiants étrangers au Collège Boréal.

Photo : Bululu Kabatakaka

À l’Université de Hearst, les cours sont offerts en blocs de trois semaines d’affilée, et les étudiants étrangers pourraient donc commencer leurs études dès leur arrivée, même si ce n’est pas en septembre. 

L’établissement a déjà reçu près de 400 demandes d’admission de l’étranger, et plus de la moitié des candidats ont déjà reçu des offres.

La directrice des communications, Lysann Boisvert, souligne que le nombre de demandes est un petit peu plus bas que l’année dernière, mais estime tout de même que le recrutement va bon train.

Pour ce qui est du travail qu’on fait à l’interne, on continue de recevoir des demandes d’admission pour l’automne, [mais] la seule chose qu’on ne sait pas, c’est ce qui va se passer étant donné que les frontières sont présentement fermées. Alors, on continue mais ne sachant pas trop comment on peut être touché par tout cela, déclare-t-elle. 

Un immeuble brun aux fenêtres colorées.

Les cours de l’Université de Hearst sont offerts en blocs de trois semaines d’affilée.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Important impact potentiel sur les finances des établissements

Avec une clientèle étrangère représentant 60 % de la population étudiante, l’Université de Hearst est bien consciente de l’impact financier qu’elle pourrait subir si la nouvelle cohorte n’arrive pas à démarrer ses études au printemps.

Il est clair que si 60 % de notre clientèle ne peut pas venir chez nous, on va être affectés financièrement, mais l’équipe de direction de l’Université s’est assise sur toutes ces questions-là, puis on a un plan en place pour pouvoir être très fonctionnels pour la prochaine année financière.

Lysann Boisvert, directrice des communications de l’Université de Hearst
Une femme avec des cheveux noirs.

Lysann Boisvert est directrice des communications à l’Université de Hearst.

Photo : Lysann Boisvert

À l’Université Laurentienne, le taux d'étudiants étrangers n’est que de 7 %, mais l’établissement craint un impact assez important sur ses finances s’il n’y a pas de cours en face à face ou si les étudiants décident de ne pas poursuivre leurs études cet automne.

Si les frontières sont toujours fermées au mois de septembre, il se pourrait qu’on ne voie pas ces 700 étudiants là venir sur le campus, mais il ne faut pas oublier qu’il y a plusieurs étudiants domestiques [sic] qui ne vont peut-être pas vouloir venir dans les salles de classe à cause de la COVID-19. Comme toutes les petites et moyennes entreprises, on est tous affectés, note Justin Lemieux. 

Façade en automne du campus du Collège Boréal à Sudbury.

Le Collège Boréal, dont le campus principal se trouve dans la Ville du Grand Sudbury, est l’un des deux seuls collèges francophones de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Le Collège Boréal vise généralement la cible de 20 % pour sa clientèle étrangère. Comme la plupart des programmes collégiaux durent deux ans, Bululu Kabatakaka estime que le manque à gagner du collège proviendrait surtout de l’absence des étudiants de première année s’il n’y a rien qui se passe et si aucune mesure n’est mise en place pour répondre aux besoins à distance.

S’il y a un étudiant de moins que ce qui était prévu, il y a déjà un impact financier. Alors, cet impact-là, on met en place des mécanismes pour l’atténuer, conclut-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nord de l'Ontario

Éducation