•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des travailleurs de la santé se plaignent des nouveaux masques fournis en Alberta

Un paquet de 50 masques de protection.

Les masques de l'entreprise Vanch sont notamment critiqués par plusieurs travailleurs de la santé en Alberta.

Photo : Gracieuseté

Réactions cutanées pour les uns. Maux de tête pour les autres. Des voix se sont élevées parmi le personnel de santé en Alberta pour décrier la qualité des masques qu’on leur a distribués cette semaine.

Ils ont une drôle d’odeur et entraînent toutes sortes de réactions [quand on les porte], a critiqué une infirmière de Calgary qui s’est confiée sous anonymat à CBC/Radio-Canada.

Jusqu’à la semaine dernière, son unité s’approvisionnait auprès de Pri-Med, un fournisseur d’équipements médicaux basé à Edmonton qui est enregistré auprès de Services de Santé Alberta, explique-t-elle.

Ces derniers jours, l’infirmière et ses collègues ont reçu de nouveaux masques produits par Vanch, une entreprise située à Shenzhen, en Chine.

Ces nouveaux masques ne protègent pas correctement le visage, ils laissent de trop grands espaces sur les côtés… Les masques et leurs attaches sont si larges qu’ils ne peuvent pas être hermétiques  [sur la partie supérieure]. Il suffit de sourire à un patient quand on les porte pour que notre nez soit exposé, illustre-t-elle.

Démangeaison

L’infirmière de Calgary affirme avoir senti une sensation de brûlure une demi-heure après avoir apposé un des nouveaux masques sur son visage.

Mon visage avait enflé et me brûlait.

Une citation de :Une infirmière de Calgary.

Elle ajoute avoir eu également l’impression de respirer plus difficilement. 

Incapable de supporter davantage le masque, elle l’enlève au bout de 90 minutes. Son visage lui est resté gonflé et irrité jusqu’au lendemain, affirme-t-elle en précisant qu’elle n’est pas la seule à avoir vécu cette désagréable expérience.

D’autres travailleurs de la santé ont eux aussi critiqué la qualité de ces nouveaux masques sur les réseaux sociaux. Vidéo à l’appui, un d’entre eux montre effectivement qu’ils glissent facilement sous son nez.

Ces masques sont horribles

Une citation de :Une infirmière de Calgary.

Rapatrier la production

Le syndicat des employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) confirme que ces frustrations font écho à celles exprimées par plusieurs de leurs membres au sujet de ces équipements de protection individuelle (ÉPI).

Se vice-présidente, Susan Slade, appelle le gouvernement à fournir des masques de meilleure qualité dans les plus brefs délais et suggère de nationaliser la production d’équipement médical.

À quoi bon fournir des milliers et des milliers de masques s’ils ne répondent pas aux normes?, s’interroge-t-elle. 

La seule façon de garantir un contrôle de la qualité et des livraisons dans les temps des ÉPI est de les fabriquer ici en Alberta, et que la province encadre leur production.

Une citation de :Susan Slade, vice-présidente de AUPE.

Mais pour le gouvernement albertain, cet appel à la nationalisation est grotesque et revient à politiser la crise de la COVID-19 pour promouvoir un programme politique qui n’est pas pertinent.

L’attaché de presse du ministre albertain de la Santé a par ailleurs garanti que tous les ÉPI fournis par Services de Santé Alberta (AHS) étaient sécuritaires pour les travailleurs comme pour leurs patients.

Selon l’agence de santé publique, l’odeur des nouveaux masques provient du plastique dans lequel ils ont été conditionnés pour leur expédition. Elle a indiqué sur Twitter s'approvisionner à l'étranger pour éviter toute pénurie dans la province.

Ces masques sont sûrs, rassure Services de Santé Alberta, ils sont certifiés et conformes aux normes de filtration ASTM Niveau 1.

Le ministère albertain de la Santé assure qu’AHS travaille avec les nouveaux fournisseurs pour réduire ces odeurs gênantes et ajuster les ÉPI aux besoins et aux préoccupations des travailleurs de la santé.

Avec les informations de Joel Dryden, Terri Trembath et Helen Pike.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !