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COVID-19 : les jeunes au front pour assurer les services essentiels

employés d'une pharmacie

Employés de la pharmacie Côté et Goulet.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Ils sont encore au secondaire ou à l’âge des fêtes au Cégep. Mais ils viennent de prendre quelques années de maturité. Ils sont dans les pharmacies, les épiceries et les dépanneurs. Au front pour rendre des services essentiels à la population.

Il a grandi dans le quartier ouvrier du Vieux-Noranda, à l’ombre des cheminées de la Fonderie Horne. Depuis deux ans, Sébastien Aubé, 16 ans, a un siège de choix pour observer, connaître, sentir sa communauté.

Il travaille à l’épicerie Windsor, seul « dépanneur » du quartier qui sert aussi d’épicerie à plusieurs. 

Sébastien Aubé travaille à l’épicerie Windsor.

Sébastien Aubé travaille à l’épicerie Windsor.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Essentiel, il sent qu’il l’est plus que jamais. Même si certains choix sont difficiles. 

Veux, veux pas, le fait de ne plus prendre l’argent comptant, ça implique qu’il y des clients que tu n’as pas le choix de refuser. Et ils n’ont pas nécessairement de compte de banque, de moyen de payer. En-dedans de toi, tu te sens quasiment mal de le refuser, illustre-t-il, se disant cependant rassuré par les mesures mises en place par son patron.

Des plexiglas pour limiter le plus possible les contacts entre clients et employés, on ne prend plus le comptant, on priorise le paiement sans contact. À l’entrée tu enlèves tes gants et tu mets du purell, c’est la règle. Il y a des flèches [par terre] pour limiter les croisements entre les clients, distanciation de deux mètres obligatoire et c’est quatre clients max dans le dépanneur, énumère-t-il.

C’est sûr que ça te met dans une zone de confort quand tu sais que ton patron prend ça au sérieux et qu’il ne niaise pas avec ça.

Une citation de :Sébastien Aubé

Il travaille dix heures de plus par semaine puisque l’école est fermée. En tout respect de mesures de distanciation physique et de limitation des déplacements, pendant ses temps libres, il regarde l’argent s’accumuler dans son compte de banque puisqu’il n’y a rien à dépenser.

Des mesures de protection ont été prises par les propriétaires de la pharmacie.

Des mesures de protection ont été prises par les propriétaires de la pharmacie.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Même son de cloche pour Justeen Clark-Armitage, 17 ans, qui travaille à la pharmacie Côté et Goulet, rue Principale à Rouyn-Noranda.

Avec sa visière et son uniforme qui évoque celui des travailleurs de la santé, elle prépare des commandes de médicaments qu’elle enveloppe dans des sacs de papier, répond au téléphone, fait payer les quelques clients qui viennent encore en personne, ceux-là qu’elle vient de faire entrer après un triage par questionnaire et lavage des mains obligatoire. 

Des fois le monde sont très, très compréhensifs. Il y en a d’autres qui le sont un peu moins et d’une certaine façon égoïstes, par exemple qui disent : ‘’éloigne-toi, je dois passer avant toi’’, nuance la jeune femme qui occupe aussi un deuxième emploi dans une épicerie. Comme si je n’avais pas le droit de faire mon travail pour répondre à leurs besoins. Mais en majorité, ils sont très compréhensifs.

J’imagine que certains adultes pensent que les adolescents deviennent plus matures pendant ce temps-là. Ils travaillent, deviennent plus adultes, plus assidus, commencent à avoir plus de tâches, se responsabilisent.

Une citation de :-Justeen Clark-Armitage

Son patron, le pharmacien Sébastien Côté, remarque que les adolescents sont de vaillants travailleurs. Particulièrement disponibles, merveilleux et compréhensifs dans le contexte actuel de pandémie.

J’ai été agréablement surpris. C’est dans des situations comme celle-là qu’on peut voir, excusez l’expression, mais avec qui on pourrait aller à la guerre. Honnêtement, mes étudiants et mes étudiantes, surtout à temps partiel, je leur lève mon chapeau. Ils ont relevé le défi, se sont présentés. Le fait qu’il n’y ait pas d’école et qu’ils aient beaucoup de temps libres, ils nous ont donné beaucoup de disponibilité.

Oui. Leur rôle a vraiment changé, leur compréhension aussi. Et on découvre des personnalités. Moi j’aurais confiance en ce qui s’en vient dans le futur auprès des jeunes. On leur a souvent apposé des étiquettes, mais de ce que je vois ici, je leur lève mon chapeau et je suis extrêmement fier d’eux-autres. Je les remercie.

Une citation de :Sébastien Côté, pharmacien

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