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L'Alberta tente de se préparer à la crise économique

Le drapeau de l'Alberta flotte au vent.

Les économistes prévoient que la crise économique perdurera bien après la pandémie en Alberta.

Photo : iStock

L’Alberta se dirige vers une récession, et peut-être une dépression, d’après les économistes. Un conseil de relance économique est déjà à l’oeuvre pour mitiger ses effets,  mais alors que la situation évolue de jour en jour, sa tâche s’annonce difficile.

L'économiste de l’École des politiques publiques de Calgary Jack Mintz, est certain d’une chose: « une profonde récession » s’en vient en Alberta.

Il pourrait même s’agir d’une dépression, soit une crise caractérisée par une baisse de la production sur plusieurs années, mais impossible de le savoir à ce point-ci.

« Il y a tellement d’incertitude que je pense que les gens ont de la difficulté à prédire ce qui se passera l’an prochain, alors on ne sait certainement pas ce qui arrivera dans trois ou quatre ans », dit-il.

Des indices inquiétants commencent à poindre. Le taux de chômage a bondi de 7,2 % à 8,7 % en un mois. Le premier ministre Jason Kenney s’attend à ce qu’il dépasse éventuellement les 20 %. Le prix du baril de pétrole albertain a descendu sous  les 5$ 

Pas que des mauvaises nouvelles

Jack Mintz croit cependant qu’il y a des raisons de se montrer optimiste entre autres, car la guerre de prix du pétrole entre l’Arabie Saoudite et la Russie a pris fin.

« Les gens anticipaient que [...] ça dure jusqu’à 18 mois et c’est déjà fini, ce qui est bien », dit-il.

Ensuite, il remarque que le taux d’infection au nouveau coronavirus en Alberta semble pour l’instant sous contrôle, ce qui lui donne espoir que les ordres de santé publique puissent être progressivement levés à partir de la fin mai.

Un Conseil de relance économique déjà à l’oeuvre

En mars, le gouvernement albertain  a annoncé la création d’un conseil de relance économique, chargé de protéger les emplois pendant la pandémie et réfléchir à une stratégie à long terme pour se remettre de la crise.

Jack Mintz en est le président. Le conseil est formé de 12 membres, dont l'ancien premier ministre canadien Stephen Harper. Jason Kenney l'a choisi entre autres parce qu'il a guidé le Canada à travers la crise économique de 2008. Les autres membres sont principalement des représentants de diverses industries.

Le conseil n'a pas pour mission de produire de rapport ou de recommandations officielles, mais plutôt de fournir « une expertise et des conseils » au gouvernement, précise une porte-parole du ministère des Finances. Les membres participent bénévolement. Ils se sont rencontrés plusieurs fois par vidéoconférence jusqu’à maintenant. 

Mac Van Wielingen, directeur d'ARC Financial, un fonds d'investissement dans le secteur de l'énergie, est également un des membres du conseil.

Pour l'instant, il s'efforce surtout de proposer des solutions pour empêcher les petites et moyennes entreprises du secteur pétrolier de faire faillite avant la fin de la pandémie.

Jack Mintz et Mac Van Wielingen reconnaissent tous deux qu'il est difficile de prévoir le tournant que prendra l’économie avant que le pic des infections ne soit passé.

Survivre à court terme et planifier à long terme

C’est également ce que croit l’économiste de l’Université de Calgary Trevor Tombe.

Il souligne que le gouvernement avait commencé à mettre en place son conseil de relance économique au tout début de la pandémie, alors qu'on ignorait encore à quel point la situation évoluerait rapidement et de façon imprévisible.

Selon lui, son utilité pour guider les actions du gouvernement dans l'immédiat est limitée.

« À court terme, ce que le gouvernement doit surtout faire, c’est suivre les conseils des experts de la santé publique, car si le virus devient hors de contrôle, les conséquences au niveau de la santé et de l’économie seront encore pire », dit-il.

Il rappelle aussi que l’incertitude est l’ennemi de l’économie et que le gouvernement doit faire tout ce qu’il peut pour la réduire, notamment en étant le plus transparent possible au niveau de ses données et de sa manière de prendre des décisions.

À long terme, cependant, il croit que la capacité de l'Alberta de remonter la pente dépendra de sa volonté à procéder à des changements structurels dans son économie.

Il est évident, selon lui, que l'Alberta ne pourra pas continuer à compter sur les cours pétroliers et les redevances qui y sont attachées pour équilibrer ses finances.

« Je pense qu'on doit avoir une franche conversation sur comment on va augmenter nos revenus en Alberta  », dit-il. «  [...] Je pense que la meilleure façon de le faire, c'est de penser, enfin, à introduire une taxe de vente  ».

C'est également une des solutions préconisées par Jack Mintz.

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