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Un grand abattoir des États-Unis ferme, les producteurs de porcs manitobains s'inquiètent

Cinq porcelets.

Le Manitoba exporte 3 millions de porcelets par an aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada

La fermeture d’un des plus importants abattoirs de porcs des États-Unis inquiète les producteurs manitobains, qui font déjà face à une baisse de vente des porcelets vers le pays de Donald Trump.

Le 12 avril, Smithfield Foods, le plus grand transformateur de porcs du monde, a annoncé la fermeture pour une durée indéterminée de son abattoir de Sioux Falls, au Dakota du Sud, en raison de nombreux cas de COVID-19 parmi ses employés.

Plusieurs abattoirs aux États-Unis et au Canada ont réduit leur production ou complètement fermé leurs installations en raison de la pandémie. Celui de Sioux Falls représente entre 4 et 5 % de la production totale de porcs aux États-Unis.

Un exemple de ce qui pourrait arriver

La fermeture de l’abattoir de Smithfield Foods inquiète les producteurs manitobains. C'est un exemple de ce qui pourrait se passer dans nos abattoirs, avertit Richard Préjet, producteur de porcs à Notre-Dame de Lourdes et un des directeurs de Manitoba Pork.

Pour le moment, aucun cas de COVID-19 dans les abattoirs manitobains n’a été signalé. Selon Manitoba Pork, 60 % des porcs manitobains sont abattus à Brandon, et 40 %, à Neepawa, et aucun à Sioux Falls.

Si [le coronavirus ne perturbe pas les abattoirs au Manitoba] on va survivre. Si ça va plus loin que ça, ça va commencer à compliquer la situation sérieusement, ajoute-t-il.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Des porcelets à prix réduits

La situation au sud de la frontière a tout de même un effet sur les producteurs de la province. Selon Manitoba Pork, le Manitoba exporte environ 3 millions de porcelets aux États-Unis chaque année.

Ces porcelets, qui pèsent 6 ou 7 kg, sont achetés par des pouponnières américaines, explique Richard Préjet.

Des cochons dans une porcherie.

Une fois que les porcs atteignent environ 130 kilos, ils sont envoyés à l'abattoir.

Photo : Getty Images / Damin Meyer

Le problème, c’est que les producteurs américains commencent à s’inquiéter de ne peut-être pas avoir accès à un abattoir pour envoyer leurs porcs.

Le producteur de Notre-Dame de Lourdes, qui a 5000 truies dans son exploitation, a noté que le nombre de porcelets envoyés aux États-Unis avait déjà ralenti cette année. Cette tendance s’est accrue dernièrement.

Par conséquent, les prix sont en baisse. Les producteurs américains commencent à vouloir prendre les porcelets pour moins cher. Il y a des cas où c'est rendu en bas de 10 $ pour un porcelet, même presque zéro, affirme Richard Préjet.

Le prix du bacon au plus bas

Le représentant de Manitoba Pork est convaincu qu'il va y avoir des pertes, notamment à cause de la fermeture des restaurants.

À cause du fait que les restaurants sont fermés, on voit les prix du bacon les plus bas qu’on a jamais vus, donne-t-il comme exemple.

Ça fait une grosse partie de la valeur de la carcasse de porc. Ça, ça fait mal.

Cette situation est aussi accentuée par le fait que le prix des produits canadiens est basé sur les prix américains. Toutes les choses qui se passent aux États-Unis qui forcent à réduire le prix du porc, automatiquement, ça réduit notre prix ici au Canada aussi, déplore Richard Préjet.

Si ça continue, ça va peut devenir très sérieux.

Avec les informations de Reuters

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