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Le confinement, une occasion de repenser notre influence sur la nature

Cette pause forcée pourrait inciter les humains à repenser leur impact sur la nature, comme l'explique Audrey Neveu dans son reportage.

Les Canadiens devraient profiter de cette période de pandémie de COVID-19, alors qu'il est interdit d’accéder aux parcs nationaux et provinciaux des Rocheuses canadiennes, pour imaginer une nouvelle façon d'exploiter ces lieux, plaide un professeur de biologie. Selon lui, la nature a elle aussi besoin de périodes de confinement.

Marco Musiani estime qu’il y a bel et bien des effets positifs du confinement sur la nature, puisque les animaux et les végétaux sont moins dérangés. Le professeur de biologie à l’Université de Calgary a beaucoup étudié le comportement des loups et d’une de leurs proies, les wapitis, en fonction des activités humaines. Grâce à des colliers munis de systèmes de géolocalisation, il a pu suivre leurs mouvements pas à pas.

Les deux espèces se tiennent très loin des routes ou des sentiers qui sont très fréquentés le jour, explique-t-il.

Un troupeau de chevreuils marche devant un train sur les rails.

Des chevreuils ont bloqué la voie d'un train à Field, en Colombie-Britannique, forçant le train à s'arrêter.

Photo : Courtoisie : Marco Musiani

La fréquentation d'un endroit par ces animaux diminue progressivement selon sa fréquentation par les humains. Lorsqu’une zone atteint un niveau de fréquentation de 40 personnes à l'heure, les loups et les wapitis la fuient complètement.

« La nuit, les loups sont partout. Pendant la COVID-19, je m’attends à les voir se promener sur ces [mêmes] territoires le jour aussi. »

— Une citation de  Marco Musiani, professeur de biologie, Université de Calgary

Il précise toutefois qu’il faut plus de quelques semaines ou de quelques mois de tranquillité pour permettre à la majorité des espèces d’animaux et de végétaux de se régénérer et de se reproduire. Il ne sera toutefois pas possible de suivre leur évolution en détail, puisque Parcs Canada a temporairement suspendu la surveillance de la faune et de la flore pendant la pandémie.

Parcs Canada se prépare à reprendre ces importants projets de surveillance à long terme lorsqu'il sera opportun de le faire, écrit une porte-parole de l’organisme fédéral.

Repenser le tourisme de masse

Le retour éventuel du tourisme de masse effacera rapidement les effets positifs de la période de confinement, croit Marco Musiani.

Une centaine de personnes attendent en ligne à côté d'un autobus.

Les touristes sont si nombreux au Lac Louise que Parcs Canada a instauré un système de navettes pour leur permettre de s'y rendre et limiter la congestion routière.

Photo : Radio-Canada / Chris Franklin

En haute saison, la présence de centaines de personnes sur les sentiers pédestres et sur les lieux photogéniques populaires, comme le lac Louise, fait fuir les animaux. Ils se concentrent donc en plus grand nombre sur de plus petits territoires et disposent de moins de ressources.

Ceux qui s’aventurent dans l'avant-pays peuvent apprendre que les humains sont une source de nourriture et risquent de devenir agressifs envers eux. Il n’est pas inhabituel que Parcs Canada doive euthanasier un animal devenu trop agressif pour cette raison.

Une femme passe à côté d'une publicité rappelant qu'il ne faut pas nourrir les animaux avec une poussette

La Ville de Banff rappelle aux passants de ne pas jeter leurs déchets, ainsi que de la nourriture là où des animaux pourraient les trouver.

Photo : Radio-Canada / Colleen Underwood

Pour toutes ces raisons, Marco Musiani estime qu’il faudrait profiter de la pause octroyée par la période de confinement pour réévaluer la manière dont la population canadienne et les touristes occupent le territoire dans les Rocheuses.

« Lorsque nous allons reprendre nos activités, ne devrait-on pas les distribuer d’une manière qui respecte plus l’environnement? »

— Une citation de  Marco Musiani, professeur de biologie, Université de Calgary

Divers systèmes pourraient être imaginés, selon lui, comme des heures de départ pour les sentiers, des quotas et de la publicité accrue pour des zones moins populaires.

Le spécialiste ajoute que la période de confinement est un moment opportun pour amorcer cette réflexion, puisque les changements pourraient être implantés en même temps que la levée graduelle des restrictions.

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