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La pandémie vue de l’intérieur d’une résidence pour personnes âgées

Une femme âgée porte un chandail orange. Elle pose la main au visage et sourit.

Micheline Chasles est résidente du Village Riviera de Gatineau.

Photo : Courtoisie

Rachel Dugas
Chantal Plouffe

« Il faut m’appeler avant 14 h ». C’est la seule exigence de Micheline Chasles pour nous donner une entrevue. Pourquoi? « Parce que c’est le moment où on a droit de prendre une marche », lance-t-elle.

Et la marche quotidienne, elle ne veut pas la rater pour rien au monde, même si des règles strictes s’appliquent en ce temps de pandémie. Il faut marcher à plus de deux mètres de distance et ne pas s’arrêter pour discuter, décrit la dame.

Jointe au téléphone, Mme Chasles explique qu’elle a choisi de vivre dans une résidence à la suite du décès de son mari. En juin 2019, elle a emménagé au Village Riviera de Gatineau, une des propriétés du groupe Katasa.

Moins d’un an plus tard, son quotidien est complètement chamboulé. La pandémie de COVID-19 frappe. Et elle frappe fort dans les résidences pour personnes âgées.

Ça m’inquiète, c’est vrai. Il ne faut pas prendre de chance. L’autre jour, je me suis réveillée dans la nuit et je pensais que je faisais de la fièvre. J’ai pris ma température et finalement je n’avais rien. On se fait des idées parfois, avoue-t-elle en riant.

Cette crainte s’est d’autant plus accentuée après l’annonce d’un premier cas d’infection au Village Riviera. Il s’agit d’une infirmière. Mme Chasles explique que plusieurs mesures ont été mises en place pour protéger les résidents.

Quand j’ai su qu’il y avait quelqu’un ici de malade, j’ai paniqué un peu.

Une citation de :Micheline Chasles

Il y a une grosse sécurité ici, tout est désinfecté quand on reçoit des choses. Moi, je fais mon épicerie et le personnel ici nettoie tout avant de me la remettre, décrit celle qui se fait appeler amicalement « Mimi ».

Les activités et les rencontres ont toutes été annulées. Le ménage des appartements a cessé un certain temps. Les visites sont interrompues. Ils prennent vraiment soin de nous ici et ça me rassure, répète-t-elle souvent au bout du téléphone.

La résidence pour personnes âgées Village Riviera à Gatineau.

Micheline Chasles habite la résidence pour personnes âgées Village Riviera, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

Alors, comment occupe-t-elle ses journées? Je fais du crochet, je tricote, je fais des casse-têtes. Je fais beaucoup de Facetime et Skype, même que des fois je parle une partie de la journée et je suis fatiguée, raconte Mme Chasles en riant.

Mais tous ces passe-temps, elle les échangerait bien contre une vie sociale. Moi, j’avais choisi de venir ici, car je n’ai plus mon mari, mes fils font leur vie, alors ça me permettait de rencontrer plein de monde. Ça me manque, j’aimais aller veiller dans la grande salle communautaire et jaser. On pouvait rester là jusqu’à 23 h. On avait du fun, confie-t-elle.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Micheline Chasles se livre aisément. Elle partage ses expériences avec positivisme et un souvenir lui revient en tête lors de l’échange : son grand-père paternel est décédé de la grippe espagnole en 1918.

Mon père a vu son père partir alors qu’il était âgé de seulement 5 ans, la scène l’a marquée, confie-t-elle, en renchérissant qu’elle respecte à la lettre les directives de la santé publique pour éviter d’être infectée.

La conversation téléphonique se termine près de 40 minutes plus tard. Mme Chasles a un rendez-vous virtuel important avec sa petite-fille de 26 ans qui désire que sa « Mimi » l’aide à tricoter une couverture pour bébé — un précieux moment pour la grand-mère, qui donnerait tout au monde pour la prendre dans ses bras.

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