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COVID-19 : comment la « stratégie ciblée » des tests a évolué en Colombie-Britannique

La province fait bonne figure au pays en matière de gestion de la pandémie.

Des personnes en tenue de protection travaillent dans le quartier Downtown Eastside, à Vancouver, le mercredi 1er avril 2020.

La stratégie de la Colombie-Britannique en matière de tests a toujours été « ciblée », mais elle est passée de détection de la provenance du virus à atténuation de la propagation.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Pour freiner la propagation de la COVID-19, certains pays ou provinces mènent des opérations massives de dépistage visant le plus grand nombre d’habitants possible. La Colombie-Britannique privilégie une stratégie « ciblée » qui évolue au rythme des défis que pose la pandémie, et celle-ci semble porter ses fruits.

Fin janvier. À l’aube du Nouvel An lunaire, où les Sino-Canadiens se déplacent en grand nombre entre le Canada et la Chine, Vancouver est sur un pied d’alerte : les soupçons de transmission du virus entre êtres humains se confirment, annonce Pékin.

Le 28 janvier, les autorités sanitaires annoncent un premier cas présumé dans la région métropolitaine. L’homme revenait de Wuhan, berceau de la contagion.

La stratégie de test initiale s'est donc concentrée sur les personnes ayant voyagé en Chine et les membres de leur entourage qui présentaient des symptômes du virus, rappelle une porte-parole du ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, Laura Stovel.

Des patients attendent à l'extérieur d'une clinique à Vancouver le vendredi 13 mars 2020. Ils portent des masques et des gants.

Des patients attendent à l'extérieur d'une clinique à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Or, au début du mois de mars, plus de la moitié des 12 cas recensés de la COVID-19 dans la province concernent des personnes en provenance d’Iran. Entre-temps, l’Italie est placée en quarantaine en raison du nombre fulgurant de cas sur son territoire.

Il n’y a plus de doute, le virus s’est propagé dans le monde. L'attention des autorités sanitaires s'étend alors à tous les voyageurs étrangers, peu importe leur provenance.

C’est à la mi-mars que cette stratégie change de nouveau, au moment où les voyageurs étrangers reçoivent l'ordre de s'auto-isoler pendant 14 jours.

Nous n'essayons plus de détecter d'où vient le virus. Nous cherchons maintenant à briser les chaînes de transmission en nous concentrant sur les foyers d’éclosion, indique Mme Lovel.

La transmission est désormais communautaire.

Aujourd'hui, des groupes ciblés

Pour l'heure, les tests de dépistage en Colombie-Britannique sont réservés aux travailleurs de la santé, aux résidents des établissements de soins de longue durée et aux personnes hospitalisées ou devant l'être, les femmes enceintes, notamment.

Un policer de Vancouver porte un masque et dirige la circulation.

Des policiers de Vancouver dirigent la circulation vers un centre de dépistage de la COVID-19 pour les travailleurs de la santé.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Les personnes présentant de légers symptômes et les voyageurs de retour au pays qui s'isolent ne sont pas testés, à moins qu'ils nécessitent des soins de santé.

L'objectif est de s'assurer que ceux qui ont besoin du test peuvent l'obtenir.

Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombier-Britannique

Une stratégie qui n'échappe toutefois pas à la critique. Des professionnels de santé ont dénoncé l'insuffisance des tests de dépistage et appelé à des mesures qui s'apparentent à celles prises en Corée du Sud.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Les défis à venir

Au cours des semaines à venir, des efforts seront étendus aux dépistages en région éloignée. Les défis sont nombreux, reconnaît la médecin hygiéniste en chef adjointe de l'autorité sanitaire des Premières Nations, la Dre Shannon McDonald, notamment en ce qui concerne le manque de personnel qualifié et les délais de transports des prélèvements.

Nous travaillons fort pour trouver et mettre en œuvre des moyens possibles de faciliter les tests dans les communautés éloignées.

Dre Shannon McDonald, de l'autorité sanitaire des Premières Nations

La province n’envisage pas de commander les tests élaborés par la compagnie ottavienne Spartan, mais la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry, affirme que la Colombie-Britannique a un appareil « semblable » qui teste la présence de l'acide ribonucléique (ARN) viral.

Notre stratégie est d’envoyer ces appareils dans les régions de la province où nous avons des délais prolongés pour les tests, affirme la Dre Henry.

Bien que le délai de traitement des échantillons soit court, ces appareils ont une capacité limitée, notent les autorités.

Prochain espoir, la sérologie

La prochaine étape sera le développement de tests sérologiques, annonce la Dre Henry. Nous voulons accroître notre compréhension de ce virus avec des tests de sérologie [...] et les utiliser pour appuyer notre stratégie.

Une personne tient une boîte blanche avec un gant.

Un test sérologique de la COVID-19 présenté par un travailleur de la santé à Jena, en Allemagne.

Photo : Associated Press

À l’heure actuelle, il n’est pas possible de vérifier si un individu a développé une réponse immunitaire, explique Mme Lovel.

Le test sérologique, lui, permet de détecter la présence des anticorps produits par le système immunitaire en réponse au virus.

Nous espérons que cela se fera au cours des prochaines semaines, dit la Dre Henry.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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Santé publique