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Lutter contre l’insécurité alimentaire des jeunes d’Iqaluit, un déjeuner à la fois

L'équipe de bénévoles distribue près de 500 repas chaque matin.

Trois bénévoles attendent devant une table.

Depuis la fermeture des écoles, le 17 mars, des habitants d'Iqaluit distribuent chaque matin des petits déjeuners à des enfants dans le besoin. De gauche à droite : Marsha Rhodes, Neevee Wilkins et Char Patterson.

Photo : Photo fournie par Jason Rochon

Malgré la fermeture des écoles du Nunavut, un programme de repas scolaires maintenu par des habitants d’Iqaluit offre chaque matin des déjeuners à plusieurs centaines d’enfants dans le besoin.

Ce qui devait servir à nourrir quelques élèves d’Iqaluit s’est transformé en véritable usine de distribution de déjeuners.

Du lundi au vendredi, entre 8 h 30 et 11 h 00, une poignée de bénévoles s’attellent à la tâche pour distribuer des petits déjeuners aux enfants de la communauté.

Notre objectif initial était de nourrir 200 enfants par jour, puis s’est passé à 240 [...] et maintenant on a atteint les 500 enfants, se réjouit Jason Rochon, un adjoint d’aide aux élèves à l’école primaire Joamie, où il dirige, durant l’année, un programme de petits déjeuners.

Que ce soient des enfants, des préadolescents, des prématernelles, ça importe peu : tant qu’ils ont faim et qu’ils veulent venir.

Jason Rochon, adjoint d’aide aux élèves à l’école primaire Joamie
Portrait d'un homme portant une casquette et un manteau.

Jason Rochon, l’instigateur du projet, pilotait déjà depuis plusieurs années le programme de petits déjeuners de l’école primaire Joamie, à Iqaluit.

Photo :  CBC / Kieran Oudshoorn

Insécurité alimentaire

Les quelque 20 bénévoles disposent chaque matin les sacs de provisions sur des tables extérieures installées à 3 emplacements d’Iqaluit. On essaye de faire venir seulement une personne par famille pour respecter la distanciation sociale, dit-il. On ne veut pas provoquer trop d’achalandage.

Des fruits frais, du yogourt, des céréales, du lait, du fromage : les aliments distribués sont achetés à bas prix à l’épicerie DJ Specialities d’Iqaluit, puis emballés à même son entrepôt.

Ils nous vendent les sacs de déjeuners à un prix unitaire de 5 $, explique Jason Rochon. Dans le Nord, une pomme peut coûter jusqu’à 2 $, alors je suis vraiment satisfait du prix qu’ils nous font.

Des aliments sont disposés dans des cartons.

Chaque sac de déjeuners a une valeur de 5 $, selon Jason Rochon.

Photo : Photo fournie par Jason Rochon

La fermeture des écoles, le 17 mars, menaçait non seulement la survie du programme, mais aussi la sécurité alimentaire de nombreuses familles dans le besoin.

J’ai commencé à réaliser qu’avec la fermeture des écoles les enfants qui dépendent vraiment de ces programmes de déjeuners n’y auraient plus accès et je ne voyais personne d’autre se mobiliser dans la communauté pour répondre à ce besoin.

Jason Rochon, adjoint d’aide aux élèves à l’école primaire Joamie

Le Nunavut arrive en tête des provinces et territoires du pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire. En 2018, 57 % des ménages en souffraient, selon Statistique Canada.

Jennie Dawson Smith, une enseignante à l’école primaire Aqsarniit d’Iqaluit, raconte avoir, elle aussi, senti l’urgence de mettre la main à la pâte. Les enfants à Iqaluit ont besoin de ce programme [...] Donc c’était pour moi la meilleure manière d’offrir mon aide, explique-t-elle. N’étant pas à l’école, je n’avais pas le choix.

Une femme offre un petit déjeuner à une enfant.

Chaque matin, les sacs partent à une vitesse fulgurante, selon Jennie Dawson Smith.

Photo : Photo fournie par Jason Rochon

La réponse est plus que positive

Après avoir fait appel à quelques amis, puis entamé des demandes de financement, Jason Rochon constate que l’engouement de la communauté pour l’initiative a été fulgurant. Des habitants d’autres communautés du territoire ont aussi communiqué avec lui sur Facebook pour savoir quelles avaient été ses démarches.

La réponse est plus que positive. Les enfants et les parents viennent nous voir avec le sourire aux lèvres et nos recevons avec beaucoup d’humilité leurs mots de gratitude.

Jennie Dawson Smith, bénévole

La distribution de déjeuners requiert un budget hebdomadaire d’environ 12 500 $, explique Jason Rochon.

Des bénévoles préparent des sacs de déjeuners.

En cette période de pandémie, les bénévoles Bev Netusil (à droite) et Amanda Larkin (à gauche) ont décidé de mettre l'épaule à la roue en s'impliquant auprès de l'équipe de distribution de déjeuners.

Photo : Photo fournie par Jason Rochon

Des dons citoyens et un financement de 25 000 $ alloué par l’association inuit Nunavut Tunngavik suffiront, selon lui, à maintenir le programme en vie jusqu’à la fin du mois d’avril.

Il espère aussi recevoir l’appui du Club des petits déjeuners, qui offre des repas à des enfants démunis et à leurs familles.

Avec la prolongation de la fermeture des écoles du territoire, Jason Rochon assure qu'il poursuivra la distribution des déjeuners tant que les dons le lui permettront.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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